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Le statu quo met le gouvernement El Mansouri à rude épreuve

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Yahya TORBI


Quand un candidat aux élections ou un responsable politique veulent amadouer un électorat, calmer les esprits, ou manipuler un groupe de personnes et l montrer aux autres ce dont il sont capables, ils leur parlent d’argent, de promotion, du développement, de prospérité économique, d’augmentation des salaires…, et c’est ce qu’ont fait en quelque sorte la première ministre F. Ezzahra El Mansouri et le ministre des Finances, F. Lekjâa lors de la campagne électorale et la présentation du programme gouvernemental et le projet de loi des finances 2027 au parlement.
Pour préserver le pouvoir d’achat des Marocains et améliorer leur quotidien et niveau de vie, le gouvernement fait des promesses qui, converties en actes, contribueront à faciliter l’existence des plus démunis, et parmi lesquelles, on trouve l’exonération des contribuables dont les salaires mensuels sont inférieurs à 10.000 DH.
Apparemment, la mission du gouvernement démarre bien, sauf que ce ne sont pas les 300, 400 ou 500 DH qu’on compte injecter, sur cinq ans, dans les maigres budgets des fonctionnaires, ou pour consolider l’aide sociale aux familles s’enfonçant dans la précarité qui vont faire le bonheur des Marocains des classes pauvres et défavorisés.
C’est bien d’annuler les impôts sur les petits revenus, mais, ce serait beaucoup mieux si on augmentait ces salaires de moitié, ou, à la rigueur, de 30 ou 40%, surtout au sein des fonctionnaires qui travaillent plus mais qui gagnent moins, et ce, dans le cadre de l’égalitarisme salarial et de l’égalité des chances.
Et puisque ce n’est que l’argent qui rend les citoyens heureux, après les libertés et la santé, et qui assure leur dignité humaine, il va falloir, d’abord, le trouver, en vue de financer, d’ailleurs, ce projet social ambitieux. Donc, pour que l’État social, auquel aspirent et le roi, et le peuple et le gouvernement, puisse voir le jour, il faut que le gouvernement dispose d’un budget colossal, et pour trouver cet argent, il suffit que l’Etat, avant d’avoir recours aux emprunts étrangers, aille le chercher dans les poches des riches fraudeurs, qui ont amassé, d’une manière légale et illégale, des fortunes considérables, tant et si bien qu’il faut les taxer lourdement; sachant que le peuple marocain insiste pour que l’argent public, qui a été détourné, ou subtilisé, ou dilapidé, ou blanchi par des élus et responsables malhonnêtes lors des gouvernements qui se sont succédé, soit recouvré et partagé à parts égales entre les citoyens, il y en a trop à récuper, il suffit d’approfondir les enquêtes et d’aller jusqu’au bout; sans quoi, toute tentative de réforme sera insatisfaisante.
Si Mme El Mansouri a été désignée cheffe du gouvernement, c’est pour réussir là où ses prédécesseurs ont échoué, sachant qu’elle est aussi bien, voire mieux placée pour rendre la situation meilleure.
C’est pourquoi elle est appelée à mettre en oeuvre tous les moyens et toutes les prérogatives que lui attribue la constitution pour lutter contre la corruption qui gangrène notre société.
Yahya TORBI

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