Sahara marocain : après 35 ans, la MINURSO s’efface, l’autonomie s’impose

Par Yahya Yahyaoui,
Juriste et analyste politique spécialisé en relations internationales et migration

Le Conseil de sécurité n’a pas reconduit, le 30 octobre 2026, le mandat de la MINURSO. Le Cabinet royal y voit « un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain » à l’ONU.

Une page de 35 ans se tourne
Créée en 1991 pour organiser un référendum qui n’a jamais eu lieu, la MINURSO n’a plus d’avenir. Le communiqué du Cabinet royal la décrit comme l’héritage d’un contexte révolu, devenu un instrument d’internationalisation du différend. Cette évolution coïncide avec la Fête de l’Unité, voulue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, pour incarner une rupture : passer de la gestion du différend à la transformation de ses paramètres. La présence de la Mission dans les provinces du Sud (personnel, véhicules, matériel, symboles) devrait cesser dans les prochains jours.
Ce que le Maroc attend désormais
Rabat demande le retrait de la question de l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Cela mettrait fin aux réunions périodiques, aux rapports du Secrétaire général et aux briefings de l’Envoyé personnel. Des démarches analogues seront engagées dans les autres organes de l’ONU. Le Royaume reste attaché au cessez-le-feu, dans le respect de son intégrité territoriale, de sa sécurité nationale et de la quiétude de ses citoyens.
Un front national uni
La cause du Sahara fait l’objet d’un consensus rare. Institutions, partis, société civile et citoyens y voient une question de souveraineté et d’unité. Cet attachement populaire, né de la Marche Verte de 1975, s’exprime aujourd’hui dans la Fête de l’Unité. C’est la première force de la position marocaine.
Un soutien international majoritaire
Selon le Cabinet royal, plus des deux tiers des membres de l’ONU, dont des membres permanents du Conseil de sécurité, soutiennent l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seul cadre de règlement. La résolution 2797 d’octobre 2025 a marqué un tournant. Elle a recueilli 11 voix sur 15, avec trois abstentions, et elle désigne le plan marocain de 2007 comme la solution la plus réalisable. Les États-Unis (2020), l’Espagne (2022) et la France (2024) ont aussi apporté leur soutien.
Le contexte du vote
Le Conseil de sécurité n’a adopté aucun texte avant la fin du mandat, la Russie ayant bloqué par son veto le projet américain. Ce projet proposait de remplacer la mission actuelle par une nouvelle mission chargée d’accompagner la mise en œuvre de l’autonomie, ce qui reflète l’orientation d’une partie des membres du Conseil de sécurité vers une approche nouvelle du dossier.
Une main tendue
La dynamique diplomatique lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, se poursuivra aux niveaux bilatéral et régional. Le Maroc continue d’inviter toutes les parties à s’engager dans une solution fondée sur l’autonomie. Le Maroc est dans son Sahara, et le Sahara est dans son Maroc.
Yahya Yahyaoui,
Juriste et analyste politique
spécialisé en relations internationales et migration




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