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L’échec du système éducatif et scolaire

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Zaid Tayeb/ oujdacity.net

La régression de notre système éducatif et scolaire et la baisse du niveau des élèves sont attribuables en grande partie à la formation des enseignants et à aux programmes. Les enseignants sont-ils suffisamment formés pour former autrui, ‘’suffisamment instruits pour instruire autrui’’* ? Tout indique le contraire, car comme chacun peut le voir de lui-même, la durée de formation des enseignant ne dépasse pas quelques petits mois, encore faut-il s’interroger sur ce qu’on leur apprend dans les centres et par qui et de quelle manière et avec quels outils. Je parie d’ici que les enseignants dont il est question, et je ne leur en veux pas, au contraire, je les plains pour leur innocence et la simplicité de leur esprit de s’être engagés dans la profession par nécessité, non par amour, par besoin, non pas vocation, dans un système qui, hélas ! repose sur un enseignement quantitatif et non qualitatif et dont le rôle consiste à produire des têtes bien pleines par ‘’ des têtes bien pleines’’* au lieu de têtes bien faites par ‘’des têtes bien faites’’*. En témoignent le volume des programmes et leur masse, leur caractère hétéroclite et la durée de les transmettre aux apprenants, la manière et les outils pédagogiques pour le faire والمطلوب الطالب ضعف** .Le produit n’est-il pas à l’image du producteur ? Un produit de qualité moindre est le résultat de la malhabileté du producteur, la matière qui entre dans sa production, et les outils utilisés. Or, les enseignants, si certains d’entre eux sont habiles dans l’exercice du métier, et je ne doute pas qu’ils ne le soient pas, la matière qui leur est soumise est défectueuse, et par conséquent le produit final corrompu. Si, au contraire, ils se montrent gauches et maladroits à cause d’un manque de savoir-faire en rapport avec la pédagogie ou d’un savoir tout court en relation avec les connaissances académiques, même si la matière est sans défaut, le produit qui en est tiré est vicié. La dextérité du producteur, l’excellence de la matière et l’utilisation des outils appropriés et fiables se complètent pour la réalisation d’un produit final de qualité bien coté sur le marché. Or la formation de dernière minute des enseignants, l’empressement avec laquelle elle s’effectue, n’augure rien de bon pour les apprenants qui en font les frais. Les enseignants en exercice ne cessent pas de mettre à l’index leurs élèves qui se disent, quant à eux, victimes du système en jetant la responsabilité sur leurs professeurs. De temps en temps, des actes de violence sont perpétrés contres les enseignants par leurs élèves et parfois par les membres de leurs parents. Ils subissent l’ire et l’affront des uns et des autres, et parfois des responsables hiérarchiques. De leur côté, beaucoup d’enseignants partent à la retraite avant la limite d’âge. Ils disent ne rien regretter de l’école qu’ils avaient laissée dans un état de chaos et de sureffectif étouffant. Les cafés les reprennent et les discussions sur l’échec scolaire vont bon train avec des ‘’ouf ‘’de soulagement. Les plus entreprenants d’entre les partants, quant à eux, tentent leur chance dans les écoles privées à laquelle ils offrent leur expérience et soumettent ce qui leur reste de leur savoir à l’érosion. L’école privée leur offre une seconde chance pour une seconde vie.

Pour ce qui me concerne, et avec un peu de recul, j n’arrêtais pas dire à mes élèves, quand j’étais encore en activité, que je n’avais rien à leur apprendre, que la transmission d’un savoir ne consistait pas à dire aux apprenants ce qu’on nous avait dit, de manière identique, authentique. Les apprenants ont besoin qu’on leur montre, non qu’on leur apprenne. Si les mots se prenaient à la pince à épiler, j’en ferais un auxiliaire pédagogique et je leur demanderais d’avoir à portée de main de chacun d’eux cet instrument féminin et de l’utiliser comme au temps de jadis s’utilisait le Procédé La Martinière. D’un autre côté, les programmes scolaires actuels, à considérer le poids et le volume du cartable sur le dos de l’apprenant, sont plus un bâts à porter qu’une science instituée pour former l’homme de demain appelé à assumer ses responsabilités pour le bien de son pays. Alléger les filières scientifiques des matières littéraires et les filières littéraires des matières scientifiques ou non littéraires est une urgence. Aller en profondeur est une nécessité pour le bien de l’école et des apprenants. La qualité prévaut sur la quantité, l’unité du savoir et sa consistance sur son foisonnement et son émiettement et les besoins urgents sur ceux qui peuvent attendre.

*Michel Montaigne : Essais

**Coran

Zaid Tayeb

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