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LE RITUEL DU MARIAGE DES AIT HDIDDOU DANS LA REGION D’IMILCHIL

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Fortes ressemblances et infimes différences marquent ainsi la symbolique sociale chez ces deux fractions sœurs, qui forment la tribu des Ait Hdiddou. Cette opposition entre ouverture et conservatisme se manifeste surtout et en particulier dans le mariage. Ce qui nous amènera à parler du célèbre Moussem des Fiançailles. Si les Ait Brahim, sous l’influence du protectorat ont modifié les formes de leur mariage, de collectif en individuel, les Ait Yaazza sont par contre restés fidèles à la forme antérieure d’un mariage collectif. On pourrait s’étonner de cette persistance chez la fraction que nous avons vu comme la moins conservatrice. Ce paradoxe pourrait être imputé au besoin « historique » d’identification des Ait Yaazza au sein de la grande famille des Ait Hdiddou. Le mariage collectif apparaît donc comme un « vestige » des temps anciens du mode de vie agropastorale.
Après une année de labour et après les moissons et les cueillettes, la commémoration du moussem du Saint Marabout Sidi Ahmed Oulmghni couronne une période dont elle annonce l’achèvement et ouvre l’horizon d’un nouveau cycle que chacun se souhaite meilleur que les précédents.
Pour la tribu des Ait Hdiddou le moussem des fiançailles n’est pas un simple événement, c’est un rassemblement à triple vocation : commerciale, sociale et religieuse.
Sans nous attarder sur les détails, tout vivant, le moussem avec ses divers quartiers est là. Au cours de cette même journée on a eu l’occasion d’assister à la cérémonie des Fiançailles avec toutes sortes de formalités que cela suppose. Cinq jours durant l’ahidous et des traditions ancestrales formeront la trame de cette union.
En effet, lors du premier jour, les envoyés du mari dits « ISNAYEN » au nombre de 10 (5 hommes et 5 femmes) se rendant à la maison de la mariée munies d’un trousseau modeste et de cadeaux de mariage entre autre un mouton et une grande galette dite ABADIR que les ISNAYEN découpent sur les lieus de la cérémonie en petits morceaux et distribuent aux assistants au mariage. Ils sont accueillis chaleureusement par les invités de la mariée. Bientôt la grande cérémonie du henné prend lieu. Un groupe de femme entoure la mariée et entame le fameux rituel du henné.
Une femme âgée usant d’un flocon de laine imbibé de henné, marque la mariée au niveau de quelques articulations en commençant par le côté droit se servant d’un fil de laine en entrelacs, elle relie à la base des doigts des deux mains de la mariée (IZ ELOUMEN) celle-ci est ensuite vêtue d’un habit blanc du mari (AQUIDOUR).
Pour la coiffure, les cheveux de la mariée sont peignés et enroulés en forme saillante appelée communément (A BOUY).
Son visage est alors voilé d’un foulard en soie dit TASBNIYTE et un collier en ambre dit LOUBAN est mis autour de son cou. Une couverture simple dit IZAR est agrafé avec des fibules dit : « TISOUGHNASSE ».
Une fois la mariée chaussée de Babouches TIKOURBIYINE et embellie par quelques retouches esthétiques le rituel du henné prend fin, vient ensuite l’étape de départ ; le père de la mariée invite sa fille à marcher sur le pan de sa cape (BURNOUS dit AZENAR) jusqu’à sa monture : la mule qui la transportera à sa nouvelle demeure portera derrière la mariée un petit garçon pendant qu’une vieille femme suit en tenant la mule par sa queue.
Le cortège accompagnateur protégé par les envoyés du mari doit vaincre la résistance livrée par les habitants du Ksar d’origine de la mariée qui s’opposent énergiquement à son départ.
Arrivée à destination, le cortège fait le tour du ksar 3 fois en exhortant les saints locaux d’accorder leur bénédiction à la nouvelle mariée, celle-ci accède enfin au domicile conjugal.
En dernier lieu et avant de devenir définitivement membre du foyer accueillant la mariée avec un petit enfant au dos, un seau plein de dattes à la main se rend au point d’eau le plus proche, là un dernier ahidous est offert en l’honneur de la mariée , qui en guise de reconnaissance distribue le contenu de son seau qu’elle rempli d’eau avant de rentrer chez elle. La mariée tient un agneau aux bras et toujours le petit garçon au dos tous sur la mule jusqu’à sa nouvelle demeure.
L’ACTE DE MARIAGE :
Après le consentement des futurs époux, les familles procèdent aux formalités du mariage, c’est ainsi que les parents du jeune homme demandent la main de la jeune fille désirée par leur fils. L’établissement de l’acte du mariage peut se faire immédiatement, comme il peut être reporté jusqu’à la tenue du moussem.
Le jeune époux ou son tuteur offre une dote symbolique à sa future femme, alors que le père de la fille se charge de l’achat de ses habits durant la 1ère année.
Toute la tribu manifeste sa joie en participant à la cérémonie du mariage, caractérisée par les chants et danses pendant cinq jours de fête. Les invités peuvent se réjouirent de toute sorte de plats de la cuisine des Ait Hdiddou, et particulièrement les différentes sortes de pain que nous décrivions ultérieurement.
Mohammed Drihem

 
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