Oujda : Le lycée Oued Eddahab et l’association française10/11/2008
La visite d’une délégation française au lycée Oued Eddahab a fait l’objet de deux articles de la part de Monsieur Nejjari, le premier en français, le second en arabe, un troisième, en anglais, est sans aucun doute en préparation. Il semble bien que la délégation a fait l’objet de toutes les attentions que ce soit de la part du directeur du lycée ou du soi disant président de l’association des parents d’élèves en poste de manière frauduleuse. Cette visite, à en croire le contenu de l’article s’inscrit dans le cadre des échanges culturels. Apparemment, en dehors des poèmes de l’élève Bousnina, que Dieu la protège et fasse d’elle une poétesse que je lirai dans ma vieillesse, il n’y avait pas de culture, car, que peut donner une association ce qu’elle n’a pas ?
Je veux simplement savoir, la curiosité étant un vilain défaut, je l’avoue, si vous avez fait asseoir vos hôtes sur les seddaris (les canapés) de la salle des professeurs et qui sont là depuis 78 du siècle passé et dont les matelas sont tellement vieux, tellement usés et tellement crevés qu’ils se soulèvent des deux côtés pour vous prendre en sandwish si jamais vous vous avez la maladresse de vous asseoir en leur milieu. Un ouvrier saisonnier venu du fond du bled en quête de travail dans l’oriental n’en voudrait pas de ces seddaris en fer qui ont fait leur époque et de ces matelas qui pouffent la poussière de trente années d’usage intensif.
J’aimerais également savoir si vous les avez fait entrer dans les salles de classes où les tableaux laissent voir le mur auquel ils sont pendus, si vous les avez fait asseoir sur les pupitres qu’utilisent nos enfants, si vous leur avez montré le bureau et la chaise du professeur marocain, les vitres éclatées des classes, la peinture des murs, les toilettes des élèves, les lavabos, et toutes les belles choses dignes d’être montrées à des étrangers venus dans le cadre des échanges culturels.
Les lavabos ! Parlons-en de ces éviers alignés tout au long du mur pour recevoir l’eau des robinets : ils doivent rappeler à vos visiteurs français les foyers pour émigrés célibataires en marge d’intégration, que la France cache comme on cache une honte, quelque part à Trappes, à Gennevilliers ou à Sarcelles, et qui sont tout justes bons pour servir d’abreuvoirs pour des animaux et non pour des êtres humains que sont nos enfants. Cet abreuvoir que rien ne cache du soleil de l’été, du vent de l’hiver, des intempéries imprévues…
Les membres de la délégation française ne peuvent pas quitter le lycée sans visiter le bureau du directeur. Vous leur avez fait prendre l’unique allée qui est tellement serrée qu’ils doivent s’avancer à la queue leu leu tout en rasant le mur pour ne pas mettre le pied dans le carré en terre conçu pour être planté de fleurs et qui s’est transformé en réceptacle pour les mégots et les eaux usées que la femme de peine pousse là avec sa raclette.
La délégation française a sûrement gardé de la visite qu’elle a effectuée au lycée Oued Eddahab de beaux souvenirs. Le lycée doit en tirer, quant à lui, et pour longtemps, fierté et grandeur.
Je crois, quant à moi, que les membres de la délégation française vous ont vus comme une curiosité, comme on voit une girafe dans une basse cour, par exemple.
La délégation a sans doute appris (ceci lui a été sans doute chuchoté à l’oreille) comment un président d’une association de parents d’élèves se maintient à la tête de son association pendant 16 ans et sans la tenue d’une assemblée générale. Voilà peut-être le seul point positif de cette visite, sur lequel les échanges de ‘’ta حramiyat’’(1) ont portés.
J’ai noté l’absence du comité d’accueil de Madame Boubegrat Amina, qui a fait porter au lycée Oued Eddahab le flambeau de la réussite en matière d’activités culturelles périscolaires.
Elle a encadré les élèves du lycée et dévoilé leurs talents de poètes et d’écrivains : c’est à elle que devait revenir le mérite de recevoir les membres de cette délégation. Je sais que ce grand professeur ne travaille pas sous le parrainage de l’association des parents d’élèves et que sa dignité lui interdit les fanfaronnades qu’elle laisse aux personnes à l’esprit obtus.
Ah ! Monsieur Nejjari ! Vous avez fait mauvaise compagnie en fréquentant les pauvres hères !
‘’ta حramiyat’’ : les coups bas
tayeb zaid


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