Oujda : La correction de l'erreur à Moussaa Ibn Noussair, Lazaret13/05/2008
Peut-on imaginer que certains professeurs continuent toujours à enseigner à la manière de leurs prédécesseurs du XVII siècle ?
Cela s’est passé à Moussa Ibn Noussair de Hay El Fath, Oujda, ce jeudi 08-05-08 entre 10 heures et 13 heures où un professeur des classes de sixième a procédé à une séance de contrôle de récitation de leçon. Les élèves qui n’ont pas eu le bonheur de réciter leur cour ont été passés à la bastonnade comme au temps de la baguette du fkih du msid à la différence près que ces élèves doivent s’asseoir sur une table et présenter leurs pieds au professeur alors que dans le temps, c’étaient quatre grands gaillards qui faisaient l’affaire. Comme un malheur ne suffit pas à lui seul à apaiser les nobles sentiments du professeur dont des années de pratique ont sûrement endurci les moeurs, il a fait porter à ces malheureux un dossard avec écrit dessus au feutre’’ âne’’ ou ‘’ânesse’’ en fonction du sexe de l’élève qui n’a pas su sa leçon et il les a fait passer dans une classe de cinquième pour compléter sa sinistre besogne.
Le professeur prend sans aucun doute comme priorité première de bien préparer ses élèves à l’examen de fin d’année mais en pratiquant sans le savoir‘’la fin justifie les moyens’’ du Prince. Ce n’est certes pas là une méthode pédagogique à adopter en classe, car elle est loin de l’être. Les élèves n’ont pas appris leur leçon, c’est un fait, mais les punir de cette manière c’est ce qu'aucune pédagogie ne peut admettre.
Le professeur en question a joint l’utile à l’agréable en associant au châtiment corporel l’humiliation psychologique. Deux punitions anti-pédagogiques et illégales, car aucune loi ne peut les parrainer, et qui entrent dans la sanction et la pénalisation de la faute plutôt que dans le redressement et la correction de l’erreur.
L’un de ces élèves n’arrête pas de pleurer et de demander à ses parents de lui faire changer d’ école car ses camarades de classe et les élèves de cinquième le raillent aussi bien dans la cour de l’école que dans les rues du quartier. Ses parents ne savent plus ce qu’ils doivent faire pour que leur enfant retrouve son équilibre psychique d’avant l’incident.
tayeb zaid


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