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ARCHEOLOGIE : Une composante de notre histoire nationale Est en voie de disparaître dans la Province d’Ifrane

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La province d’Ifrane, nichée au cœur du Moyen Atlas, est un véritable trésor de richesses naturelles et historiques. Pourtant, ces atouts, qui pourraient être un levier économique important, sont souvent négligés et méconnus. Les sites archéologiques, les lacs, les forêts de cèdres et les monuments historiques qui jalonnent la province sont autant de témoins de son riche passé, mais aussi de son potentiel touristique et économique.

Malheureusement, ces richesses sont en voie de disparition, faute d’intérêt et d’investissements suffisants. Les sites ne sont ni inventoriés ni étudiés, et les promoteurs semblent ignorer les opportunités qu’ils offrent. C’est pourquoi il est urgent d’agir pour préserver ce patrimoine et le mettre en valeur.

Nous avons rencontré le Dr Lahcen Taouchikht, archéologue et historien, pour discuter de l’état actuel de la recherche et de la préservation du patrimoine dans la province d’Ifrane. Il nous a partagé ses réflexions et ses suggestions pour mettre en place des actions d’intervention d’urgence et développer le potentiel économique de la région.

L’Interview

Le Journal : Dr Taouchikht, pouvez-vous nous parler des premières recherches archéologiques effectuées dans la région d’Ifrane ?

Dr Lahcen Taouchikht : Les premières prospections archéologiques dans la région d’Ifrane ont été effectuées par Louis Siret en 1925 et 1927, suivies de celles de P. Pallery qui a exploré une partie du Moyen Atlas septentrional et oriental ainsi que la vallée de la Moulouya. Ces recherches ont été complétées par A. Ruhlmann dans les années 30 du XXème siècle.

Le Journal : Quels sont les sites préhistoriques les plus importants découverts dans la région ?

Dr Lahcen Taouchikht : Les témoins matériels rattachés aux temps préhistoriques sont abondants, mais avec une représentation inégale. Les sites du Paléolithique moyen sont peu nombreux, à la différence des sites du Paléolithique supérieur. En revanche, les sites néolithiques sont rares. Parmi les sites préhistoriques les plus importants, on peut citer Aguelmam N’tchacourt, Ghabt al-Bhar, Daya Afourgah, Daya Aoua, Daya Ifer, Charij, Ain Kahla, Akechmir Lakbir, Timlouline, Michelifen, Ain Zerouka, Ain Tarmilat et Asaka N’hadoum.

Le Journal : Et qu’en est-il des sites protohistoriques ?

Dr Lahcen Taouchikht : Les sites appartenant aux périodes protohistoriques sont rares et se présentent sous forme de tumulus qui n’ont pas été fouillés et dont la datation est difficile. Le seul gisement sûrement rattaché à la protohistoire est la grotte d’Ifri Ouberrid située près d’Ain Leuh.

Le Journal : Qu’est-ce que l’on sait sur les sites antiques dans la région ?

Dr Lahcen Taouchikht : Il est difficile de dresser une carte précise des sites antiques, faute de prospections archéologiques suffisantes. Cependant, il semble que l’occupation romaine s’est limitée à quelques expéditions militaires contre les tribus insoumises. Les témoins sont peu abondants pour attester une installation claire pendant l’antiquité.

Le Journal : Et qu’en est-il des sites de l’époque islamique ?

Dr Lahcen Taouchikht : Les textes arabes anciens ont mentionné la localité médiévale de Tagragra dont l’emplacement actuel reste inconnu. On peut également signaler la Qalàa d’El Mehdi ben Saoula ou ben Taoula, qui date de l’époque almoravide, et les zaouïas qui dominent le paysage ifranien, comme la zaouïa Sidi Mehdi à Timahdite, la kasbah d’Azrou et la kasbah d’Ain Leuh.

Le Journal : Merci Dr Taouchikht pour cet aperçu des recherches archéologiques dans la région d’Ifrane. Avez-vous un message à transmettre à nos lecteurs ?

Dr Lahcen Taouchikht : Oui, je voudrais souligner l’importance de la préservation de notre patrimoine archéologique et encourager les jeunes chercheurs à poursuivre les recherches dans ce domaine. Il est essentiel de comprendre notre passé pour mieux construire notre avenir.

 

 

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