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La grande artiste africaine du Congo/Brazzaville, Rhode Bath-Schéba Makoumbou expose à Oujda

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L’art au service de la femme africaine…

La grande artiste africaine du Congo/Brazzaville, Rhode Bath-Schéba Makoumbou expose à Oujda

Vendredi 25 juillet 08

Oujda , ville millénaire accueille l’artiste africaine du Congo/Brazzaville, Rhode Bath-Schéba Makoumbou qui exposera ses grandes oeuvres artistiques dans la Galerie des Arts de l’ancienne Medina, du 28 juillet au 2 Août, à l’occasion de la 2è édition du Festival Maghrébin d’Arts Plastiques à Oujda .

Cette artiste connue mondialement est née le 29 août 1976 à Brazzaville en République du Congo. Depuis sa tendre enfance, elle a été initiée à la peinture par son père, le peintre David Makoumbou. Elle s’est réellement engagée dans l’art à partir de 1989. À travers ses œuvres, ce sont surtout les activités sociales de la femme africaine qui sont mises en valeur.

Dans les peintures à l’huile, elle peint généralement au couteau. La variété de ses toiles s’illustre dans un style nettement africain (à partir de l’art statuaire traditionnel), mais également influencé par les courants de l’art réaliste, expressionniste et cubiste.

Depuis 2002, Rhode Makoumbou a créé de nombreuses sculptures en matière composée (sciure et colle à bois sur une structure métallique) représentant les métiers des villages qui tendent à disparaître. Certaines ont plus de trois mètres de haut !

Elle se considère un peu comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de l’Afrique en général, et du Congo en particulier. Elle s’exprime souvent dans ses interviews sur le respect des notions idéologiques de l’identité et de la diversité culturelle. Elle a toujours accordé une grande importance à la question du sens dans l’art et du rapport entre l’artiste et son public.

À partir de 2003, Rhode a entamé une importante carrière internationale, et expose maintenant dans le monde entier.

Pour découvrir ces chef-d’œuvres et mieux la connaître, notre artiste a ouvert son cœur à nos questions…

– Dans quel cadre vous exposez à Oujda? Est-ce pour la 1ère fois au Maroc?

C’est la première fois que je viens au Maroc et ceci à l’occasion de la 2ème édition du Festival Maghrébin d’Arts Plastiques où j’y ai été invitée. J’expose beaucoup en Europe depuis 2003, mais je n’oublie pas l’Afrique pour autant où j’ai déjà présenté mes œuvres au Gabon, au Niger, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Tanzanie, au Sénégal et bien sûr dans mon pays le Congo Brazzaville.

– Que signifient pour vous les couleurs vives et claires qui se dégagent de vos oeuvres artistiques ?

Je pense que c’est la transposition plastique de la lumière et des couleurs que j’ai vues pendant toute ma vie sur notre continent. Nous sommes continuellement imprégnés par le soleil. Nos vêtements, à la différence de ce que j’ai vu par exemple en Europe, sont très souvent colorés de tons vifs. Personnellement, je trouve cela plus gai et agréable.

Vos personnages sont toujours en mouvements et certains sont des géants. Y a-t-il une explication?

J’aime représenter mes personnages en mouvement parce que cela leur donne une allure plus active, on les sent ainsi bouger et mieux vivre.

Il a été important pour moi de créer ce type d’œuvre monumentale. Malgré les difficultés techniques et le temps de réalisation de très grandes sculptures (3,50 m de haut), je crois qu’un artiste doit parfois essayer de se surpasser dans ses propres créations. J’ai voulu créer des oeuvres qui peuvent impressionner par leur grandeur et par leur technique, mais avant tout par leur contenu. Quand le public me voit à leur côté, il est fréquemment étonné, en plus aussi par le fait que ce soit une femme qui les ait réalisées. Malheureusement on ne pourra pas les voir à Oujda pour l’instant parce que cela impliquait de trop gros frais de transport.

Quel message voulez-vous passer à travers votre travail artistique en tant qu’artiste africaine issue d’un continent pauvre, malade et déchiré par les guerres?

Mon message est de mettre surtout en valeur les travaux traditionnels des femmes africaines. Leur rôle social est très visible sur notre continent. Elles sont remarquablement actives et participent au processus du développement. Je fais cela dans une optique de présenter un travail artistique au niveau de la mémoire. Il y a là tout un savoir ancestral qu’il ne faut pas oublier, même aux prix de la modernité. Je ne demande pas aux jeunes de continuer ce genre d’activité, mais au moins de les connaître et de respecter ce que leur parent ont vécu. Dans ce sens, je me sens un peu comme une artiste archiviste de la mémoire sociale et culturelle de mon pays et de l’Afrique.

J’attache beaucoup d’importance à la question du sens dans l’art. Au rapport entre la vie de tous les jours et la représentation artistique, c’est-à-dire que j’essaye d’avoir une démarche esthétique assez lisible pour le public.

Quelle place occupent dans vos œuvres l’identité et la diversité culturelle?

J’apporte également dans mon activité intellectuelle une grande attention au respect des notions idéologiques de l’identité et de la diversité culturelle. Je pense que pour créer un art authentique, qui reste en rapport avec des valeurs humanistes et spirituelles profondes, il faut bien connaître sa propre histoire sociale et culturelle. Surtout pas dans un repli nationaliste ou dans un sectarisme identitaire, mais ouvert à la connaissance et au dialogue avec les autres.

C’est vrai que l’Afrique ne va pas bien, mais je garde beaucoup d’espoir parce que nous avons un potentiel énorme à tous les niveaux. Je pense qu’il y a sensiblement une nouvelle génération qui est en train d’émerger et de proposer des nouveaux projets de société.

Ayant vécu de très près la guerre dans mon pays dans les années 90, je ne voudrais plus jamais voir cela. Il faut des années et des années pour remonter ce désastre. Mais, nous ne sommes pas les seuls pays au monde à avoir connu la guerre. Par exemple l’Europe a aussi connu des conflits catastrophiques et ils ont pu se reconstruire avec succès. Alors pourquoi pas nous?

 
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1 Comment

  1. smile_forever
    02/11/2008 at 00:55

    Merci monsieur pour cet interview avec rhode,je l’ai beaucoup respecté en vous disant ce passage: « Mon message est de mettre surtout en valeur les travaux traditionnels des femmes africaines. Leur rôle social est très visible sur notre continent. Elles sont remarquablement actives et participent au processus du développement. »
    chapeau a toutes les femmes qui essayent d’améliorer et de developper ce monde.

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