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LE PIÈGE DE FER…

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Par Rachid Boufous


En lançant à grandes pompes par Abdel-Majid Tebboune, l’exploitation de la mine de Ghar Djrbilet près de Tindouf, l’Algerie voulait créer un grand événement, visant surtout à calmer une effervescence sociale face aux échecs économiques patents. Ce même pouvoir algérien va jusqu’à mentir officiellement en citant des articles élogieux du Wall Street Journal, de Forbes et de Bloomberg sur la mine, et qui n’ont jamais été, ni écrits ni publiés.
L’Algérie voulait par le lancement de ce projet, pousser le Maroc vers la faute et vers une contestation devant le cour internationale de justice de cette exploitation unilatérale des mines de Ghar Djebilet à Tindouf, qui figurait dans le traité de 1972 signé conjointement et qui visait à mettre fin au litige relatif aux frontières entre les deux pays.
En effet à l’époque, pour mettre fin au litige frontalier entre les deux pays, le Maroc avait proposé un traité lié à l’exploitation commune des mines de fer de Ghar Djebilet et la construction d’un chemin de fer de 400 kilomètres entre Tindouf et Tan-Tan où le Maroc s’engageait à construire un port en eaux profondes pour faciliter l’exportation du fer commun à partir de l’océan atlantique.
Le Maroc n’est pas tombé dans ce piège et a laissé les algériens s’embourber doucement dans cet immense gabegie économique. Car il faut savoir que le fer de Tindouf dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes, contient énormément de phosphore à hauteur de 0,8% par tonne quand le fer vendu sur les marchés internationaux n’en contient que 0.002% et n’est de ce fait pas commercialisable en tant que tel sans un lourd traitement.
Ce « fer phosphoré » ne peut être vendu à plus de 75 dollars quand celui pur est vendu à 104 dollars la tonne…
À cela il faut ajouter les coûts d’exploitation et de traitement énormes qui pourraient faire défendre le prix de vente à moins de 59 dollars la tonne.
L’Algérie a donc par vanité réalise une ligne de chemin de fer de 900 km de Tindouf à Bechar avec un coût de 3,5 milliards de dollars. De plus il devra construire des usines de traitement de ce fer pollué au phosphore, des hauts fourneaux et des laminoirs ce qui fera porter la facture totale à 25 milliards dollars et ce pour quel gain ?
Aux prix actuels du marché il faut arriver à produire 50 millions de tonnes pour espérer récolter juste 1,6 milliards de dollars, et ce qui suppose 20 ans de production juste pour arriver à ce tonnage de 50 millions de tonnes, car à l’heure actuelle les algériens ne produisent pas plus de 15.000 tonnes par jour, soit 5 millions de tonnes par an, si toutefois cette production est réaliste car à ce jour aucune image de cette exploitation réelle n’est disponible, ni diffusée, ce qui est tout de même étrange…!
Les entreprises chinoises qui avaient été sollicitées pour l’exploitation de ladite mine, ont vite jeté l’éponge voyant clairement que ce n’est pas faisable économiquement et que ça sera un gouffre financier énorme. Elles se sont contentées d’empocher la réalisation de la voie ferrée à un prix élevé, laissant les algériens gérer le projet minier infaisable. Djelloul Slama expert minier a disparu après avoir critiqué sur une chaîne de télévision algérienne, la faisabilité économique du projet minier. Le pouvoir algérien ne tolère aucune critique de ce projet.
Et le Maroc dans tout cela, me diriez vous ?
L’Algérie de Tebboune et de Chengriha voulaient montrer au Maroc qu’elle était capable d’exploiter la mine sans l’aide convenue avec le Maroc en 1972, rompant ainsi le traité signé entre les deux pays et ratifié par le parlement de l’Algérie en 1973, mais juste publié par le Maroc au bulletin officiel en 1993 sans ratification au parlement. Hassan II avait certainement compris que ce traité allait être violé tôt ou tard par l’Algérie, que cette affaire n’allait jamais aboutir et que les algériens avaient lourdement insisté pour signer le traité de 1972, juste pour éviter que le Maroc ne réclame ses territoires ajoutés par la France à l’Algérie de 1845 à 1952 dont Tindouf, le Gourara, Tidikelt, le Touât jusqu’à Ain Salah et Reggane.
Aujourd’hui l’Algérie entamé cette exploitation, 54 ans après, alors que le monde et l’industrie ont changé. Le projet minier qui était intéressant en 1972, ne l’est plus aujourd’hui, avec l’abondance du minerai de fer non phosphoré sur tous les marché de métaux.
En agissant ainsi l’Algérie pensait que le Maroc allait contester la démarche algérienne devant le tribunal de la Haye comme la preuve de transgressement du traité de 1972 et en faire une source de conflit avec le Maroc en disant y au monde que le Maroc remet en cause le traité car il a des visées sur la région de Tindouf et les anciens territoires marocains spoliés par la France et ajoutés à l’Algérie.
Le Maroc n’est pas tombé dans le piège et ne doit absolument pas contester cela, car le prix que va payer l’Algérie avec cette gabegie de Ghar Djebilet est plus lourd que ce que le Maroc pourrait gagner en contestant le traité. L’Algérie s’empêtre dans ses mensonges et ses stupidités économiques et notre devoir premier est de rester stoïques et ne pas agir. Depuis 1962 l’Algérie est très mal gouvernée. Une économie florissante sous la France a été abîmée sévèrement par la crétinerie des chefs successifs de ce pays. Malgré une richesse du sous-sol en pétrole et en gaz, l’Algérie connaît des files interminables de gens pour acheter de l’essence, de l’huile, du lait, rappelant les pires moments du « soviétisme triomphant ». Meme les complexes sidérurgiques réalisés à l’époque de Boumedienne et « l’industrie industrialisante » sont à l’arrêt ou ont été vendus à des étrangers comme Arcelor Mital qui les a désossés et revendus. L’Algérie vit actuellement un immense gâchis et une dégringolade économique et sociale vertigineuse, perdant un demi-siècle à chercher des noises au Maroc au lieu de se développer.
Le piège de fer se referme doucement mais fermement sur une Algérie. Car comment un pays qui viole unilatéralement un traité qu’il a signé et fait ratifier par son parlement peut-il être digne de confiance ou être crédible au yeux du monde ? …
Rachid Boufous
03/02/2026

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