Lettre de remerciement et de confession09/03/2010
A la suite de l’appel lancé sur le site oujdacity dans lequel j’ai exprimé ma volonté de changer de lycée, j’ai reçu des messages de soutien et de compassion de la part d’un grand nombre de lecteurs : élèves, professeurs, collègues, amis ou simples visiteurs, à qui j’adresse mes remerciements les plus chaleureux. Je les rassure et leur rappelle que je ne tourne jamais le dos aux difficultés quelles qu’elles soient comme je leur affirme que je suis complètement conscient que le lycée Oued Eddahab n’est ni meilleur ni pire que les autres lycées de la ville. Seulement, j’ai commis l’erreur de trop ouvrir les yeux en franchissant le portail du lycée Oued Eddahab et j’ai vu trop de choses qui font mal au cœur d’un homme sain et que je n’aurais pas dû voir pour avoir la conscience tranquille et la paix intérieure .Comme vous pouvez le constater de vous-mêmes, il est impossible de concilier entre les inconciliables car ils sont à l’opposé les uns des autres. Ma bouche ne peut pas rester indifférente à ce que voient mes yeux : elle dit les choses telles que les voient mes yeux. Mais il se trouve qu’il y a des gens qui veulent que je voie ce que voient leurs yeux et que je parle comme parlent leurs bouches. Ce qui est contraire à la nature humaine qui demande que nous soyons différents les uns des autres par nos opinions et non uniquement par notre style d’habillement. Je rappelle à ces gens qui me prennent pour un novice nouvellement débarqué dans le lycée, devenu le leur par la force de l’ancienneté , qu’il est contraire aux droits universels qu’un homme libre demande l’autorisation de parler à d’autres hommes qui ne sont ni ses maîtres, ni ses seigneurs et qu’il n’est, lui, ni leur esclave, ni leur serf. Nous sommes égaux puisque nous avons le même outil de travail : la langue. Que chacun de nous l’utilise donc pour corriger les torts, redresser les travers, dénoncer les abus, soulager son âme, crier à l’injustice, décrire le mal et proposer le remède si possible. Or mes détracteurs parlent dans le vent, et le vent me rapporte dans ses plis les bribes des échos de leurs propos, qui ne sont pas en harmonie avec mes écrits sur l’état de notre lycée. Ils auraient sans aucun doute aimé que j’eusse dit en franchissant le seuil de la porte d’entrée du lycée Oued Eddahab :’’ Dieu, donnez-moi la cécité pour ne rien voir et la médiocrité pour ne rien juger.’’
tayeb zaid


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