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Al Qaida et le Printemps Arabe (1/2)

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           Al Qaida et le Printemps Arabe       (1/2)

   En plein feu de l’action des différentes  révolutions qui ont secoué le monde arabe, tout portait à croire que le grand perdant de ces événements est la nébuleuse Al Qaida. Tout un chacun a à reconnaître une certaine réalité et de se targuer des  bénéfices de ces révolutions, qui sont la chute de certains régimes comme faits vécus et entrés dans l’histoire, en attente de voir venir le tour pour d’autres.

   Comme étape immédiate après ces chutes, des élections libres, organisées en  parfaite transparence, ont vu le jour pour la première fois de la vie de ces pays. En d’autres termes,  c’est par l’intermédiaire des bulletins de votes que les chefs d’Etats et de gouvernements sont choisis. Pour tout observateur scrutant ces profondes mutations sociétales, un bon nombre de questions restent tout de même posées. Sachant en toute pertinence que les slogans clamés pendant ces révolutions relèvent des aspirations et du droit naturel des populations qui sont : la liberté, la dignité et la démocratie sous toutes ses facettes. Ses aspirations font elles l’apanage des forces politiques qui ont remporté ces élections ? On ne peut se permettre de porter de jugements au préalable, surtout que tous les chefs élus n’ont pas cessé de parler de pouvoir démocratique et civil, préservant dignité et droit des citoyens.

    Les quatre pays arabes qui ont eu un changement de régimes sont bien, la Tunisie, l’Egypte, la Lybie et le Yemen qui reste tout de même un cas unique, où une passation de pouvoir a été effectué par compromis entre l’ancien et le nouveau régime. Toutes les élections qui ont eu lieu dans ces pays, nous ont fait vivre les événements  de nouvelles intronisations aux pouvoirs exécutifs, de forces politiques tout le temps réprimées par les anciens régimes déchus. Il s’agit bien des forces politiques d’obédience islamiste.  Ce sont des forces politiques qui furent tout le temps présentes dans la société, aussi bien dans l’action caritative que dans la société civile. A citer le bon exemple de l’Egypte ; tous les syndicats professionnels tels celui des  pharmaciens, des ingénieurs, des avocats, des médecins, des journalistes jusqu’au syndicat étudiant, étaient aux mains de la confrérie des Frères Musulmans. C’est la force politique la mieux structurée et la mieux organisée, et c’est à fait naturel qu’elle accède au premier rang lors des suffrages organisé.

   Après cette longue mise à jour des événements, et conformément au titre de cet article où nous nous intéressons à l’action déstabilisatrice de la nébuleuse Al Qaida. Pendant tout le courant de ces événements, la forte constatation qui revient à l’esprit : c’est la quasi-unanimité de tous  les commentateurs, observateurs, politologues orientaux et occidentaux que le grand perdant était Al Qaida. Puisque les slogans de la dignité, de la liberté et de la démocratie n’ont rien à voir avec le sien qui est le rétablissement littéral de la Loi Islamique (la Chariya). Malheureusement, ce sont des pronostics qui ont tourné à perte et en toute vitesse. Et comme si tous ces imminences ont eu la courte mémoire d’oublier que pendant l’invasion des troupes américaines de l’Iraq, on se posait la question sur cette résistance tant attendue des multiples composantes de la grande armé iraquienne. Cette armée s’est éclipsée du terrain de combat, pour s’allier au nouveau venu qui est Al Qaida. Le résultat c’est plusieurs milliers de soldats américains revenus dans des cercueils, le départ de l’armée américaine comme résultat d’un échec cuisant en 2011 et la suite est connue pour tout le monde : des violences au quotidien qui n’épargnent personne. Ajouter à cela, le fait qui nous fait saigner tous en tant qu’arabes;  c’est que cette guerre a permis d’arracher cet emblématique pays au monde arabe et de l’offrir sur un plateau en or au régime des Ayattollah d’Iran. Les arabes ne pardonneront jamais cette arrachée, due à l’administration Bush.

    En effet, pendant toutes ces révolutions, le seul pays où la branche d’Al Qaida dans la Péninsule arabe opérait ouvertement dans plus d’une région est le Yemen, . En profitant des vides sécuritaires et militaires dictés comme impératifs de concentrer toutes les potentialités dans les zones enflammées par les manifestations, elle consolidait ses positions, occupait des terrains vastes voire même des régions  toutes entières, comme c’est le cas d’Abyen. Ce fut un choix bien calculé du régime de l’époque, qui a préféré assurer sa survie que de défendre le pays contre ces anciens et nouveaux intrus, venus spécialement pour déstabiliser le pays. C’est dans la douleur et le scepticisme des uns et des autres, que le président A. A. Saleh a cédé le pouvoir à son premier ministre, contre son immunité et celle des membres de sa famille. Pendant toute cette période révolutionnaire qui a duré plus d’une année, Al Qaida a bien renforcé ses positions. Les opérations isolées de drones américaines (avions sans pilotes) visant la liquidation de responsables de guerre  n’ont rien atténué des capacités de nuisance de la nébuleuse. Ceci s’est justifié pleinement par l’attentat perpétré contre toute la chancellerie militaire du pays il y plus d’une paire de  mois, par l’occasion d’un défilé marquant une des fêtes nationales de ce pays. Ceci en le meilleur témoignage de l’implantation de cette branche d’Al Qaida dans ce pays.

   L’étroitesse du golfe d’Aden a permis de constater un système de vases communiquant entre Al Qaida dans la Péninsule Arabe et le mouvement De AChabab Al Moujahidine en Somalie. Ces derniers ont perdu beaucoup de leurs positions de terrains dans plus d’une région somalienne, et  se retrouvent maintenant reculés sur la défensive, face à la force d’intervention africaine. L’entrée victorieuse  la semaine dernière de ces forces dans la ville de Kissmayo est un signal fort de l’épuisement de la nébuleuse dans ce pays, qui va certainement adopter la tactique des Talibans afghans et pakistanais qui est la guérilla. C’est une tactique qui crée des pertes dans les rangs des civils surtout, mais aussi dans le système loyal qu’il soit sécuritaire ou militaire. Ceci promet donc un avenir avec d’innombrables scènes à bains de sang.

   Par Le Pr A. NOUGAOUI

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1 Comment

  1. Mohamed
    08/10/2012 at 07:41

    Salam
    Je suis tout à fait contraire, Alqaida est le premier bénéficier de ce changement , puisque elle a participé indirectement.
    Et vous vous verrez le printemps occidentale inchae ALLAH…

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