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Peut-on raisonnablement faire confiance aux capacités de l’Algérie dans la lutte anti-terroriste dans la région sahélo-saharienne

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Peut-on raisonnablement faire confiance aux  capacités de l’Algérie

dans la lutte anti-terroriste dans la région sahélo-saharienne ?

Pour répondre à cette question triviale, je baserai mon propos sur trois évènements.

A/ Le premier est relatif aux combats qui ont éclaté, le 17 janvier 2012 au matin, entre l’armée malienne et un groupe rebelle touareg à la frontière algéro-nigéro-malienne, dans la ville de Mekana.

Cette attaque fait suite à un renforcement militaire malien dans la région, à Tinzawaten, proche de la frontière algérienne.

Sachant que la zone nord du Mali et du Niger est confrontée aux opérations terroristes de l’AQMI et mafieux du polisario, qui opèrent depuis leurs bases installées en territoire algérien, il n’est pas exclu que les services algériens soient derrière cette opération, une marque d’appellation d’origine.

En effet, les services de sécurité algériens n’auraient pas apprécié que les autorités maliennes aient pris des contacts avec les ravisseurs des 05  occidentaux  mais aussi d’avoir engagé tous les moyens pour assurer la sécurité des biens et des personnes dans cette zone. Aussi, Alger a pris la décision de leur en faire payer le prix, à savoir déstabiliser le  Mali en réactivant ses réseaux subversifs touaregs à sa solde.

A noter que cette instabilité a été renforcée par le retour de Libye de centaines de touaregs maliens avec armes et bagages, via l’Algérie et avec l’aval des services sécuritaires algériens. Une carte maîtresse aux  mains d’Alger pour pouvoir dicter ses ordres  à Bamako.

A rappeler que le chef militaire des Touaregs Maliens, essentiellement basés à Kidal et aux abords de la frontière algérienne, Ibrahim Ag Bahanga, avait été assassiné, le 26 août 2011,  dans une zone comprise entre la Libye et l’Algérie.

Cet assassinat avait été interprété par nombre de spécialistes comme la conséquence de sa prise de  position en faveur l’opposition libyenne contre l’avis du régime algérien et de sa participation active et importante à l’acheminement d’armes à la rébellion notamment dans l’ouest de la Libye.

Ceux sont ces hommes, avec ceux du polisario, qui ont récupéré une très importante quantité d’armes et de munitions, dont des missiles sol-air. Une partie de ces armes ont, d’ailleurs, été remises ou vendues aux terroristes d’AQMI.

De plus, la complicité entre les services de sécurité algériens et les notables touaregs, de notoriété publique, a  été  rompue en raison  de ce trafic d’armes s’opérant sur et à partir de son territoire et échappant à son contrôle sans rétro commission pour leurs parrains et protecteurs d’Alger.

B/ Le second, tout aussi récent, constitue la preuve flagrante de l’incompétence des services sécuritaires algériens en matière de lutte anti-terroriste et de protection.

Dans le sud-est algérien, dans la wilaya d’Illizi, c’est tout simplement son préfet et son staff qui ont été enlevés, le 16 janvier 2012 au soir, par des membres d’AQMI.

Ce responsable  était parti calmer une manifestation de jeunes dans la ville de Debdeb, à la frontière libyenne.

A signaler que ces jeunes protestataires appartiennent à la famille d’Abdelhamid Abou Zeid, un des chefs les plus radicaux d’AQMI et ce sont eux qui ont kidnappé le Péfet Il aurait ensuite été emmené en territoire libyen pour être livré au groupe d’Abou Zeid.

Cet acte n’est en fait qu’une réponse des terroristes d’AQMI à la condamnation à perpétuité par contumace le 02 janvier 2012 à Alger d’Abou Zeid et de 05membres de sa famille pour délit de terrorisme.

C/ Enfin, le troisième est également révélateur de l’impuissance des sécuritaires algériens à juguler le terrorisme et de sa débandade sur le terrain.

Sans rappeler les nombreux cas d’actes terroristes, d’enlèvements, de meurtres, et d’attentats perpétrés dans le nord du pays,  seul celui du 16 janvier 2012 est assez parlant.

En ce dimanche 16 janvier 2012, les terroristes d’AQMI ont réussi le tour de force de faire exploser une bombe au passage d’un train de marchandise entre Bouira et Bou Arreridji à l’Est d’Alger.

Suite à cet attentat, la circulation de tous les trains a été suspendue, isolant la région est du pays. Ces mêmes pratiques sont notablement courantes sur le tronçon séparant Bouira de Lakhdaria.

Au final et au regard de ces trois éléments, la réponse à ma question, objet du titre de ce papier, ne peut être que négative.

L’Algérie ne peut ni protéger son territoire contre toute atteinte terroriste, ni anéantir les bases arrières d’AQMI sur sol, ni sécuriser ses frontières pour empêcher toute incursion d’éléments terroristes, ni lutter efficacement contre ce fléau. Elle ne fait que l’encourager et l’utilise même à des fins de politique intérieure et extérieure. C’est pourquoi, les autorités algériennes ont perdu toute crédibilité auprès leur peuple, de leurs voisins, mais aussi auprès de la communauté internationale.

. Farid Mnebhi.

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