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Petits calculs vicieux

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Zaid Tayeb

Le gouvernement en poste a abandonné le petit citoyen sans ressources ou aux revenus limités qui leur permettent de survivre de peu et de rien, à la voracité et à l’avidité des commerçants. Quel produit n’a pas encore été augmenté à raison ou à tort, à découvert ou sous cape? J’essaierai de citer quelques exemples de ces augmentations non déclarées qui se font de manière discrète mais avec beaucoup d’effronterie dans le geste, dans la voix et surtout dans le regard.

Cas 1- Chez le boulanger : Vous rentrez chez le boulanger à qui vous demandez deux baguettes. Vous lui donnez une pièce de monnaie dont la valeur est supérieure à 2,50dh (3dh ; 5dh ; 10dh , par exemple). De la manière la plus naturelle qui soit, il vous rend votre monnaie avec 10 centimes en moins. Dans le cas où vous lui remettriez 2,50dh, il vous sert, sans se soucier des 10 centimes et sans prononcer la formule rituelle ‘’Allah yakhlaf’’ comme si le compte était bon. Essayez donc de vous attarder en faisant semblant d’attendre votre monnaie. Le boulanger relève la tête et, de ses yeux de bœuf, vous fait signifier qu’il vous a servi puisque vous avez vos deux baguettes et de s’être fait payé puisqu’il a ‘’jeté’’ vos misérables pièces de monnaie dans le tiroir de son comptoir. Désarçonné par un habitué de l’arnaque, vous quittez le lieu avec un petit pincement sur le cœur de s’être fait avoir encore une fois. Si vous lui demandez, avec beaucoup de gêne, de vous rendre votre petite pièce de 10 centimes, il vous répond, après avoir jeté un regard rapide dans le tiroir, qu’il n’a pas la petite monnaie.

Dans le cas où vous demanderiez 3 baguettes dont le prix est 3,60 dh, il se fait payer 3,60 dh et non 3,50 dh comme il s’est fait payer 2,5 dh au lieu de 2,40 pour deux baguettes.

Cas 2 : Dans les grandes surfaces et chez les agences dites ‘’tashilat où on paie les factures (électricité, eau, internet et téléphone), dans ces deux lieux en particulier, on ne vous rend presque jamais une monnaie inférieure à 1 dirham ou à 50 centimes.

Cas 3- Dans un célèbre café du boulevard Mohammed V, Oujda, le prix de la tasse de café a augmenté d’un dirham, passant de 9 à 10dh. Cette augmentation de 10% a créé un petit malaise et une petite gêne et pour le consommateur et pour le garçon. En effet, avant l’augmentation, la tasse coutait 9dh, ce qui faisait qu’entre le garçon et le client s’était établi une espèce de code grâce auquel le premier simule de rendre 1dh et de la tête le second lui fait signifier de le garder. La chose allait ainsi jusqu’au jour où l’augmentation a eu lieu.

Ou bien le consommateur doit avoir sur lui une pièce ronde de 10dh pour le patron et une petite pièce de 1dh pour le garçon ( 1 ou 2dh, en fonction de la générosité du client, de la qualité du service et de la tête du garçon). Et le compte est bon. Sinon, c’est le billet de 20 ou de 50 dh. C’est là que le malaise se produit pour le garçon, surtout. Pour éviter toute mauvaise interprétation, il rend au client 10dh ou 40dh et se fait priver de son petit pourboire. Un manque à gagner parti dans les caisses du patron. Ce n’est que là qu’intervient la générosité du client qui demande au garçon de prélever son pourboire.

Ce café, si célèbre soit-il, est le seul à servir un café sans eau minérale. Au lieu de la petite bouteille à laquelle on est habitués dans les autres cafés, on vous sert de l’eau du robinet dans un verre comme il n’en existe plus même dans les plus pauvres ménages. Si le client commande sa petite bouteille d’eau minérale, il la paie au même prix que s’il l’achetait chez le boutiquier du coin de la rue.

Ces petits calculs vicieux ou viciés sont vécus au quotidien sont monnaie courante entre marchand et client, serveur et servi. On n’en parle pas car ils sont de tous les jours, on les vit au quotidien, on vit avec, on y est habitués.

 

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