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Jean-Luc Mélenchon, révélateur d’une nouvelle envie de radicalité à gauche

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La candidature de Jean-Luc Mélenchon a bousculé la campagne et ouvert un pôle de radicalité à gauche avec lequel François Hollande va devoir compter.

En moins de deux mois, celui qui s’estimait « ostracisé » par les médias a retourné la situation à son avantage. Très en vue aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon termine la campagne crédité de 13  % à 17 % des intentions de vote. Retour sur un parcours ascendant.
Son slogan

Lancé par le « Qu’ils s’en aillent tous », titre populiste revendiqué de son livre en 2010, Jean-Luc Mélenchon, devenu candidat du Front de gauche, a parsemé sa campagne de moult formules chocs forgées à « L’Usine », son QG de campagne. Entré en lice sous le signe de la « Révolution citoyenne », il veut faire « Place au peuple » et son projet s’intitule « L’humain d’abord ». Son slogan invite l’électeur à être pro-actif : « Prenez le pouvoir ! » scande son affiche de campagne.
Ses propositions phares

Les priorités du candidat du Front de gauche vont au social. A peine installé à l’Elysée, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il rétablirait les 35 heures et le droit à la retraite à 60 ans à taux plein. Autres mesures immédiates : le blocage des loyers, le SMIC à 1.700 euros brut par mois (1.700 euros net pendant la législature), l’institution d’un salaire maximum limité à 20 fois le salaire le plus bas pratiqué dans l’entreprise. Pas de pitié pour les « ultrariches » : passé 360.000 euros par an, les revenus seront taxés à 100 %. L’impôt sur le revenu sera rendu beaucoup plus progressif avec 9 nouvelles tranches, soit 14 total. Comme en 1981. Les revenus financiers des entreprises seront taxés et l’impôt sur les sociétés modulé en fonction des objectifs d’emploi notamment. Son quinquennat serait marqué par deux réformes de fond : nouveau traité constitutionnel européen, validé par référendum, et nouvelle Constitution pour une « VIe République » abolissant le « présidentialisme ».
Ses atouts et ses handicaps

Ses adversaires reconnaissent à Jean-Luc Mélenchon d’incontestables talents d’orateur. Avec son parler parfois brutal, il semble être parvenu à ramener au bercail les abstentionnistes de gauche et les déçus du socialisme. Lesquels compteront au second tour. Mais gare aux dérapages. En qualifiant François Hollande de « capitaine de pédalo », le leader du Parti de gauche a écopé d’un sévère rappel à l’ordre du Parti communiste, son allié. Le parti de la place du colonel Fabien n’oublie pas qu’il doit à ses accords passés avec le PS d’être resté à la tête d’un certain nombre de municipalités et il ne perd pas de vue les législatives.
Le film de la campagne

Entré tôt en campagne, sa montée en puissance est d’abord passée inaperçue. Le seul indice de sa progression dans l’opinion a longtemps été la taille des salles abritant ses meetings : des lieux de quelques milliers de places au départ, puis rapidement des « Zénith » de plus de 10.000 places. Le 7 mars, les 10 % d’intentions de vote étaient atteints pour la première fois dans les sondages. Un cap déterminant pour Jean-Luc Mélenchon, qui a bénéficié alors d’une couverture médiatique plus forte.
Son objectif

Jean-Luc Mélenchon vise la troisième place, devant Marine Le Pen qu’il s’est juré de battre. Il voudrait s’en servir pour tenter d’infléchir plus à gauche le programme de François Hollande entre les deux tours.
JOËL COSSARDEAUX  / Les echos

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