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Quand serons-nous affranchis de la France ?

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Zaid Tayeb

Il m’arrive souvent de ruminer cette question qui me taraude et que je me pose pendant mes moments de repos, qui sont nombreux mais la plupart du temps bréhaignes à cause de l’usure de la vieillesse : Qu’est ce qui nous retient à la France pour que nous lui restions attachés ?

Le sevrage est indispensable au nourrisson. Il pleurera pour un certain temps mais finira bien vite par s’adapter à être indépendant du lait maternel. L’affranchissement est bénéfique pour l’esclave qui apprendra à disposer de sa destinée de manière libre et autonome. Cependant, si le nourrisson ne sait pas, l’esclave sait. Et nous, sommes-nous dans la situation du nourrisson qui refuse le sevrage ou dans celle de l’esclave qui est réticent à son affranchissement ? Ni l’une, ni l’autre. Nous craignons peut-être qu’il nous arrive ce qui est arrivé à Blanquette, la chèvre de monsieur Seguin, que le loup a mangée après qu’elle a rompu la corde qui la retenait attachée au pieu.

Eh bien ! Gardons-nous de rompre le lien qui nous retient à la France. Gardons-nous de nous éloigner de la France sans quoi nous serions mangés par le méchant loup.

Heureusement pour nous qu’il y ait des gens de chez nous qui veillent sur notre bien être.

-Ils font de leur mieux, les misérables, pour nous faire oublier les souffrances que leur France nous a fait subir tout au long de l’occupation de notre pays. Cette France qu’ils glorifient et dont ils redorent le blason ne nous a-elle pas affamés pour nourrir les Français restés en métropole ou éparpillés dans d’autres colonies ? Ne nous a-t-elle pas expropriés de nos terres les plus riches et les plus fertiles pour faire de nous et de nos femmes des valets et des servantes ? N’avons-nous pas creusé la terre à la recherche de fécules pour nous nourrir ou nourrir nos familles ? N’est-elle donc pas responsable des années de disette pendant lesquelles nous lui quémandions, vils et méprisés, un boisseau de farine, un pain de sucre ou un peu d’huile ? Ne nous avait-elle pas massacrés toutes les fois que nous avions voulu lui manifester notre mécontentement ou notre colère contre son injustice et nos conditions de vie ? Qui d’entre nous n’a pas un grand père, un père, un frère, un oncle, un proche que la France avait jeté en prison, tué, ou à qui elle avait coupé la tête pour l’exposer toute sanglante sur la muraille de notre ville aux mille années d’âge? Et notre pays, ne l’avait-il pas découpé en petits morceaux pour les offrir à un autre pays ennemi ?

Y’a-t-il d’autres maux que j’ai omis de citer à cause de ma mémoire qui commence à faillir ? Il doit sûrement y en avoir d’autres, je le pressens.

-Ils font de leur mieux, les corrompus, pour que leur France aux mamelles de laquelle ils ont biberonné, soit parce qu’ils ont été formés dans ses écoles, soit parce qu’ils sont mariés à des femmes qui ne sont pas du pays, soit parce qu’ils ont acquis sa nationalité, soit partout présente : dans les administrations publiques et privées, dans notre système éducatif et scolaire, dans les enseignes des cafés, des cabinets de médecins, des études de notaires ou de topographes , et partout ailleurs.

Qui vous a dit que la France est partie ? Elle est là. Elle n’a ni les yeux bleus, ni les cheveux blonds ou roux, ni le teint blanc. Elle est brune ou basanée avec des cheveux noirs et crépus, mais elle parle la langue française dans un environnement arabe ou amazigh.

-La présence de la France dans notre pays est maintenue grâce au maintien de sa langue. La langue d’un pays, c’est son identité. Le Français est français parce qu’il parle français dans son système scolaire. L’Espagnol est espagnol parce qu’il parle espagnol. Le Chinois est chinois parce qu’il parle chinois Et ainsi de suite. Or, nous sommes arabes ou amazigh mais parlons français ! Sommes-nous arabes et amazighs ? Non, puisque nous ne parlons ni l’arabe ni l’amazigh dans notre système scolaire. Sommes-nous français ? Non. Puisque nous sommes marocains et la France est à des milliers de kilomètres de chez nous. Nous serions donc dans la même situation que les aborigènes de la Guadeloupe et de la Réunion qui sont français sans être français.

En conclusion, seul le retour à la langue arabe nous fera retrouver et récupérer notre identité.

 

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