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Théorie de la Gestalt : contexte, fondements et applications dans le domaine éducatif

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EL GANBOUR Rachid

1.    Contexte Historique :
La psychologie de la forme ou Gestaltisme est née en Allemagne vers 1910. C’est notamment en réaction au behaviorisme, que trois psychologues fondent ce courant psychologique: il s’agit bien de M. Wertheimer, K. Koffka et W. Köhler. En effet cette théorie psychologique a particulièrement mis l’accent sur les aspects de configuration et de totalité de la vie mentale. L’idée principale est qu’avec l’associationnisme et le béhaviorisme, on ne peut que s’intéresser à certains éléments seulement de la situation et aux simples relations entre eux.
Au cours de cette  période (1930-1960), les théoriciens de la psychologie de la forme (ou les gestaltistes) se sont radicalement opposés aux béhavioristes. Des expériences effectuées sur des singes mettent en évidence la résolution des problèmes qui n’est plus le résultat des simples conditionnements, ces expériences supposent également la compréhension des schèmes d’action complexes articulés entre eux. Par exemple, Wolfang Kohler a observé comment les chimpanzés apprenaient à attraper des bananes situées à l’extérieur de leur cage, grâce à un bâton. C’était le fruit d’une période de tâtonnements, d’une phase très courte de réflexion, puis d’une soudaine compréhension (insight) de la solution. Max Wertheimer a affirmé que les apprentissages proposés aux élèves dans les écoles sont ennuyeux et ne font pas assez appel à la compréhension par insight et donc à une pensée véritablement créatrice. Les représentants de ce mouvement sont : Wertheimer, koffka et Köhler, la Gestalt est un mot allemand signifiant «forme globale» ou «forme organisée».

2-Les  fondateurs de la théorie Gestaltiste : Christian Von Ehrenfels  et Max Wertheimer:
a.    Ehrenfels : la notion de forme a été théorisée par Ehrenfels  qui a publié en 1890 un article qui l’a nommé « Uber Gestaltqualitäten ». Il explique que dans l’acte de perception, nous ne faisons que juxtaposer une foule de détails, mais nous percevons des formes (Gestalt) globales qui rassemblent les éléments entre eux. Alors il  propose un exemple musical :
Exemple:
ü    Quand on transpose un morceau on ne change pas la forme de la mélodie.
ü     Quand on change juste quelques notes on modifie la forme de la mélodie Alors Il propose l’idée qu’on ne peut pas percevoir la mélodie comme une sensation élémentaire. Pour décrire une forme,  il faut considérer les éléments et aussi les relations entre eux.
Ehrenfels  n’est pas un psychologue gestaltiste mais on peut le considérer ainsi, car il étudiait les phénomènes de perception de musique et rendait compte de la façon dont on perçoit une mélodie.
b.    Wertheimer : On lui attribut les débuts de la Gestalt. En 1912, il a travaillé sur le mouvement apparent (phénomène Phi).
L’expérience consiste à allumer en alternance dans l’obscurité deux points lumineux légèrement distants. On voit apparaître successivement chacun des deux points en deux lieux distincts dans un rythme lent ; si on augmente le rythme on a l’impression d’un  va et vient d’un seul point à Perception (différent de sensation). Pour eux, la perception correspond à une organisation indépendante de la sensation.

3-Gestaltisme  en  le rapport avec le béhaviorisme :
Ce courant est caractérisé par les travaux de Brentano est le primat de la forme. Dans l’étude de la perception, c’est la conscience et plus particulièrement les états de conscience, qui sont les éléments les plus importants. Dans la perception d’un objet, il faut distinguer le fond qui correspond au produit d’associations cérébrales de la forme qui serait la résultante de l’activité du sujet; la forme est structurante et non pas structurée.
La théorie Gestaltiste se construit donc  à partir d’expériences dans le domaine de la perception et dans celui des illusions perceptives. La perception est une activité organisatrice répondant aux lois de proximité, de similarité, de symétrie, de continuité et de clôture.
Alors qu’avec  Watson (Etats-Unis) qui, en 1913, crée le béhaviorisme comme méthode d’observation de la modification du comportement d’un organisme en fonction des modifications du milieu. Le schéma de l’étude psychologique comportementale s’élabore autour du stimulus et de la réponse. D’après les béhavioristes, le comportement est la résultante d’un apprentissage qu’il faut observer mais ne pas chercher à comprendre ni à interpréter. Les conduites pathologiques sont la conséquence d’un mauvais conditionnement, d’où un traitement de déconditionnement.
De ce fait on peut dire que si le béhaviorisme (comportementalisme) a montré que l’environnement extérieur pouvait émettre des stimuli à l’égard de l’individu, la Gestalt-théorie a cherché à décrire la façon dont l’information était traitée par la conscience. Avec ce courant de pensée, l’objectivité a perdu un peu de sa prégnance et la subjectivité a commencé à intéresser les chercheurs.

4- les lois de la théorie de la théorie de la forme :
•    Loi de similitude: Le principe de similitude soutient que des choses qui partagent des caractéristiques visuelles telles que la forme, la taille, la couleur, la texture, la valeur ou l’orientation seront vues comme appartenant à un même groupe.

Loi de proximité: Le principe de la proximité ou de contigüité déclare que des choses qui sont plus étroites ensemble seront vues comme appartenant à un même groupe
•    Lois de symétrie
Les éléments symétriques sont regroupés.
Lois de fermeture /clôture
•    On cherche à compléter les courbes afin qu’elles bordent des régions fermées

5- Rapport :Théorie de la Gestalt /Apprentissage
L’apport théorique de la Gestalt  consiste à s’opposer  aux méthodes mécanistes conditionnées et  à la maîtrise aveugle des apprentissages évoqués par les béhavioristes. Elle s’attaque violemment à la mémorisation, à la restitution, aux connexions et à l’essai et l’erreur  qui n’ont pas de sens pour l’apprenant et ne demandent pas  un engagement significatif
Les théoriciens de la Gestalt préfèrent de mettre l’accent sur l’effet de l’apprentissage le plus rentable pour l’élève et le plus proche de la vie quotidienne. Ils privilégient alors l’insight

–    L’apprentissage se base sur la perception
–    Certains apprentissages commencent par des coïncidences brusques avant que les choses prennent leurs vraies places. Donc la réorganisation perceptive est le noyau de l’apprentissage.
–     Les apprentissages donnent  aux objets d’apprentissage leurs valeurs : loin d’être de simples connexions entre des éléments séparés mais l’insight permet de découvrir les relations internes.
–    Avec quoi on obtient quoi ? : attachez le pied et la main gauches  d’une personne et  lui demander de courir va nous permettre de voir cette personne courir quelques pas puis tomber. Un autre exemple, si on est impoli avec des collègues, il est probable qu’ils changent de comportement avec nous ! (exemple du rat dans le labyrinthe)

–      Exemple des mathématiques
La règle de surface du rectangle : la longueur X  la largeur peut être vérifiée au travers du découpage de la surface.
Sur le manuel de l’élève de la 1ère AEP, On demande aux petits enfants de regrouper les formes similaires (les triangles)

En 6ème AEP on demande aux élèves de calculer la surface d’une forme étrange. La bonne forme passe par la réorganisation
Exemple de la lecture :
Voir méthode globale de lecture développée par Decroly
La lecture globale: perception
Lisons ce texte !
Attnetoin c’set ipomratnt!!
•    si vuos pvueoz lrie ccei, vuos  aevz asusi nu dôrle de cvreeau. Puveoz-vuos lrie ceci? Seleuemnt 55  porsnenes sur cnet en snot cpalabes.Je n’en cyoaris pas mes yuex que je  sios cabaple de crpormendre ce que je liasis. Le povuoir phoémanénl du  crveeau huamin. Soeln une rcheerche fiate à l’Unievristé de Cmabridge, il  n’y a pas d’iromtpance sur l’odrre dnas luqeel les lerttes snot, la suele  cohse imotprante est que la priremère et la derènire letrte du mot siot à  la bnone palce. La raoisn est que le ceverau hmauin ne lit pas les mtos  par letrte mias ptuôlt cmome un tuot. Étonannt n’est-ce pas? Et moi qui ai  tujoours psneé que svaoir élpeer éatit ipomratnt!

Conclusion :
Si on arrive avec la théorie de la Gestalt à entamer un nouveau paradigme explicatif du rapport au savoir ; favorisant la subjectivité du sujet apprenant, et le refus du seul impact des effets extérieurs (conditionnement), nous pouvons dire avec certitude que ce paradigme va commencer la révolution scientifique aux termes de Tomas Kuhn pour permettre aux modèles axés sur l’apprenant de se mettre en place. Le cognitivisme ne va qu’améliorer cette tendance

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1 Comment

  1. El Ganbour Rachid
    19/07/2014 at 15:14

    références qui ne figurent pas sur l’article envoyé à Oujdacity:
    *Gestalt : s’écrit toujours avec G majuscule à l’instar des noms communs en allemand.
    link to jenn02as.free.fr
    link to ekladata.com
    link to psychologiesolution.free.fr
    Les origines de la « théorie de la forme » ou Gestalt-théorie

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