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Les trois grands maux du système éducatif et scolaire : B- La dilapidation du temps scolaire

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Les trois  grands maux du système éducatif et scolaire

                              B- La dilapidation du temps scolaire

Zaid Tayeb

B-    Le second mal qui gangrène le système éducatif et scolaire de notre pays est l’absence de toute initiative visant à sécurise le temps scolaire. En effet, depuis bien longtemps, rien n’a été entrepris pour sécuriser le temps scolaire si indispensable à un apprentissage normal. Deux coupables sont incriminés pour leur contribution conjointe à la dilapidation du temps scolaire et du temps d’apprentissage : l’administration de l’école et les professeurs.

1-L’administration de l’école est responsable de manière directe et consciente des rentrées scolaires tardives avec les remises tardives des tableaux de service aux professeurs et de leurs manipulations répétées tout au long des premiers mois. Ces changements ruinent le démarrage de l’année scolaire. De plus, elle est également responsable de son inaction et de son indifférence face aux départs précoces des élèves bien avant la fin de l’année scolaire. En effet, aucune mesure n’est prise pour retenir les élèves jusqu’à la fin effective de l’année scolaire à l’exception de quelques tentatives très limitées ou très timides de quelques chefs d’établissement dits entreprenants. Mais de là à prendre les mesures qui s’imposent pour convaincre ou intimider les élèves de la nécessité de finir l’année dans le respect des directives ministérielles ! Hélas ! La fin de l’année scolaire est soumise dans nos écoles à la fantaisie des élèves et à l’indifférence et l’inaction de l’administration qui laisse faire avec l’air le plus naturel, comme si le départ prématuré des élèves était une fatalité à laquelle il est vain de faire face ou de réagir. Pire, certains chefs d’établissement peu soucieux de l’intérêt de la gestion du temps scolaire vont jusqu’à se targuer en donnant l’exemple d’autres écoles où les élèves seraient partis bien avant ceux de leur école comme s’ils avaient accompli une prouesse digne d’être donnée en exemple. D’un autre côté, les élèves ont pris la mauvaise habitude de partir quelques jours avant chaque vacance intermédiaires ou de fin de semestre sans qu’ils soient inquiétés par l’administration de l’école qui ne les sanctionne même pas une fois revenus les vacances finies.

Nous assistons également à des intercours interminables dus surtout à la mobilité des élèves qui doivent changer de salles de cours faute de salles fixes, et à des récréations qui perdurent. En effet, dans beaucoup d’écoles, l’administration permet à ses élèves de passer leurs récréations hors des murs de l’école avec tout ce que cela implique de risques pour les élèves et de perte de temps scolaire.

2- Les professeurs, à des degrés moindres que l’administration de l’école, sont, eux aussi, responsables du gaspillage du temps scolaire. En effet, beaucoup d’entre eux trainent le pas en allant rejoindre leurs salles de classe, d’autres abandonnent leurs élèves pour sortir sur le pallier  griller une cigarette ou envoyer ou recevoir un appel téléphonique. Les noms d’autres professeurs sont souvent affichés sur le tableau mural des absences. Si l’administration de l’école dilapide le temps scolaire à grande échelle puisqu’il s’agit de quelques jours pendant les vacances intermédiaires et les vacances semestrielles,  de  quelques semaines au début de l’année scolaire et d’un mois et plus à la fin, à savoir que les élèves quittent les bancs de l’école à partir de la première semaine du mois de mai et que les examens ont lieu un mois plus tard, les professeurs dont nous avons dressé le portrait plus haut grignotent les minutes  et les heures ,  érodent le temps scolaire lentement, jour pour jour, semaine pour semaine, mois pour mois. Les minutes et les heures feront des journées et des semaines et des mois, hélas !  Chacun de l’administration et des professeurs, à sa manière, contribue en gros ou en détail au gaspillage du temps scolaire.

En conclusion, le temps scolaire imparti à l’élève n’est pas du tout sécurisé au profit de l’élève et de celui de son apprentissage. On ne parlera pas dans le cas de l’école publique marocaine de l’absence de sécurisation du temps scolaire mais de son gaspillage, de sa dilapidation, si j’ose dire. Cela a des répercussions très négatives sur l’apprentissage qui se fait hors du respect de l’assiette horaire qui est lui est dû et par conséquent sur le niveau scolaire des élèves qui baisse avec la baisse du temps scolaire.

à suivre…

 
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3 Comments

  1. Nour
    16/07/2013 at 06:19

    « Les noms d’autres professeurs sont souvent affichés sur le tableau mural des absences. » Je pense que ces absences sont un droit. On ne peux priver les profs de leurs droits pour répondre au besoins des apprenants. La solution pour ce cas est ailleurs. En effet, le Ministère de l’Éducation doit créer un système de suppléance. Tout prof. doit être remplacé par un suppléant.

  2. objectif
    26/05/2014 at 12:11

    l’enseignement au Maroc recule depuis que les politiques ne font pas la différence entre nationalisme et intérêt du pays.
    le nationalisme de l’istiqlal a conduit à malheureusement l’arabisation des matières scientifiques.(à l’epoque de El Iraqui ministe de l’enseignement)
    Or , pour évoluer , les programmes doivent chercher des documents qui évoluent avec le temps. Ces documents sont faits à partir des résultats des recherches scientifiques qui évoluent sans cesse. Or aucun pays à la pointe du progrès ne publie ces recherches en Arabe….
    actuellement on enseigne la science d’il y a 30 ans , faute de documents.

    Si on forme des générations en Arabe , c est obliger les marocains à se renfermer sur eux même. c est à l’encontre des discours qui disent que la géographie du Maroc est stratégique et que nous pouvons être le lien entre l’Europe et l’Afrique .?
    Pouvons nous être ce lien avec l’Arabe et tamazight ? soyons sérieux , mettons nous au français et l’anglais, c est ce qui pourra sauver la Maroc.
    A mon avis tous les marocains doivent savoir l’arabe , le francais , l’anglais et l’espagnol .

  3. soumaya
    28/11/2014 at 21:36

    La catastrophe du maroc depasse l’enseignement ou la langue d’enseignement et même les méthodes ou les moyens . Certes, la langue est problèmatique, les moyens sont problématiques, le système est problématique. Mais ce sont des problèmes qui peuvent se régler si on y met un peu de volonté. Le probleme de notre pays est ailleurs. Le problème est social. Nous avons un peuple sans identité linguistique. L’arabe qui était fédérateur, on s’en est servi pour arabiser et faire du français ( réservé à l’elite), la voie vers la réussite. Résultats: une jeunesse déboussolée, ne maîtrisant ni l’arabe, ni le français, parlant une darija abjecte, remodelée avec des mots français déformés. Et puis un jour, sur un coup de tête on nous sort le berbère ( langue vivante certes mais essentiellement rurale, rien à voir avec la richesse de l’arabe, qui rappelons le, a toujours été la langue des sciences…. et c’est une berbère qui parle!).
    Notre système éducatif forme des imbéciles, des sauvages, qui ne respectent rien, ni les valeurs, ni les institutions. La grande catastrophe marocaine, c’est les ressources humaines gâchés par trop de laxisme, par l’impunité, par le laisser-aller. Trop triste!!!!

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