une mascarade dite - élections municipales-01/07/2009
une mascarade dite - élections municipales-
Prologue:
La scène se passe à Oujda, la capitale du Maroc dit "non utile", une ville très calme et dont les habitants sont très sympathiques et très correctes.
Comme les autres villes du Maroc, Oujda-city a élu les membres de son prochain conseil municipal le 12 juin 2009. Le vote a donné la première place au PJD avec 21 sièges. Celui-ci a formé son alliance avec le MP pour avoir la majorité (33 sur 65) et former le bureau qui va gérer la municipalité pendant les six ans à venir. Ils ont donné la présidence à Hamel Abdallah, chef du département des sciences à la fac. Le PI , qui voulait la psésidence avec ses 13 sièges, a décidé de se rejoindre au PAM dont la tête de liste est Haddouch, l'ex-président du conseil. Or, les autorités locales ont décidé autrement en faisant circuler des rumeurs sur le danger éventuel du PJD , bien que Mr le Wali ait reconnu la propreté de la campagne électorale des PJDistes dans un point de presse le 13 juin. Pour écarter le PJD et disloquer son alliance soudée, il faut bien une mise en scène où tous les moyens sont permis. Voici le canevas de cette histoire tragi-comique dont j'ai été témoin en tant que correspondant d'Attajdid:
Scène première:
Le Pjd et le MP arrivent au siège de la municipalité le jeudi 25 juin 2009 à 10 heures exactes comme il est dit dans les convocations. La presse est interdite de franchir la porte .Mr le Pacha est très ponctuel ce jour-là ! Il entre dans la salle à 10h05mn, compte les présents sans passer la feuille de présence, puis il sort à 10h 17mn en déclarant à la presse "j'ai levé la séance, la majorité n'est pas présente"! Après quelques minutes Mme Rachida Smaili arrive. La cause du retard est l'embouteillage de la circulation.................................. La majorité est maintenant présente (33 sur 65), mais Mr le Pacha qui monte dans son bureau et ferme sa porte refuse toujours d'ouvrir officiellement la séance et en finir avec cette affaire. Notons que les autres acteurs (le groupe Haddouch-Hjira) boycottent la scène. Puis Mr Abdessaid Chaoui rejoint la clique . Ils sont donc 34 (plus que la majorité), Mr le Pacha s'entête même si la loi n'est pas claire à ce sujet et même si les avocats du PJd réclament que la session n'a pas été ouverte du point de vue formel!
Scène deux:
Les 34 conseillers regroupés autour de Mr Hamel décident volontairement de rester ensemble pour se préparer à la 2ème scène. Ils savent très bien que le bras du Mekhzen est très long, alors ; c'est pourquoi ils s'attachent à la lettre aux lois en vigueur. Ils informent par écrit les Autorités locales qu'ils n'ont pas confiance en Haddouch qui n'a pas cessé d'exercer des pressions sur certains conseillers de l'alliance PJD-MP. Ils sont à l'aise chez Aftati, nourris, logés, libres et en sécurité...
Scène trois:
Les Autorités locales mobilisent toute une armée de police (28 fourgons) pour encercler la maison de Aftati parlementaire du PJD où sont réunis ses conseillers. La cause ? Il est accusé d'avoir kidnappé quelques membres du MP!! Aftati invite la presse locale et nationale pour enter chez lui et voir si ses invités sont réellement kidnappés. Tout est filmé et diffusé sur internet. Les responsables politiques de plus de cinq formations politiques viennent pour témoigner aussi! L'AMDH à Oujda est là. Personne n'est kidnappé! Mr le procureur arrive en personne et demande à 12 conseillers de l'accompagner sur le champ au commissariat pour qu'ils témoignent qu'ils ne sont pas kidnappés par le PJD. Les conseillers dits "kidnappés" sortent à tour de rôle devant Mr Le procureur, la foule des militants du PJD, les voisins et la presse. Ils crient haut et forts "NOUS NE SOMMES PAS KIDNAPPES, NOUS AVONS PEUR DES AUTRES!". Après de longues négociations, le PJD cède et Mr le procureur donne sa parole d'honneur qu'ils seront en sûreté. "C'est l'Etat de droit", dit-on devant les témoins de l'USFP et certains journalistes.
Scène quatre:
Les 12 conseillers (victimes) sont conduits au commissariat comme des malfaiteurs. Au début, c'est des gens très sympathiques qui font leur travail ordinaires et remplissent leurs rapports. "Etes-vous kidnappés par le PJD"? "Non" répond tout le monde. "Est-ce qu'on peut disposer? ". Non bien sur, il y a des gens moins gentils qui veulent les voir. On les passe individuellement un à un dans des bureaux où ils sont "très bien" accueillis par nos Services Secrets. Le menu est varié: menace, chantage, pression, injures… Cela n'a pris que 09 bonnes petites heures! A 4 heures du matin, 8 d'entre eux sont revenus et 5 sont disparus.
Scène cinq:
Enfin le lundi 29 juin c'est demain! On va finalement en finir avec ce cirque! Mais, non! Attendez! Ce sont des convocations qui arrivent tard dans la nuit. La session est reportée jusqu'au vendredi prochain 03 juillet 2009 pour des raisons sécuritaires!!
On se rappelle maintenant que sa majesté est là. En même temps, des rumeurs circulent que les élections vont être annulées. La campagne électorale n'était ni propre, ni honnête!! En attendant ce jour "j", je vous laisse imaginer tous les scénarios possibles pour barrer le chemin devant le président choisi par les Oujdis …
Mohamed ES SBAI


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