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Les Pathologies infectieuses, auto-immunes, thyroÏdiennes et hématologiques à l’honneur du 6ème congrès de biologie médicale

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DOSSIER THEMATIQUE réalisé par le Dr Khadija Moussayer, présidente de l’Association Marocaine des Maladies auto-immunes (AMMAIS) et le Dr Hicham Ouazzani, président de l’Association Marocaine de Biologie Médicale (AMBM)

SOMMAIRE

Communiqué de presse

Biologie moléculaire et révolution des techniques en biologie médicale : la PCR (polymerase chain reaction)

Les maladies auto-immunes : de grands progrès dans leur détection grâce aux techniques de recherche des auto-anticorps

La glande thyroïde : un petit  volume mais un grand rôle

L’hyperlymphocytose

L’association Marocaine de Biologie Médicale AMBM :

Sixième congrès de Biologie Praticienne- Communiqué de presse

Le défi de la formation professionnelle face aux bouleversements des techniques et le lancement de la première structure associative africaine de biologie médicale à l’honneur du congrès de L’Association Marocaine de Biologie Médicale (AMBM).

 L’Association Marocaine de Biologie Médicale (AMBM) organise du 07 au 09 Avril 2016 son sixième congrès de biologie praticienne au palais des congrès à Marrakech et célèbre  le douzième anniversaire de sa création.

La biologie occupe actuellement  un rôle central dans la prise en charge des maladies,  tel que  les deux tiers des diagnostics se font ou sont validés  par des analyses de biologie médicale. Ce chiffre ne  cesse d’ailleurs  d’augmenter chaque année grâce aux innovations technologiques que connait  cette discipline.

 La formation professionnelle continue est justement une condition indispensable pour rester en phase avec ces nouvelles évolutions techniques et ces  dernières avancées, assurant ainsi aux patients  une meilleure prise en charge thérapeutique.  C’est tout le défi que se  lancent les journées scientifiques de l’association à s’inscrire dans cette logique de perfectionnement et de remise en cause perpétuelle des connaissances.

Ces innovations ont été particulièrement mises au service des maladies infectieuses  bactériennes et virales, un des grands thèmes de cette rencontre.  A  juste titre,  la vulgarisation des nouvelles techniques de biologie moléculaire, et notamment d’amplification des germes par la technique dite de  Réaction en Chaine par Polymérase (PCR),  a révolutionné leur diagnostic. Ces nouvelles méthodes présentent l’avantage d’un diagnostic très sensible et d’une réponse rapide au clinicien sur la question de la présence ou de l’absence du germe suspecté. Elles détrônent  actuellement les habitudes traditionnelles du diagnostic microbiologique par les méthodes conventionnelles: (examens au microscope, culture bactérienne…). Ces procédés performants demeurent toutefois assez coûteux  et limités à la recherche du seul pathogène pressenti. Elles posent parfois aussi une réelle difficulté d’interprétation clinique du résultat. C’est là d’ailleurs tout l’intérêt du dialogue clinico-biologique promu lors de cette manifestation. Il est, par ailleurs, important de préciser que ces techniques d’amplification sont également à la base de cette nouvelle médecine personnalisée qui a profondément changé ces dernières années la prise en charge thérapeutique de pathologies graves comme le cancer.

Seront  également débattues trois autres thématiques qui se trouvent au cœur des préoccupations professionnelles actuelles : les maladies du sang de l’enfant et de l’adulte, les maladies auto-immunes et  les pathologies de la thyroïde.  Leurs aspects tant cliniques que biologiques seront passés en revue afin d’améliorer toujours plus la bonne compréhension réciproque des exigences et des contraintes des praticiens du diagnostic comme des biologistes.

Ces journées vont également inaugurer une nouvelle dynamique de coopération entre les biologistes médicaux de notre continent. L’Afrique y sera en effet à l’honneur avec la mise en place de la première structure associative africaine de biologie médicale, à la suite d’une grande table ronde sur « les enjeux médico-économiques de la biologie médicale en Afrique ».

Ce congrès offrira enfin  l’opportunité de réunir toutes les instances de la profession  (Conseils de l’ordre, Syndicats, Collège Marocain de Biologie et de Qualité….) afin de faire le  bilan sur différents problèmes d’actualités dans le  secteur libéral comme la  nouvelle réforme de l’exercice de la biologie médicale, la nomenclature actualisée ou encore  la convention nationale avec les caisses de gestion de l’assurance maladie obligatoire (AMO).

Biologie moléculaire et révolution des techniques en biologie médicale : la PCR (polymerase chain reaction)

La biologie moléculaire est une discipline scientifique dont l’objet est la compréhension des mécanismes de fonctionnement de la cellule au niveau moléculaire.

Depuis la fin des années 1950, les biologistes ont appris à caractériser, isoler et manipuler les composants moléculaires de  nos cellules et notamment l’ADN (le support de notre patrimoine génétique), l’ARN, proche de l’ADN, et les protéines des cellules.

Le développement des techniques de biologie moléculaire à partir des années 1990 a permis d’introduire une nouvelle approche scientifique au sein des laboratoires d’analyse biologique. La technique de la polymerase chain reaction (PCR) en particulier est probablement l’une des découvertes scientifiques les plus importantes des dernières décennies.

Son principe consiste à copier un fragment de matériel génétique (ADN ou ARN) en plusieurs millions d’exemplaires. On peut ainsi produire en moins de trois heures 100 millions de copie ! Grace à cette technique couramment utilisée maintenant, il a été possible d’entreprendre le décodage du génome humain et d’étendre ses applications dans de nombreux domaines allant de l’identification de momies égyptiennes à celle d’un criminel à partir d’un seul fragment organique, même microscopique.

La PCR sert aussi à diagnostiquer certaines maladies, notamment infectieuses. L’identification traditionnelle des bactéries, isolées à partir de prélèvements biologiques, était basée uniquement sur des critères morphologiques et biochimiques. Directement effectués sur un échantillon clinique, les tests de biologie moléculaire permettent maintenant d’obtenir des résultats en quelques heures à partir de quelques fragments d’ADN bactérien ou viral dont on va pouvoir amplifier la séquence génétique spécifique à cet agent infectieux.

Outre la détection des pathogènes (bactéries, virus et levures), cette méthode permet également d’identifier des mécanismes de résistance aux antibiotiques, de mesurer la quantité d’un virus présent dans le sang, comme par exemple le VIH responsable du SIDA,  d’orienter et de personnaliser le traitement thérapeutique, en particulier dans la prise en charge des cancers, de contrôler l’efficacité d’un traitement, de déterminer la réaction des cellules humaines à une maladie ou à une infection.

Dans les années à venir, le développement des techniques de séquençage des génomes entiers va ouvrir des possibilités considérables en ce qui concerne l’identification des bactéries, leur épidémiologie, l’étude de leur sensibilité aux molécules antibiotiques et la caractérisation de leurs facteurs de virulence.

Les maladies auto-immunes

De grands progrès dans leur détection grâce aux techniques de recherche des auto-anticorps

Une maladie auto-immune est une pathologie provoquée par un dysfonctionnement du système immunitaire : des cellules spécialisées et des substances, les anticorps, sont sensées normalement protéger nos organes, tissus et cellules des agressions extérieures provenant de différents virus, bactéries, champignons…  Pour des raisons encore non complètement élucidés, ces éléments se trompent d’ennemi et se mettent à attaquer nos propres organes et cellules. Ces anticorps devenus nos ennemis s’appellent alors « auto-anticorps ».

Parmi les maladies auto-immunes, on peut citer des maladies connues : la maladie de Basedow (hyperthyroïdie), la thyroïdite chronique de Hashimoto (hypothyroïdie), le lupus érythémateux disséminé (LED), la myasthénie, la Sclérose en plaques (SEP),  le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie cœliaque (intolérance au gluten), la maladie de Crohn…

Et des maladies plus rares et peu connues : le syndrome de Goodpasture, le pemphigus, l’anémie hémolytique auto-immune, le purpura thrombocytopénique auto-immun, la polymyosite et dermatomyosite, la sclérodermie, l’anémie de Biermer, la maladie de Gougerot-Sjögren, la glomérulonéphrite…

Ces pathologies constituent un grave problème de santé publique du fait de leur poids économique et humain : 3ème cause de morbidité  dans le monde après les maladies cardiovasculaires et les cancers, elles touchent en effet environ 10 % de la population mondiale et occupent le troisième poste du budget de la santé dans les pays développés. Enfin, dernier point mais pas le moindre,  ces maladies concernent les femmes dans plus de 75 % des cas

Un très large éventail de symptômes sont associés à ces pathologies. Certains sont mineurs (amaigrissement, éruption cutanée…) tandis que d’autres sont plus graves et invalidants (douleurs, gonflement des articulations, paralysie d’un membre) et mettent même en jeu le pronostic vital (insuffisance rénale, atteintes cardiaques, pulmonaires…).

Ces pathologies sont de plus peu perceptibles au début, rendant difficile le diagnostic. Une étude (effectuée par l’AARDA, l’association américaine des maladies auto-immunes)  a révélé qu’un patient voit aux USA en moyenne six médecins sur 4 ans avant que ne soit identifié son mal.

Pour confirmer le diagnostic, un outil est devenu indispensable : la recherche des auto-anticorps, ces molécules fabriquées par notre propre organisme et qui l’attaquent. Cet examen, maintenant bien éprouvé au Maroc, n’est pourtant pas encore assez répandu.

La glande thyroïde : un petit  volume mais  un grand rôle

Le poids normal  de la  glande thyroïde  ne dépasse  guère les 30 grammes, pourtant sa fonction est primordiale. Elle agit principalement sur le cerveau, le cœur, le tube digestif, la peau et les muscles et régule  toutes nos fonctions énergétiques. La thyroïde produit des hormones  dont le taux est régulé par la  TSH (thyroid- stimulating hormone) sécrétée par l’hypophyse.

Les dysfonctionnements thyroïdiens : une pathologie de la femme

Les troubles thyroïdiens atteignent l’aspect de la glande ou dérèglent sa fonction. L’hypothyroïdie, caractérisée  par un manque d’hormones thyroïdiennes,  touche  jusqu’à 2% de la population, en majorité  des femmes, souvent dans un contexte  familial et surtout après 50 ans. Une chute des cheveux, une sécheresse et un écaillement de la peau,  une fatigue avec  de la lenteur et une intolérance au froid sont  parmi les symptômes les plus communément associés à cette affection.

Les causes de l’hypothyroïdie sont nombreuses et  la forme la plus courante est la thyroïdite de Hashimoto, une affection auto-immune où l’organisme produit des anticorps qui détruisent le tissu thyroïdien. L’hypothyroïdie peut être induite par certains médicaments  (amiodarone, lithium) et évidemment par l’ablation chirurgicale de la thyroïde. Elle peut aussi être congénitale en concernant 1 sur 5000 naissances et devant être dépistée à la naissance  afin d’éviter des répercussions irréversibles sur le cerveau du bébé.

L’hyperthyroïdie  touche jusqu’à 1% de la population et 10 fois plus de femmes que d’hommes. Des  palpitations, de la nervosité, une perte de poids, une sensation de chaleur excessive avec  une transpiration accrue, une exophtalmie en sont les signes les plus révélateurs. 80% des hyperthyroïdies sont d’origine auto-immune en rapport avec la maladie de Basedow. Cette affection survient lorsque le système immunitaire produit des anticorps qui stimulent trop la glande thyroïde

 Tous ces dérèglements thyroïdiens interviennent le plus souvent  chez les femmes à un  moment charnière de leur activité génitale.  La grossesse,  la période qui suit  l’accouchement et  la ménopause sont des périodes à risque thyroïdien.

L’iode : un oligoélément vital à  la thyroïde

 L’iode est indispensable à la thyroïde pour produire ses hormones. Les besoins journaliers en iode augmentent au cours de la grossesse et l‘allaitement. Les algues  et la morue fraiche en contiennent une quantité importante.  Les œufs, les crustacées, les haricots verts en contiennent aussi mais en  beaucoup moindre quantité.

 Dans tous les pays de culture occidentale, le lait et les produits laitiers transformés constituent la première source alimentaire en iode du fait de la généralisation des aliments minéraux et vitaminés dans l’élevage. Dans ces pays, l’iode apporté par le sel iodé domestique ne contribue  que de façon très marginale à la couverture des besoins en iode.

L’excès en iode n’est cependant pas souhaitable car il peut également perturber la glande.

Les problèmes thyroïdiens auMaroc : de grandes avancées mais encore beaucoup à faire

Le Maroc est situé dans une zone de carence iodée modérée. Une enquête* réalisée en 1993 a révélé que 63% des enfants âgés de 6 à 12 ans avaient un déficit en iode  et 22% avaient un goitre. Depuis, un programme d’iodation du sel  alimentaire  a été mis en place et des textes réglementaires rendant obligatoires l’iodation du sel ont été adoptés en 1995 et révisés en 2004. La vente du sel non iodé est officiellement interdite par la législation marocaine.

Néanmoins, après 10 ans d’instauration de la politique de la consommation du sel iodé, une étude ponctuelle menée en 2003  sur 326 enfants a révélé que seul 6%  avait  un  statut iodé satisfaisant**.

En outre, l’hypothyroïdie congénitale n’est pas dépistée systématiquement, elle est la  principale  cause de retard mental évitable dans le monde. Sa prévalence au Maroc serait 20 fois plus élevée qu’en Europe. Depuis 1996, Il y a eu plusieurs programmes pilotes et essais de dépistage, mais malheureusement pas encore de dépistage systématique obligatoire. De même, la sensibilisation des médecins sur ce problème est insuffisante.

De nouvelles techniques innovantes ne sont pas encore disponibles au Maroc, comme celle utilisant un robot  piloté par le chirurgien et permettant un accès à la thyroïde ne laissant qu’une cicatrice invisible, sous le bras du patient  ou celle encore de l’emploi d’un système de monitoring des nerfs des cordes vocales pendant l’intervention qui  permet de limiter les conséquences de l’opération sur la voix des patients.

Références :

*Chaouki N, Otmani S,Saad A, étude de prévalence des troubles dus à la carence en iode chez les enfants de 6 à 12 ans. Bul. Epidém. Maroc. 1996,17 : 2-19.

**Bousliman Y et al, Médecine du Maghreb, septembre 2011, N°189

L’hyperlymphocytose chez l’enfant

L’hématologie occupe une place majeure dans la biologie médicale. Elle constitue d’ailleurs  l’un des 4 thèmes principaux traités à l’occasion du congrès de 2016. Parmi les sujets évoqués, on retiendra celui de l’hyperlymphocytose en pédiatrie.

L’hyperlymphocytose est l’augmentation dans le sang de certains globules blancs,  les lymphocytes, constatée lors de la numération formule sanguine (NFS). Leur taux devient supérieur à 4 500 à 5000 lymphocytes par mm3 chez  le sujet adulte.

Chez le nouveau-né et le jeune enfant, une lymphocytose jusqu’à 8 000 lymphocytes par mm³ est physiologique, la formule leucocytaire se rapprochant des valeurs de l’adulte avec l’âge, pour en devenir identique à partir de l’adolescence.

Alors que chez l’adulte une hyperlymphocytose peut signifier un cancer quand elle est chronique, une hyperlymphocytose chez l’enfant est dans la plupart des cas de  nature réactionnelle à une infection. La plupart de ces pathologies sont d’ailleurs des maladies courantes de l’enfance.

 L’Hyperlymphocytose avec des lymphocytes de morphologie normale peut ainsi être le signe de maladies comme la coqueluche, la maladie de Carl-Smith (lymphocytose aiguë infectieuse), les adénoviroses et autres viroses non spécifiques, la maladie sérique.

Beaucoup plus rarement, il peut s’agir de : syphilis, brucellose, tuberculose, rickettsioses, endocardite bactérienne.

Dans les cas d’une hyperlymphocytose avec des lymphocytes de forme atypique,  il s’agit le plus souvent de pathologies comme la mononucléose infectieuse, la rubéole, la toxoplasmose, les oreillons, la rougeole, la varicelle et beaucoup plus rarement  du VIH, d’hépatites virales ou d’herpès.

L’association Marocaine de Biologie Médicale AMBM

L’association Marocaine de Biologie Médicale (AMBM) a été créée en Avril 2004 par un groupe de biologistes marocains du secteur privé.

L’AMBM était initialement une association destinée aux biologistes du secteur privé. L’association a modifié ses statuts en 2006 pour permettre également l’adhésion des biologistes du secteur public.

Son but est de promouvoir la profession et d’assurer la formation continue des biologistes,

Plus précisément, l’association s’occupe spécifiquement de la gestion, de la programmation et de l’organisation de congrès, d’ateliers pratiques et de rencontres clinico-biologiques, dans le but d’assurer aux biologistes marocains un accès permanent aux informations sur les derniers développements en matière de diagnostic biologique. Ces formations souvent ouvertes à d’autres spécialistes constituent aussi une précieuse aide aux cliniciens pour qu’ils puissent poser un meilleur diagnostic et assurer un suivi thérapeutique efficace…

Au-delà de la formation médicale continue, l’AMBM a défini aussi comme priorité d’œuvrer pour l’amélioration de la qualité dans les laboratoires d’analyses privés. Parmi les nombreuses actions, on peut citer : l’instauration d’un diplôme d’université en assurance qualité en biologie médicale en partenariat avec la faculté de pharmacie Paris V, ,  l’organisation de séminaires et de tables rondes sur le problème des déchets de laboratoire et des risques qu’ils comportent, la signature de conventions avec des sociétés spécialisées dans la destruction des déchets médicaux, pour le ramassage des déchets de laboratoire à un prix bien étudié.

L’AMBM a établi enfin de nombreuses relations d’échanges scientifiques avec des associations, des sociétés savantes ainsi que des organismes nationaux et internationaux oeuvrant dans le même domaine qu’elle.

Son dernier projet, et pas le moindre, est de mettre sur pied une association africaine des biologistes médicaux à l’occasion de ce 6ème congrès.

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