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Les Ministres des Affaires Etrangères des Pays Membres de l’UpM Jugent nécessaire de Redoubler d’efforts pour résoudre les conflits

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Les Ministres des Affaires Etrangères des Pays
Membres de l’UpM Jugent nécessaire de
Redoubler d’efforts pour résoudre les conflits et crises prolongés qui privent la région de son droit à la paix et à la stabilité.
(INTERVIEW)

En célébration de la 2ème édition de la « Journée de la Méditerranée » proclamée officiellement en 2020 par les 42 États membres de l’Union pour la Méditerranée (UpM) et la Commission européenne et décidée pour le 28 novembre de chaque, les ministres des Affaires étrangères de ces 42 pays membres (UpM) dont le Maroc avaient pris part aux travaux du 7ème Forum régional de l’Union pour la Méditerranée (UpM) qui s’est tenu le 24 novembre 2022 dernier à Barcelone.
Lors de ce Forum méditerranéen les ministres des affaires étrangères des 42 états membres de l’UpM ont globalement présenté, analysé et évalué la situation régionale et les impacts des crises en ce qui concerne les cinq domaines d’action prioritaire, convenus à l’occasion du 25e anniversaire du processus de Barcelone en 2020, à savoir l’action environnementale et climatique, le développement économique et humain durable et inclusif, l’inclusion et l’égalité sociales, la transformation numérique et la protection civile. Ils ont proposé dans ce cadre des solutions qui doivent être implémentés sur le plan régional à la lumière des développements encourus entre 2021 et 2022.
Pour en savoir plus sur les résultats et décisions issus de cette 7ème édition du Forum régional de l’Union pour la Méditerranée, nous avons abordé le Secrétaire Général Adjoint de l’UpM, Chargé du Développement Économique et de l’Emploi, Dr. Abdelkader EL KHISSASSI qui a bien voulu nous accorder cette interview et présenter un premier bilan de cette rencontre:
Le Journal : Pourquoi un forum régional pour l’UpM ?
Dr Abdelkader El Khissassi : L’Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale régionale composée de 43 Pays Membres, englobant les 27 de l’UE et 16 Pays du Sud et Est de la Méditerranée. Fondée en 2008, l’UpM œuvre continuellement pour achever l’Intégration régionale, la paix et la Prospérité partagée.
L’UpM tient régulièrement des réunions à tous les niveaux et les réunions Ministérielles sont à la fois une occasion d’évaluation des résultats, d’analyse conjoncturelle et stratégique de la situation et une opportunité pour tracer des objectifs nouveaux.
Le 7ème Forum régional (Réunion annuelle des Ministres des Affaires Étrangères) de l’Union pour la Méditerranée, tenu le 24 novembre 2022, à Barcelone, est une nouvelle étape vers l’intensification de la coopération et l’intégration régionales et ce, pour faire face à nos défis communs actuels marqués par des taux de chômage élevés, l’urgence climatique et la croissance déséquilibrée d’une région désintégrée, que la situation en Ukraine a aggravé.
Le Journal: Vu la situation critique que connaît le globe suite au covid et à la guerre en Ukraine et l’état de sécheresse enregistrés un peu partout, quel constat faites-vous à l’UpM concernant la situation dans la région méditerranéenne ?
Dr Abdelkader El Khissassi : Aujourd’hui, la région méditerranéenne tente de faire face à ces réalités récentes et urgentes qui ont sévèrement impacté les pays de la région qui sont sortis du Printemps Arabe pour affronter la Covid 19 et pour faire face également aux défis de la situation en Ukraine et du changement climatique et les crises énergétiques pesantes.
La reprise après la pandémie de COVID-19 a durement touché la croissance et le développement économique de la région, en particulier les MPME, qui sont un vecteur essentiel de développement économique et de croissance.
Dans les économies du sud de la Méditerranée, les MPME représentent jusqu’à 90-95% de toutes les entreprises enregistrées et sont les principaux fournisseurs d’emplois et générateurs de valeur économique.
Le commerce et les chaînes de valeur régionales ont également été perturbés, avec des défis encore plus importants pour la facilitation du commerce intra-régional et la promotion des investissements suite à la situation en Ukraine. Cette dernière a également eu des conséquences majeures sur le commerce agroalimentaire et l’insecurité alimentaire dans la région, étant donné que les pays de la région sont parmi les principaux importateurs de denrées alimentaires de base dans le monde.
Si ces crises sont effectivement critiques, le changement climatique reste la menace existentielle la plus grave pour nos moyens de subsistance et ceux de notre planète.
La région méditerranéenne se réchauffe 20 % plus vite que les autres régions du monde. Les pays méditerranéens sont aujourd’hui confrontés à des défis énergétiques et climatiques communs qui nécessitent un haut niveau de réponses multilatérales et d’actions collectives.
Le Journal: Qu’en est-il des premiers résultats issus des travaux du 7ème Forum régional de l’UpM susceptibles de redresser la barre d’une telle situation alarmante ?
Dr Abdelkader El Khissassi : Dans leurs discours les Ministres ont globalement présenté, analysé et évalué la situation régionale et les impacts des crises en ce qui concerne les cinq domaines d’action prioritaire, convenus à l’occasion du 25e anniversaire du processus de Barcelone en 2020, à savoir l’action environnementale et climatique, le développement économique et humain durable et inclusif, l’inclusion et l’égalité sociales, la transformation numérique et la protection civile. Ils ont proposé dans ce cadre des solutions qui doivent être implémentés sur le plan régional à la lumière des développements encourus entre 2021 et 2022.
Les ministres ont également approuvé l’adhésion de la Macédoine du Nord à l’Union pour la Méditerranée. Une adhésion qui confirme l’intérêt des Pays de la région à notre organisation et qui constitue un témoignage implicite sur son rôle régional prépondérant.
Ils ont également souligné l’importance cruciale du Partenariat dans le cadre de l’UpM, dans le cadre du contexte actuel volatile et compliqué géo-politiquement. A cette occasion, ils ont reconnu que le dialogue et la coopération sont plus importants que jamais pour créer un environnement politique propice à la résolution des conflits et des tensions politiques affectant les membres de l’UpM.
Ils ont aussi évoqué la nécessité de redoubler d’efforts pour résoudre les conflits et crises prolongés qui privent la région de son droit à la paix et à la stabilité. De nombreux ministres ont particulièrement attiré l’attention sur la nouvelle réalité créée par la situation en Ukraine. Ils ont souligné les conséquences de grande envergure sur les deux rives de la Méditerranée, notamment l’inflation, les perturbations des flux commerciaux et énergétiques, les pénuries alimentaires et d’approvisionnement, aggravant la situation socio-économique déjà difficile à la suite de la pandémie de COVID-19 et de l’urgence climatique mondiale.
Les ministres ont reconnu qu’il ne sera possible d’obtenir des résultats réels et rapides que grâce à un effort collectif. À cette fin, ils se sont engagés à s’entraider dans toute la région méditerranéenne, tant sur le plan politique qu’économique, pour faire face aux facteurs de déstabilisation.
Les ministres ont également reconnu que la région offrait de nombreuses opportunités de commerce, d’investissement et de partenariats dans des domaines tels que l’action climatique/la transition énergétique, la transformation numérique et la connectivité.
Ils ont approuvé, entre autres, le lancement de l’initiative régionale « Capitales méditerranéennes de la culture ». Chaque année, deux villes des rives nord et sud de la Méditerranée seront désignées par les 43 pays de l’UpM comme Capitale de la Méditerranée, afin de promouvoir des événements culturels, socio-économiques et sportifs et de mettre en valeur le patrimoine des villes et la compréhension mutuelle entre les deux rives.
D’autres thématiques importantes tels que la jeunesse et l’emploi ainsi que la situation de la femme ont également étaient largement discutés.
Ils ont souligné ainsi la déclaration ministérielle de l’UpM sur l’emploi et le travail adoptée à Marrakech en mai dernier qui portait sur l’emploi et l’employabilité des plus vulnérables, en particulier les jeunes et les femmes. Ils ont évoqué également l’approbation par les ministres de l’UpM de l’Enseignement en juin les feuilles de route pour la recherche et l’innovation et leur mise en œuvre autour des trois priorités que sont la santé, le changement climatique et les énergies renouvelables.
Ils se sont aussi félicités de la déclaration ministérielle de l’UpM sur le renforcement du rôle des femmes dans la société, adoptée à Madrid en octobre dernier, qui contient des actions concrètes axées sur l’amélioration des cadres juridiques ; améliorer l’accès des femmes au leadership dans la vie publique et la prise de décision ; accroître la participation des femmes à la vie économique; et combattre et prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles.
Les Ministres ont également salué le succès du Pavillon Méditerranéen et le rôle actif de l’UpM lors de la Conférence des Parties (COP27) en Égypte. Cette initiative a mis en évidence à la fois les défis urgents auxquels la Méditerranée est actuellement confrontée et les solutions innovantes déjà en cours de développement.

Ils ont aussi félicité l’Assemblée parlementaire de l’UpM et l’ARLEM pour leurs rôles respectifs dans le renforcement de la coopération interparlementaire et dans l’amplification de la voix des autorités locales et régionales.
Globalement, le forum a donné lieu à une rencontre euro-méditerranéenne entre des représentants de la jeunesse de la région, qui ont présenté des recommandations aux Ministres des Affaires Étrangères.
En effet, alors que nous efforçons de nous remettre de la pandémie et de l’impact de la situation ukrainienne dans notre région, nous avons une occasion importante de tirer parti du potentiel de la région grâce à ce genre de réunions.
La forte participation au Forum régional de cette année et l’adhésion de la Macédoine du Nord en tant que nouvel État membre reflètent l’engagement des pays de l’UpM en faveur d’une coopération régionale plus forte.
Les femmes et les jeunes sont les plus touchés par les conséquences des crises régionales et nous sommes particulièrement heureux de donner aux jeunes plus d’opportunités de rencontrer leurs décideurs politiques et d’avoir une voix dans les institutions euro-méditerranéennes.
Il est important de continuer l’élaboration des politiques pour le développement durable des pays méditerranéens afin d’atténuer ces risques et d’envisager des options d’adaptation. C’est vrai que certains pays de la région ont besoin d’informations adéquates, mais grâce à la coopération régionale nous essayons de répondre aux besoins spécifiques et globaux de nos gouvernements.
Le Journal : Un message fort pour les gouvernements de la zone méditerranéenne ?
Dr Abdelkader El Khissassi : Malgré l’ampleur et la portée des défis rencontrés jusqu’à présent et de ceux qui se profilent à l’horizon, la réponse doit être orchestrée, ne laisser personne de côté et viser la stabilité, le développement humain et l’intégration de notre estimée région.
Le Maroc a donné l’exemple et a participé par une forte délégation conduite par S.E.M Nasser Bourita, qui a fait un discours très fort en faveur de l’importance de renforcer et repenser le Partenariat Euro_méditerranéenne en vue d’atteindre une intégration régionale efficace et multidimensionnelle. Il a également tenu plusieurs réunions bilatérales de haut niveau avec ses homologues euro-Méditerranéens.
Le Maroc en tant que premier Pays exportateur des phosphates et des énergies propres dans le monde, se présente comme un candidat méditerranéen très bien placé pour offrir son aide à la région et au monde, surtout vu qu’il dispose de potentiels énormes et d’une stratégie royale clairvoyante et anticipative qui comprend à la fois des dimensions écologiques et économiques efficaces et aussi une diplomatie expérimentée habituée aux enjeux des partenariats nord-sud et sud-sud.
Entretien Réalisé par
Mohammed Drihem

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