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LA SECHERESSE DES MUQUEUSES TOUCHE 25 % DES PLUS DE 60 ANS

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Larmes, salive, morve, glaires… sont des lubrifiants naturels jouant un grand rôle dans notre corps. Sans eux, nous ne sommes plus correctement protégés contre les infections. Cette pathologie à un nom : le syndrome sec.

La sécheresse des muqueuses et de la peau, appelée syndrome sec, se définit par une diminution des sécrétions de certaines glandes, surtout buccales et lacrymales, mais touchant aussi d’autres organes tels que la peau, les bronches, le nez, ou le vagin. Elle se traduit par un ensemble de manifestations : bouche sèche, soif accrue, sensation de sable dans les yeux, rougeur conjonctivale, irritation nasale et bronchique, toux sèche persistante… Ce phénomène n’est jamais anodin, car ces sécrétions jouent le rôle de première barrière de défense contre les bactéries :  leur défaut va laisser la porte ouverte à toutes sortes de pathologies (inflammations oculaires, caries, aphtes, mycoses, infections digestives…) qui altèrent la qualité de vie du patient»,

Ces troubles, minorés au Maroc, sont pourtant largement répandus. Leur fréquence augmente en raison des conditions qui les favorisent : climatisation, atmosphère non humidifiée, pollution, sans oublier le travail sur ordinateur. Le vieillissement physiologique fait aussi qu’un quart des personnes de plus de 60 ans en est atteint.

Devant une sécheresse persistante, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin, et, notamment, dans les cas les plus graves,  un spécialiste en médecine interne (dont les maladies auto-immunes sont au cœur de ses compétences).

 Les Traitements

Le traitement oculaire repose sur l’emploi de larmes artificielles. À ce sujet, des études ont démontré que plus de la moitié des personnes concernées n’observent pas les bonnes précautions d’emploi.

Lorsqu’on utilise un collyre, il faut veiller à se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon préalablement, bien agiter le flacon avant l’application, tirer la paupière inférieure et instiller les gouttes dans le cul-de-sac conjonctival en relevant la tête pour regarder vers le haut et de préférence en position allongée. Ne surtout pas toucher l’œil ou la paupière avec l’embout du flacon afin d’éviter toute contamination.

 Il faut ensuite fermer les paupières près d’une minute, afin d’améliorer l’absorption du produit et enfin ne jamais prêter son collyre (risque de contamination). On veillera par ailleurs à prévenir les facteurs d’irritation (exemple : positions du corps devant un écran, exercices oculaires et pauses pour le travail sur ordinateur).

Devant un ordinateur, la cadence du clignement de l’œil tombe en effet rapidement   (à 3 à 4 fois par minute contre 15 en moyenne normalement), ce qui fragilise le film lacrymal»

Pour la sécheresse buccale, on utilise des salives artificielles, des médicaments augmentant la sécrétion salivaire. À noter que la salive (composée d’eau à 99%, de protéines et de minéraux) assure différentes fonctions de lubrification, d’aide à la mastication, à la déglutition, à l’élocution et au nettoyage des tissus buccaux. Elle initie également le processus de digestion des aliments, protège contre les infections, la carie et participe à la reminéralisation des dents. Sont préconisés également le masticage appuyé des aliments, la prise de boissons répétée et en petite quantité, le brossage régulier des dents, ou encore des contrôles dentaires…

Les Causes

L’origine du syndrome sec s’explique par  la vieillesse, la prise de médicaments (plus de 400 provoquent des sécheresses), ainsi que par certaines maladies, dont le syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS) qui est l’une des plus sérieuses.

Le SGS fait partie des pathologies auto-immunes où le système immunitaire, chargé normalement de nous défendre des infections, s’attaque à notre organisme. Outre les symptômes du syndrome sec, le malade présente généralement d’autres manifestations, parfois potentiellement graves, comme une fatigue intense, des atteintes articulaires, musculaires, neurologiques, pulmonaires, rénales…

Le diagnostic du SGS n’est pas toujours aisé, et il peut en outre s’associer à d’autres troubles auto-immuns : polyarthrite rhumatoïde, lupus, maladie cœliaque, affections de la thyroïde, du foie, du sang… Le Gougerot-Sjögren touche entre 0,2 et 0,4% de la population, soit près de 100.000 personnes au Maroc, dont 9 sur 10 sont des femmes. De plus, il augmente les risques de survenue de cancers de quarante fois et l’éventualité d’une altération du cœur du fœtus en cas de grossesse»,

Le Gougerot-Sjögren n’est pas curable, mais fait l’objet de traitements de fond anti-inflammatoires et/ou immunodépresseur pour amoindrir ou enrayer les conséquences de ses attaques. Des espoirs cependant se font jour avec l’essai de nouvelles molécules issues des biotechnologies, les biothérapies. 

Dr MOUSSAYER KHADIJA  الدكتورة خديجة موسيار

اختصاصية في الطب الباطني و أمراض  الشيخوخة

Spécialiste en médecine interne et en Gériatrie

Présidente de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS)

رئيسة الجمعية المغربية لأمراض المناعة الذاتية و والجهازية

Chairwoman of the Moroccan Autoimmune and Systemic Diseases Association

Vice-présidente de l’association marocaine des intolérants et allergiques au gluten (AMIAG)

Secrétaire générale de l’association des médecins internistes du grand Casablanca (AMICA).

Vice-présidente de l’association marocaine de la fièvre méditerranéenne familiale (AMFMF)

 

Articles de l’auteur sur le Syndrome sec et les maladies auto-immunes

Moussayer K .- Syndrome sec et Gougerot-Sjögren : Entre un mal frequent et une maladie au coeur de l’auto-immunité (Doctinews)

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/560-syndrome-sec-et-gougerot-sj%C3%B6gren

 

Moussayer K .- Maladies auto-immunes : Quand le corps s’attaque à lui-même (Doctinews)

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/551-maladies-auto-immunes

Moussayer K .- Biothérapies : La révolution des traitements ciblés issus du vivant (Doctinews)

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/2461-bioth%C3%A9rapies

Moussayer K .- La barrière intestinale et ses pathologies :  Du microbiote au leaky gut syndrome (Doctinews)

http://www.doctinews.com/index.php/dossier/item/3445-la-barri%C3%A8re-intestinale-et-ses-pathologies

Moussayer K .- Le lupus :  encore des zones d’ombre (Doctinews)

 

http://www.doctinews.com/index.php/actualites-generale/item/2585-lupus

 
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