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L’HISTOIRE COLONIALE : LE MOMENT DE VERITE

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  L’HISTOIRE COLONIALE : LE MOMENT DE VERITE

    Dans la crispation de certains milieux  français, deux questions s’entremêlent. L’une, qui n’est pas propre à  la France, et  celle de la fin de ce très long cycle d’au moins cinq siècles, où aucun territoire, aucun peuple, aucune culture n’a échappé à celle de la France, pour le meilleur  et pour le pire.

« En cherchant l’Orient, par l’ouest, Christophe Colomb a symboliquement réinventé l’Occident, et du coup, la France a perdu son Orient » .

La France aura vécu une époque de   recentrage du monde, sur fond de crise historique du capitalisme et de troisième révolution industrielle.

Culturellement, politiquement, nationalement, les sociétés occidentales, en général,  devraient s’initier à  un nouveau rapport au monde qui n’est plus celui de la domination, qui n’est plus dans l’évidence du rapport de force, ce qui appelle évidemment l’invention d’un nouvel imaginaire national.

 Cela suppose d’assumer la France, à titre d’exemple, comme une Amérique de l’Europe, faite de  migrations, intérieures comme extérieures,  tissée de diversité, forte de sa pluralité, mêlant à la fois son héritage de fille aînée de l’Eglise catholique, de l’Edit de Nantes pour les protestants, de la plus forte communauté juive européenne rescapée du « génocide », de premier pays musulman européen et, bien sûr, d’une république ayant inventé la laïcité comme moyen  d’assumer la diversité des croyances dans la construction du bien commun.

Ce qui implique en toute logique, que la France vit le moment de vérité de son histoire coloniale, ce qu’ils n‘ont pas réglé dans leur passé, à la manière d’un cadavre enfermé dans le placard de leurs inconsciences collectives, se venge aujourd’hui ; et du sort qu’ils lui feront dépendra la suite.

On le voit bien en écoutant les propagandistes télévisuels de la virulence dès qu’il s’agit de l’Islam, des Arabes et des musulmans. Un demi-siècle après, ils poursuivent encore la guerre de leurs parents, en Algérie, cette guerre civile, fratricide et dévastatrice.

Jusqu’à ses institutions d’exception, présidentialistes et autoritaires qui sont nées de ce drame national, la France reste marquée par l’empreinte de la crise algérienne. Et cette crise pèse toujours, à droite comme à gauche, sur le rapport des familles politiques aux peuples de la Méditerranée, au monde arabe, à la religion musulmane.

En d’autres termes, ils n’ont pas su inventer depuis 1962, date qui marque la fin brutale et tragique d’un Empire colonial qui surdéterminait  sa relation aux autres peuples, un nouvel  imaginaire du monde, une nouvelle vision nationale de leur relation collective au monde et de la projection de leur pays dans le monde.

« La présence dans le paysage politique de Marine Le Pen dont le père, Jean Marie, commença sa vie militante pendant la guerre d’Algérie,  dans la  négation des principes humanistes et démocratiques avec la torture généralisée et l’état d’exception (les « pouvoirs spéciaux»), exprime ce refoulé, entre  blessure et regret, qui est toujours à l’œuvre parce qu’ils n’ont toujours pas su le dépasser ».

DE VIVE VOIX : Mohammed Essahlaoui

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