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Être créatif ou ne pas être !

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Il existe dans le monde des pays qui possèdent des richesses naturelles énormes, mais ils sont incapables de sortir du sous développement. En revanche, le Japon sans ressources naturelles a réussi à devenir la troisième puissance économique mondiale. Le secret de réussite du Japon réside dans la créativité et l’inventivité de son capital humain. C’est un pays souvent pris comme référence pour montrer l’importance de la créativité et la valeur ajoutée qu’elle peut apporter.

 

 

À l’ère de l’économie de la connaissance, les idées créatives constituent la matière première la plus précieuse qui est capable de créer la différence et de réaliser la valeur ajoutée la plus élevée. La créativité est devenue à l’heure actuelle la compétence la plus recherchée par les grandes entreprises, faisant de plus en plus l’objet d’une concurrence féroce entre eux.

 

Malgré les nombreuses preuves témoignant de son importance, la compétence de la créativité est absente ou jugée moins importante dans les systèmes éducatifs de nombreux pays du monde. A ce propos, les experts déclarent que la capacité de s’adapter aux profondes transformations que le monde connaisse aujourd’hui, dépendra de la place accordée à la créativité et à l’innovation dans les programmes scolaires.

 

La créativité n’est pas un talent réservé à une minorité de gens; tout le monde a un potentiel créatif mais il y a ceux qui ont pu le cultiver et d’autres non. D’ailleurs, les enfants montrent des capacités créatives remarquables jusqu’à l’âge de 6 ans, mais ces capacités commencent à se dégrader progressivement dès qu’ils entrent à l’école.  L’éducation tel quel est aujourd’hui, porte responsabilité dans la décadence de l’imagination des enfants et l’avortement de leurs capacités créatives. Ken Robinson, l’expert britannique en éducation, accuse l’école de tuer la créativité des enfants et appelle à reconcevoir le système éducatif.

 

Le système éducatif actuel est fondé sur la culture intellectuelle du siècle des Lumières. Il est enraciné dans une vision très étroite de l’intelligence : être intelligent c’est avoir un grand savoir et être capable de raisonner selon une logique déductive. Dans ce système, les espaces scolaires sont conçus à l’image des usines et  les enfants sont perçus comme des unités homogènes suivant tous le même cursus sans que leurs différences en termes de capacités et de talents soient prises en compte.  Dans les classes, l’enseignement frontal est dominant et les élèves restent la plupart du temps passifs et n’ont que rarement l’opportunité de poser des questions et s’ils ont cette occasion, la plupart du temps ils restent silencieux par peur de tomber dans l’interdit (l’erreur). Les bonnes réponses sont seulement celles fournies par l’enseignant, le détenteur du savoir !

 

Il s’agit donc d’une éducation standardisée qui programme les enfants à penser de la même manière et à voir la réalité selon les mêmes cadres de perception. Ce modèle éducatif basé sur la linéarité et la conformité tue la créativité des enfants et ne développe pas chez eux les compétences nécessaires au 21ème siècle.

L’éducation devrait être conçue autrement pour répondre aux nouvelles circonstances et exigences. D’après Ken Robinson, l’éducation devrait être révolutionnée. En effet, la crise de l’éducation demande non seulement une simple réforme, réforme du même système, mais un nouveau système d’éducation devrait être mis en place. Selon lui, le développement humain n’est pas un processus mécanique mais un processus organique et donc il faut passer d’un système éducatif essentiellement industriel à un système agricole. Dans ce nouveau système, la tâche de l’éducation consistera à créer les conditions permettant à l’enfant de révéler et d’épanouir ses capacités et talents, d’entretenir et de développer son potentiel créatif.

 

Les pays du monde se trouvent aujourd’hui confrontés à des défis sans précédents : révolution numérique transformant profondément tous les aspects de la vie humaine, explosion démographique, crises et menaces transfrontalières, incertitude économique, concurrence accrue, changement climatique et dégradation de l’environnement etc. Dans ce contexte, Les États n’ont d’autre choix que de reconsidérer leurs politiques, en particulier dans le domaine de l’éducation. La créativité doit être au cœur des systèmes éducatifs. Elle doit avoir le même poids dans les programmes scolaires que la littératie et la numératie afin de permettre aux pays de disposer d’un capital humain créatif capable de trouver des solutions non conventionnelles à des problèmes de plus en plus complexes.

Les problèmes d’aujourd’hui ne peuvent continuer à être résolus par des anciennes solutions héritées d’une autre époque. Si certaines de ces solutions restent encore valables, elles sont moins efficaces et plus coûteuses.

 

Par Abdelhak LAHRACH 

Étudiant en master d’Ingénierie de la Formation, Technologies Educatives et Communication, Université Mohammed Premier Oujda – Maroc

 
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