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La note 60 lue par un prof

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La note ministérielle 60 a fait couler beaucoup d’encre et de salive, elle continuera sûrement à faire parler d’elle pendant la rentrée scolaire 2008-2009. Elle a à la fois un caractère coercitif et restrictif:

Coercitif car elle oblige les professeurs à être présents sur leurs lieux de travail et à justifier leur présence par la signature d’une liste de présence ; restrictive parce qu’elle se limite à quelques échantillons de délégations et de professeurs.

Pour ce qui est du premier caractère de la note, on doit se demander quel est l’intérêt pédagogique de la présence des professeurs au sein de leurs établissements en l’absence de leurs élèves. Il est vrai que les professeurs sont des fonctionnaires de l’Etat et que comme tous fonctionnaires de l’Etat ils doivent être présents sur leurs lieux de travail avec ou sans élèves. Si un employé d’un quelconque bureau a fini de traiter tous les dossiers qu’il a à traiter, doit-il rentrer chez-lui pour manque d’ouvrage ? Non, il doit être à son bureau même s’il n’y a rien à y faire, quoique dans les faits, il y ait toujours quelque chose à faire. Le cas des professeurs est similaire au cas de l’employé de bureau. Seulement, le ministère aurait dû être plus clairvoyant et plus prévoyant en faisant accompagner la note de l’ouvrage à exécuter. Certains me feront sans doute remarquer que même sans élèves, les professeurs doivent être sur leurs lieux de travail, cela est vrai, mais qu’y feront-ils car le ministère n’a pas habitué ses fonctionnaires exerçant en classe à faire autre chose qu’à enseigner. Au fait, il y a beaucoup de choses à faire en l’absence des élèves : initier les professeurs à l’utilisation de l’ordinateur et au langage informatique, discuter des programmes, des méthodes, des évaluations, des manuels scolaires, des documents parallèles, des échecs et des réussites des élèves, des problèmes inhérents à l’enseignement de telle ou telle matière, de l’interdisciplinarité, et j’en passe. Je crois que le ministère aurait dû proposer un programme, des initiatives, un projet, pour donner une raison d’être à la présence des professeurs dans leurs établissements, au lieu d’exprimer de manière brutale sa volonté à les retenir sans agenda, sous peine de prélèvements et d’autres sanctions plus graves encore.

De plus, les professeurs dont les dossiers sont lourds de certificats médicaux ou d’absences non justifiées, les professeurs spectres que l’on ne voit pas, les professeurs sans classe qui circulent dans les couloirs de l’établissement ou qui ont élu domicile dans un petit bureau d’absence réduits à donner des billets d’absence ou dans la bibliothèque scolaire à louer aux élèves quelques manuels sans couvertures, sont connus depuis le directeur de l’établissement jusqu’au directeur de l’académie qui les couvrent aux yeux de la loi et leur servent de parapluie et de parrain.

Pour ce qui est du caractère restrictif de la note 60, celle-ci limite son champ d’action aux professeurs sans les autres cadres du ministère, à certaines délégations sans les autres. Les professeurs de la délégation d’Oujda, me semble-t-il ont raison de faire la grogne contre la note 60 qui les désigne directement comme s’ils étaient les responsables de l’effondrement du système éducatif ou comme s’ils étaient des cobayes sujets à des expériences en laboratoire ou comme s’ils étaient des boucs émissaires qui doivent payer pour les fautes des autres. Ce qui est curieux dans cette note, c’est que le sous-titre 4 parle de manière explicite de ‘’lutte contre le phénomène de l’absence des professeurs’’ alors que le 1° tiret parle de ‘’ l’assiduité des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier’’ ;le 3° tiret met sur le même pied d’égalité fonctionnaires et enseignants’’ absence des fonctionnaires et des enseignants dans les délais requis par la loi’’ ; le dernier tiret, lui, parle de ‘’l’absence des fonctionnaires ’’. Elle semble mal distinguer entre la partie et le tout en ignorant que le tout englobe et inclut la partie. Ce qu’il faut retenir de la note 60 c’est qu’elle vise en premier lieu les enseignants qu’elle désigne du doigt de manière univoque.

Tout le poids de la note 60 tombe sur la délégation d’Oujda parmi toutes les délégations du royaume, sur les enseignants de la délégation d’Oujda parmi tous les enseignants du ministère et sans les autres fonctionnaires. A croire que le maillon faible responsable de l’effondrement du système éducatif était la délégation d’Oujda. A croire également que les enseignants de la délégation d’Oujda avaient une main dans la culbute du système éducatif. A croire enfin que la réforme de l’enseignement devrait passer inéluctablement par la présence des enseignants de la délégation d’Oujda sur leurs lieux de travail, avec ou sans élèves.

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2 Comments

  1. مهتم
    20/06/2008 at 11:25

    التساؤل المطروح يستوجب إعمال العقل. والجواب عنه يقتضي كثيرا من الواقعية. هل توقيع الأساتدة وحضورهم يوميا في غياب التلاميذ سيحل مشكل التعليم ؟ إن كان الأمر كذلك ..لماذا أثارت المذكرة 60 كل هذه الضجة؟ أعتقد أن الشريحة الواسعة من رجال التعليم لو وجدت أن الحل فعلا في فحوى هذه المذكرة لتبنته تلقائيا فالرسول صلى الله عليه وسلم قال ( ما اجتمعت أمتي على ضلالة ) إن السبب الحقيقي في إشكالية التعليم: أسباب واضحة ومعروفة ومعظمها مدون في تقارير المجالس التعليمية ولا يتحمل فيها رجل التعليم إلا قدر السمسمة وأعتفد أن الاستهداف النفسي والمعنوي لدينامو العملية التعليمية لا يزيد الوضع إلا تأزما والمرض استفحالا فليضع الكل اليد في اليد وليتعاون الجميع مع حسن النية من أجل بناء وطننا العزيزوالمضي به بعيدا في هذا الحقل الحيوي.

  2. mouradcom
    20/06/2008 at 11:25

    Tout d ‘abord,je voudrais remercier le collegue qui a osé analyser la note 60.Mais je voudrais ajouter quelques eclaircissements:d abord la note a été appliqué a titre empirique –au niveau de trois academies,celles de Rabat -Salé-Zemmour-Zair ,Settat ,et de l Oriental.Ensuite,elle est appliqué au niveau des etablissements scolaires dependant des delegationsde l AREFde l ‘ORIENTAL.Vu ces raisons je trouve les protestations des professeurs du secondaire dela ville d Oujda injustifiable .

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