Trahison Pieuse :Roman de Intissar Haddiya : Orion Editions

tayeb zaid
La narration se fait de manière très fluide dans une langue et un style du quotidien, sans éléments décoratifs ou ornementaux, loin de tout écart. Toutefois, dans ce livre, comparé à ‘’Si Dieu nous prête vie’’ l’écriture s’affermit avec une large part consacrée à la narration. La description, quoique laconique et peu fréquente et étoffée, se fait plus réaliste, avec quelques précipitations dans la conduite d’un drame. La mort brutale de Hajja, survenue dans une mise en scène peu romanesque :’’Les airbags déployés n’avaient pas servi à grand(e) chose, car le décès fut immédiat’’(155) rime avec le meurtre de Nora et Karim, alias Hassan, alias’’ l’homme qui parvenait à tromper tout le monde’’, sans les artifices d’une préparation minutieuse et détaillée du double crime perpétré par Larbi. ‘’ L’homme qui parvenait à tromper tout le monde’’ est assommé avec une pierre, Nora étranglée. Tout est allé vite, trop vite, comme d’ailleurs le dernier chapitre qui résume en trois pages ce qui pourrait être dit en une cinquantaine. L’auteur clôt de manière précipitée cette histoire sordide.
Les horizons d’attente si chers aux écrivains, qui sont de nature à alimenter le suspens, à retenir le souffle du lecteur, accomplis ou avortés, heureux ou malheureux, qui doivent donner au lecteur une marge de manœuvre pour participer à sa manière à échafauder des hypothèses font défaut.
-Le héros de l’histoire, Saïd pour Latifa, Karim pour Nora est pour le narrateur ‘’l’homme qui parvenait à tromper tout le monde’’. Cette façon de désigner un personnage par une subordonnée relative déterminative dépréciative, met d’emblée le lecteur en présence directe avec un homme sans scrupules, un escroc, un scélérat. Le lecteur sait d’avance que le personnage en question est capable de tout. Tout est dit, rien n’est laissé au lecteur, devenu simple consommateur passif d’un produit standard.



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