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PRINTEMPS ARABE : LES LENDEMAINS QUI DECHANTENT

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                                            PRINTEMPS ARABE : LES LENDEMAINS  QUI DECHANTENT

Les révolutions ne sont jamais des parties de campagne. Certaines puissances le savent mieux que quiconque. La violence et la mort sont leurs compagnes habituelles. Les révolutions pacifiques, comme la chute  des régimes communistes, à l’est de l’Europe, il y a  des vingtaines d’années, sont d’heureuses exceptions.

Les Printemps arabes ressemblent depuis le début aux Printemps européens  de 1848 qui embrasèrent toute l’Europe au nom de la liberté et s’achevèrent par la victoire sanglante de la réaction

.

Soit les tyrans refusaient de quitter le pouvoir et tiraient sur la foule, comme en Syrie aujourd’hui, soit les nouveaux régimes issus des révolutions se retournaient contre le peuple. En juin 1848  à Paris , la République tira sur les ouvriers,  faisant un bain de sang.

En Egypte, au début de la révolution, place Tahrir, l’armée, qui avait fraternisé avec les insurgés, se retourne violemment    contre eux.

Mais ces  mouvements révolutionnaires ne sont pas des copies- collées de l’histoire de France. Des esprits ingénus avaient voulu croire que le monde arabe adoptait, d’un coup, les règles de la démocratie libérale, à l’Européenne. L’autre devenait le même, mais il voulait surtout rester lui-même. l’Eglise, L’Islam et son histoire, son identité, son code, l’Islam n’a jamais connu la séparation  entre le sacré et le profane ; entre l’église et l’Etat. Il n’a même pas connu les affrontements séculaires en Europe entre les papes et les rois.

La modernité a bouleversé ces sociétés traditionnelles. La réduction des familles, due à la transition  démographique a détruit le traditionnel    mariage entre cousins et mis en danger la domination des hommes sur les femmes.

La mondialisation a permis l’émergence de fortunes inouies Une corruption massive et une misère profonde dans des sociétés traditionnellement égalitaires  . L’Islam, alors, est à la fois un  bouclier social et identité .  Version rigoriste se répand partout, grâce aux chaînes satellitaires des pays du Golfe.

Les islamistes n’ont provoqué aucun des mouvements de contestation, mais s’apprêtaient à gagner toutes les élections. En Tunisie, dès leur victoire électorale, ils s’en  prenaient à la langue française et annonçaient l’avènement d’un nouveau califat. Les laics, divisés sont vaincus et impuissants. En Egypte, les jeunes blogueurs formés à Washington aux méthodes de la révolution par internet sont marginalisés par  les masses an analphabètes, qui soutiennent les frères musulmans. En Libye, le régime installé par les avions français annonce le retour de la polygamie.

A chaque fois, l’Islam est confirmé religion d’Etat. La charia constitutionnalisée. C’est bien la démocratie, car la volonté du peuple s’exprime, mais ce n’est pas la démocratie libérale. Il n’y a ni séparation des pouvoirs, ni émergence d’un citoyen libre. En Turquie même, dont le régime islamiste est donné en exemple de démocratie, les arrestations de journalistes se multiplient ; la censure et l’autocensure gagnent chaque jour du terrain dans les médias. En Syrie, le président Assad n’en a plus pour longtemps. Sur les décombres de son régime, la majorité sunnite édifiera sans doute elle aussi, demain, un autre régime islamique. Les minorités alaouites et chrétiennes en tremblent d’avance.

DE VIVE VOIX :Mohammed Essahlaoui

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