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oujda: entretien avec le DJ David Vendetta

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La musique me fait voyager et transporte mon âme.

Il est de ces DJ producteurs et remixeurs talentueux. Ses albums, singles et collectors font vibrer les foules de Moscou à Montréal tout en passant par certaines villes marocaines. fragments d’une vie à rebondissements.

ALM : Vos fans et les lecteurs d’ALM connaissent parfaitement l’artiste aux multiples talents musicaux mais aimeraient aussi découvrir de près leur idole, l’homme.
David Vendetta : Il n’est pas facile de réaliser un exercice autobiographique. Je ne suis pas un narrateur patenté qui glorifie la première personne dans ses récits. Ceci dit, je suis né le 25 août 1971 au Nord-Est de la France dans une famille nombreuse composée de huit enfants. J’ai un frère aîné et six sœurs. Je n’ai jamais connu mon père. Il nous a abandonné lorsque j’étais petit. Au sein de cette famille j’ai vécu des moments de joie et de peine comme tous les enfants issus d’une famille nombreuse. A cela s’ajoutait la singularité de ne vivre qu’avec des femmes. J’étais complètement enfermé dans un monde qui allait m’étouffer. D’autant plus que ma mère ne badinait pas avec la discipline. Il fallait assumer la responsabilité d’un môme sans aucun privilège supplémentaire.
J’avais souffert de ne pas pratiquer des jeux réservés aux garçons. Je n’avais pas de copains, j’avais envie de jouer au foot et ce n’était pas commode avec des filles. C’était dur à supporter comme enfance même si le revers de la médaille m’a procuré la satisfaction d’être choyé et submergé de compliments flatteurs au sein d’une tribu de sœurs. Et parmi les interdits, il ne fallait pas imposer ses choix musicaux. Il fallait que je m’enferme sur moi-même pour vivre mes penchants musicaux.

Devant cet ensemble de contraintes comment avez-vous pu façonner votre singularité musicale ?
Ce n’était pas facile. D’abord j’ai du quitter ma famille à l’âge de vingt ans pour faire le métier de représentant pharmaceutique. Je n’étais pas encore DJ, en ce temps là. Mais être plus à l’aise financièrement m’a permis de satisfaire certains manques. Dès que j’entendais la House ou une autre musique électronique je m’approvisionnait en vinyles pour « m’éclater » en solo. C’est à cette période là que j’ai commencé à réaliser des DJ. C’était des tentatives personnelles pour mon simple plaisir. Une manière de réaliser une rupture avec le passé.

Quel est le rôle de la musique dans votre vie ?
La musique m’a permis de prendre des ailes. C’était effectivement une sorte d’évasion mentale et spirituelle pour découvrir d’autres cieux et tenter d’autres aventures. Entre temps je me suis marié très jeune. J’ai eu un enfant : Alexandre. Un mariage qui n’a pu résister aux aléas du temps. Je me suis trouvé du coup avec un garçon et sans femme. Il fallait faire avec et subvenir aux besoins d’un enfant en quête de stabilité et d’affectivité. Une rupture accentuée par un abandon de mon premier emploi de représentant pharmaceutique pour me consacrer à ce que j’ai toujours rêvé de faire : le métier d’artiste.

J’étais tout seul avec mon fils et c’était très dur surtout sur le plan financier. Mon parcours de départ n’était pas parsemé de fleurs. Il fallait travailler jour et nuit et se ressourcer de maîtrise et de persévérance pour que mon garçon ne manque de rien et pour me frayer un petit chemin dans un océan artistique houleux. C’était presque l’enfer.

Avec de telles responsabilités la tâche n’a pas été de tout repos ?
J’ai toujours dit qu’il n’y a rien d’impossible si on se donne les moyens. Si on croit en soi on peut soulever des montagnes. C’est du ressort des hommes ressourcés sur le plan spirituel. J’ai eu la chance d’être soutenu par une bonne étoile qui me protégeait du haut des cieux et qui me guidait dans mes choix.

Maintenant je suis arrivé et j’ai la chance de vivre de ma passion : vivre le rêve que je voulais faire depuis mon enfance. En pratique c’est voyager partout, être reçu en de très bonnes conditions, de partager en public l’ardeur que j’ai pour la musique. C’est aussi continuer à entretenir de bonnes relations avec ma famille, surtout mon fils qui a maintenant quinze ans.

Votre création musicale puise dans un ensemble de genres musicaux. Avez-vous une préférence particulière pour l’un de ces genres ?
Pour moi peu importe le genre ou le style musical c’est la musique qui me fait voyager qui transporte mon âme. Cependant, je n’aime pas les choses faites dans un but commercial. Si la musique vient du cœur tout en valorisant le côté financier on l’accepte puisqu’elle émet un message noble. Depuis mon jeune âge j’ai pris mes distances par rapport à la musique qui ne juge que de marketing et sonorités pécuniaires.

/ Aujourdhui Le Maro

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