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La Faculté des Sciences d’Oujda poursuit son rayonnement international en algèbre, théorie des nombres et leurs applications

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Une équipe de recherche de l’Université Mohammed Premier consolide une tradition scientifique de plus de deux décennies


La Faculté des Sciences de l’Université Mohammed Premier d’Oujda poursuit la consolidation de sa présence scientifique, aux niveaux national et international, grâce à une dynamique de recherche remarquable portée par une équipe d’enseignants-chercheurs en mathématiques. Depuis plusieurs années, cette équipe travaille sur l’algèbre, la théorie des nombres et leurs applications. Il s’agit de domaines pointus des mathématiques, qui allient profondeur théorique et portée appliquée, notamment en cryptographie, en théorie des codes et en sécurité de l’information, tout en entretenant des liens avec l’histoire des mathématiques et leur didactique.
Cette présence scientifique n’est pas le fruit du hasard ni d’un moment isolé. Elle est le résultat d’un long parcours de travail académique organisé et d’une accumulation patiente construite par des générations successives d’enseignants-chercheurs. Au fil des années, cette équipe a su faire de l’université un espace ouvert aux rencontres scientifiques internationales et de la ville d’Oujda une étape connue de nombreux chercheurs spécialisés en algèbre, en théorie des nombres et dans leurs applications.
L’un des signes les plus marquants de ce parcours est l’organisation du « International Congress on Algebra, Number Theory and their Applications » (ICANTA), devenue un rendez-vous scientifique d’une valeur particulière. Quatre éditions précédentes ont déjà été organisées : la première en 2006, puis celles de 2012, 2019 et 2023, avant que l’équipe ne s’apprête, cette année, à organiser la cinquième édition. Cette conférence constitue un espace d’échange autour des avancées récentes de la recherche dans ces domaines, ainsi qu’une occasion de rencontre entre chercheurs issus d’universités et de centres scientifiques de différents pays du monde.
La cinquième édition de cette conférence se tiendra du 20 au 24 mai 2026 à la Faculté des Sciences d’Oujda, en partenariat entre LACSA de la Faculté des Sciences d’Oujda et CERAMATHS de l’Université Polytechnique Hauts-de-France, en France. La coordination des travaux de cette conférence est assurée par les professeurs Mohammed Taous et Abdelkader Zekhnini, du LACSA, ainsi que par le professeur Bouchaib Sodaigui, du CERAMATHS. Cette édition revêt une importance particulière, non seulement parce qu’elle s’inscrit dans la continuité d’une tradition scientifique entamée il y a près de deux décennies, mais aussi parce qu’elle réunit des chercheurs de treize nationalités différentes, issus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Cette présence internationale reflète la place acquise par ce rendez-vous scientifique et témoigne de la confiance dont bénéficie la recherche mathématique menée au sein de la Faculté des Sciences d’Oujda, tant dans son environnement national qu’international.
Parallèlement à cette conférence internationale, la même équipe organise régulièrement les « Journées : Algèbre, Théorie des Nombres et Applications » (JATNA). Cette manifestation scientifique est devenue, elle aussi, une étape importante, notamment pour les jeunes chercheurs et les doctorants. Plusieurs éditions de ces journées ont déjà été organisées, au cours des années 2012, 2015, 2017, 2018, 2019 et 2022. Elles ont constitué des occasions d’échange d’idées, de présentation de résultats de recherche et d’ouverture sur des chercheurs internationaux, permettant aux étudiants et aux jeunes chercheurs d’entrer directement en contact avec des expériences scientifiques diverses.
L’importance de ces journées scientifiques réside dans le fait qu’elles ne se limitent pas à la présentation de conférences spécialisées. Elles ouvrent également la voie à la formation d’une nouvelle génération de chercheurs et lui offrent l’occasion de s’inscrire dans les traditions d’une recherche scientifique rigoureuse : discussion, questionnement, critique et construction collective du savoir. En effet, la recherche en mathématiques, malgré sa précision et son niveau d’abstraction, ne se développe pas dans l’isolement ; elle progresse au sein de communautés scientifiques vivantes, fondées sur le dialogue, la formation et la continuité.
Dans le même contexte, l’équipe a pu organiser deux écoles scientifiques en partenariat avec le Centre International de Mathématiques Pures et Appliquées (CIMPA), en 2009 et en 2015. Les écoles CIMPA constituent une formule importante de formation avancée, fondée sur des cours intensifs encadrés par des spécialistes internationaux. Elles s’adressent généralement aux doctorants et aux jeunes chercheurs, dans le but de leur fournir des outils théoriques et méthodologiques avancés dans des domaines de recherche spécialisés. L’équipe a également organisé d’importantes journées de formation autour du logiciel PARI/GP, encadrées par des spécialistes internationaux, notamment de France et du Japon.
Ces écoles ont contribué au renforcement de la formation des jeunes chercheurs, à leur mise en relation avec des réseaux scientifiques internationaux et à l’ouverture de nouvelles perspectives dans des thématiques avancées d’algèbre, de théorie des nombres et de leurs applications. Elles ont également consolidé une idée fondamentale : l’université ne se contente pas de produire du savoir dans ses murs ; elle cherche aussi à construire des passerelles scientifiques avec le monde et à faire de la formation avancée une composante essentielle de sa mission académique.
La contribution de cette équipe ne se limite pas aux grandes manifestations scientifiques. Elle comprend également de nombreuses rencontres, conférences et autres activités scientifiques qu’il serait difficile d’énumérer dans un article bref. Le point commun de ces activités a toujours été le service de la recherche scientifique en algèbre et en théorie des nombres, dans leurs différentes branches, tout en s’ouvrant à leurs applications modernes, en particulier en cryptographie et en théorie des codes. Ces deux domaines acquièrent aujourd’hui une importance croissante à l’ère de la transformation numérique et de la sécurité des données. L’intérêt de l’équipe s’est également étendu à l’histoire des mathématiques et à la didactique des mathématiques, ce qui traduit une conscience du fait que le savoir mathématique n’est pas seulement constitué de théories et de résultats, mais qu’il est aussi histoire, culture, éducation et manières de penser et de former.
Si ce parcours scientifique a atteint aujourd’hui un niveau de maturité et de rayonnement, le mérite de sa fondation revient à une génération d’enseignants qui en ont posé les premières pierres. Parmi eux figurent notamment Abdelmalek Azizi, Moulay Chrif Ismaili, Mohammed Ayadi et M’hamed Ziane. Chacun, à partir de sa position, a contribué à construire cette tradition scientifique au sein de la Faculté des Sciences d’Oujda et à consolider la recherche en algèbre, en théorie des nombres et dans leurs applications. Il est hautement symbolique que ces professeurs, aujourd’hui admis à la retraite, soient honorés en reconnaissance de leur apport et en hommage à ce qu’ils ont donné à l’université, à la recherche scientifique et à la formation des générations.
Honorer les professeurs fondateurs n’est pas seulement un moment de célébration. C’est aussi une expression de fidélité scientifique à la mémoire de l’institution et une reconnaissance du fait que la recherche ne naît pas du néant, mais que chaque génération construit sur les acquis de celles qui l’ont précédée. C’est également un message adressé aux générations suivantes quant à la nécessité de poursuivre ce parcours, de préserver la régularité de ces manifestations scientifiques et de les développer en harmonie avec les transformations rapides que connaissent les mathématiques et leurs applications dans le monde.
Aujourd’hui, alors que la Faculté des Sciences d’Oujda et son équipe de recherche s’apprêtent à organiser la cinquième édition de cette conférence internationale, l’enjeu ne se limite pas à la réussite d’une manifestation scientifique isolée. Il s’agit de consolider une tradition académique solide, de renforcer le rayonnement de l’Université Mohammed Premier et de mettre en évidence la capacité des institutions universitaires marocaines à contribuer à la production du savoir, à accueillir des chercheurs, à former les jeunes et à relier la recherche scientifique aux questions de notre temps.
De telles initiatives scientifiques sérieuses nécessitent un soutien continu de la part des différentes parties concernées : l’université, les institutions de recherche, les autorités territoriales, les acteurs économiques et culturels, ainsi que les médias. La science ne prospère que lorsqu’elle devient une affaire de société, et lorsque les institutions prennent conscience que l’investissement dans la recherche scientifique est un investissement dans l’avenir du pays, dans son rang et dans sa capacité à accompagner les grandes transformations.
À travers ce long parcours, notre équipe de recherche à la Faculté des Sciences d’Oujda a démontré que le travail scientifique, patient et persévérant, peut produire un véritable rayonnement, et que la ville d’Oujda est capable d’être un espace de recherche, de dialogue, de formation et d’ouverture internationale. L’espoir demeure que cet héritage se poursuive, que la nouvelle génération en préserve l’esprit, et qu’il bénéficie du soutien qu’il mérite, au service de l’université marocaine, de la recherche scientifique et d’un pays que nous souhaitons toujours plus prospère et plus élevé.
Mohammed Talbi
LACSA, Faculté des Sciences, Oujda, Maroc
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