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World Policy Conference : Le Maroc marque sa présence sur la scène internationale

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Le Maroc a abrité le 31 Octobre et le 1 Novembre un important sommet mondial : la deuxième édition de la World Policy Conference (WPC). Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette conférence, qui se tient à l’initiative de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), est un rendez-vous annuel, qui a réuni quelque 120 éminentes personnalités parmi les décideurs, les politiques, les hommes d’affaires, les experts, les directeurs d’organismes internationaux ainsi que les PDG de grandes firmes multinationales. L’objet de cette rencontre est de faire le diagnostic de l’état du monde, afin d’essayer de trouver les remèdes adéquats aux disfonctionnements constatés. Elle a été l’occasion pour débattre de la gouvernance mondiale sous ses différentes facettes, notamment géopolitique. Ainsi, la WPC a permis aux participant de discuter de plusieurs questions liées la gouvernance internationale, notamment la « gouvernance politique », « le droit international », « la gouvernance économique et financière », « les mouvements migratoires », « l’énergie et le climat », « la santé et l’environnement », « l’eau, l’agriculture et l’alimentation » et « la sécurité ». Les idées clef de ces journées de réflexions mondiales sont les suivantes :

– le monde dans ses aspects politiques et économiques, est un système qui a besoin de gouvernance ;
– les Etats en tant qu’unités politiques majeures, ont collectivement la responsabilité d’orienter le « système du monde » ;
– Le monde est soumis, au début de ce XXIe siècle, à un rythme de changements d’une rapidité et d’une complexité sans précédents (on constate une accélération de l’histoire surtout avec l’Internet et les NTIC) ; par conséquent, les modalités de la gouvernance doivent donc être élaborées de façon à pouvoir s’adapter rapidement à la variabilité des circonstances en partie imprévisibles.
Pourquoi alors une « World Policy Conference » ? L’IFRI est parti des constats suivants :
– les problèmes globaux sont difficiles à traiter (certains problèmes ou conflits internationaux durent depuis plusieurs décennies);
– on a besoin des Etats et de la coopération entre eux. Les états sont importants tout simplement parce qu’ils représentent les intérêts collectifs.
– face à un environnement qui change trop vite et une incapacité à s’ajuster en temps réel, on a besoin d’Etat remodelé de coopération entre les états refondée.
– la fin de certaines illusions : l’illusion que la Démocratie occidentale va s’étendre à l’ensemble du monde, et l’illusion économique, selon laquelle c’est le marché qui règle tout (« marché intelligent »).

Le Marché et la Démocratie, mène à la paix et la prospérité est une équation naïve. Puisque les marchés sont gérés par des intérêts privés, alors que les Etats représentent les intérêts nationaux. Ensuite, et partant du constat que l’hétérogénéité idéologique est un fait (avec peu de démocraties dans le monde), le monde a besoin de coopérer entre systèmes politiques différents (l’idéologie démocratique viendra après).
La WPC est, selon ses concepteurs, un lieu de réflexions et d’échanges pour aider les décideurs à dessiner l’avenir du système mondial, et à mettre les efforts de tous au service d’une vision partagée de l’intérêt général conçu au niveau planétaire.
C’est donc une approche participative. C’est le début de la construction d’une démocratie mondiale.
Le monde actuel connaît des problèmes communs (famine, climat, sous-développement, analphabétisme, guerres, maladies, sécheresse, les problèmes migratoires…) qui nécessitent de trouver des solutions en commun où la participation de tous est devenue primordiale et la condition de réussite de tout décision internationale.

Pour arriver à la participation de tous les Etats, les impliquer dans la prise de décision à l’échelle planétaire est une étape importante à franchir. Ainsi, leur participation effective dans les organisations internationales, a fait l’objet d’une prise de conscience de la part des fondateurs de la WPC.
La naissance de cette conférence mondiale sur les politiques est la preuve que la crise mondiale a apporté des opportunités, qui jusque là le monde courrait vers un capitalisme sauvage et une libéralisation sans limites. C’est grâce à la crise mondiale que nous assistons au retour des Etats, seulement cette fois on gardera à l’esprit la nuance suivante : opposer la mondialisation à l’Etat est une erreur à ne pas commettre.
Selon Nicolas Sarkozy : « aucun acteur, aussi puissant soit-il, ne peut plus à lui seul, régler les crises, faire face aux défis, ni même rallier le monde à sa seule vision des choses ».
« Forger une entente entre les puissances existantes et celles émergentes dans chaque région, et qui sera basée sur la concertation et le respect du bon voisinage, se veut désormais une condition sine qua none à une paix globale et durable », ont souligné les participants à la WPC. Ils ont estimé également que la mise en place de systèmes régionaux efficients en matière de sécurité, plaidant en faveur de l’établissement de dialogues inter-régionaux sur la paix. La Régionalisation, un outil au service de la bonne gouvernance, a été bien accueillie. Le Maroc a été toujours un défenseur actif pour les unions régionales, que ce soit par exemple le cas de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) ou pour l’Union Pour la Méditerranée (UPM). Il a même décroché un statut avancé avec l’Union Européenne.

D’un autre côté, on notera, que le débat mondial sur la gouvernance est une nouveauté mondiale, un signe de rapprochement entre les nations. Le Maroc, quant à lui, est en plein centre de ce débat mondial sur la gouvernance politique, économique et sociale. Il est pour un nouvel ordre universel plus humain.
Sachant que l’économique et le politique étant indissociables et après avoir constaté la fragilité du monde, l’incohérence des actions collectives, les inégalités entre les pays et dans le même pays qui sont une menace pour la stabilité régionale et internationale, le besoin d’une gouvernance mondiale et le besoin de constituer un nouveau système économique mondial se sont fait sentir de façon aigue. Les participants aux travaux de la deuxième WPC ont plaidé, en faveur d’une restructuration du Conseil de sécurité, relevant des Nations unies, en vue de mieux l’adapter à la vision actuelle du monde.
Force est de constater que le monde est, et sera, multipolaire et hétérogène. Multipolaire c’est à dire qu’il comprend plusieurs puissances, lesquelles doivent trouver nécessairement une certaine forme d’équilibre. Hétérogène car il n’y a pas d’unanimité idéologique. Donc, il faut élaborer de nouvelles règles de jeu politiques et économiques. (Pourquoi pas des modes de démocratie autres que de type occidental).

On soulignera par ailleurs que SM le Roi Mohammed VI a appelé, dans son message adressé aux participants à cette 2ème « World Policy Conference », à une nouvelle « mondialité à visage humain », juste, équitable et participative, qui réconcilie le monde avec lui-même en injectant du Sens et de la Confiance. « Pour cela, nous devons faire en sorte que cette mondialité devienne l’affaire de tous, qu’elle soit appropriée par tous les acteurs et tous les pays, petits ou grands, aux termes d’un projet inédit et mobilisateur : un « projet de société universelle » qui doit se décliner dans des mécanismes de prise de décisions participatives. L’aspect culturel de la gouvernance mondiale, selon les participants, a un aspect fondamental et mérite d’être approfondie dans toute réflexion sur la gouvernance. Dans ce contexte, ils ont qualifié de « substantiel » le message de SM le Roi Mohammed VI et qui a jeté la lumière sur les côtés humain et culturel de la gouvernance ; ce qui est assez rare, selon Thierry de Montbrial, directeur de l’IFRI et fondateur de la WPC.

On ne peut pas défendre, prôner l’universalité sans que les états aient des valeurs universelles communes, c’est leur dénominateur commun. Ces valeurs que le Maroc a toujours défendues et défend encore. Le Maroc, pays moderne et ouvert, se trouve au cœur de la « société universelle ». Le Maroc, pays riche d’un patrimoine pluriel et multiculturel, est une terre de tolérance et de dialogue entre les cultures et les religions, est un citoyen du monde, puisqu’il est membre actif de toutes les organisations internationales, a justifié, encore une fois, sa réputation de terre de rencontres et de dialogues entre cultures et civilisations.
En conclusion, on notera, avec fierté, la participation du Maroc au débat mondial sur la gouvernance de façon honorable, et sa démonstration qu’il a été toujours juste dans ses choix stratégiques que ce soit au niveau politique, économique, culturel, social ou humain sous la conduite visionnaire de SM le Roi Mohamed VI.

Des intellectuels dans le monde voient dans le modèle marocain, un modèle digne de respect, de considération voire un exemple à suivre. Le Maroc innove son modèle, et améliore son système sans cesse, en prônant des valeurs de solidarité, de libération des compétences et met l’Homme au centre de tout développement et de toute politique de l’Etat. Par ailleurs, on soulignera que le Maroc a toujours dit que les réponses aux questions globales (terrorisme (sécurité), migrations, pauvreté, etc.) ne peuvent être que globales, puisqu’elles sont liées à un certain nombre de facteurs mondiaux, qu’un seul Etat ne peut pas résoudre à son échelle, et que les valeurs de solidarité internationales sont une solution inévitable, pour aider ce pays à se développer, et ainsi pour l’empêcher de devenir un exportateur de « problèmes » aux autres pays du globe. D’où le rôle des institutions internationales (ONU, FMI, OTAN, FAO, OMS, etc.), qui doit être repensé, comme il y a besoin de les réformer dans ce sens de la solidarité et des valeurs universelles partagées, en respectant les choix de chaque Etat, et en réduisant au maximum les écarts entre les Etats pour la stabilité et la prospérité de la « société universelle ».

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