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« L’attention » : innée ou acquise ? Approche neuroscientifique

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Cet article appréhende « l’attention » lors de l’apprentissage du point de vue des neurosciences. Ce concept, Considéré pendant longtemps, Comme une chose innée qu’on ne peut ni acquérir ni améliorer, subira des transformations radicales.

L’attention est une sélection perceptive de l’information. Elle est un domaine interdisciplinaire qui implique les sciences cognitives, la neurobiologie, les sciences du comportement et de la psychanalyse. Le sens courant de « faire attention » renvoi souvent à une alerte, une orientation de l’activité ou une Prévention.

Dans le quotidien, l’individu est amené à faire attention à plusieurs stimuli survenant en même temps ou à faire plusieurs tâches simultanément, ce qui engendre des difficultés de concentration. Cette concentration ne veut pas dire attention mais plutôt la direction de l’attention.

Alors comment peut-on définir l’attention ? quels sont ses principaux types ? quels sont ses systèmes interactifs ? quelles sont ses fonctions exécutives ? peut-on faire apprendre « l’attention » aux apprenants ?

Le mot « attention », issu du latin adtentere et qui veut dire tendre vers, a plusieurs définitions. Une parmi autres dit que « L’attention permet à l’individu de diriger ses actions sur des objets spécifiques en des endroits sélectionnés, et de maintenir certaines informations ou certains objets à un haut niveau de traitement, dans la mémoire de travail, ou encore dans la conscience » (E. Siéroff, 2002). Pour W. James, l’attention est une « Prise de possession par l’esprit, sous une forme claire et vive, d’un objet ou d’une suite de pensées parmi plusieurs qui semblent possibles […] . Implique le retrait de certains objets afin de traiter plus efficacement les autres ».

A partir de ces définitions, on peut dire que l’attention est un choix opéré par l’esprit qui nécessite une sélection d’informations dans des situations de perception complexes. Elle est composée de plusieurs composantes qui se distribuent selon deux dimensions :
La première dimension est celle de l’intensité, on distingue :
 – Une alerte phasique liée au déclenchement d’un stimulus ;
 – Une alerte tonique qui se déclenche en l’absence d’un stimulus externe ;
 – La vigilance est une l’alerte qui dure longtemps ;
 – La concentration est l’attention maintenue sur un stimulus externe pendant une durée prolongée.
La deuxième dimension est celle de la sélectivité de l’objet : la focalisation de l’attention sur un objet et l’inhibition des autres objets concurrentiels. L’attention sélective est la capacité d’un individu à sélectionner un stimulus parmi d’autres comme centre de son attention. Elle suppose une recherche des cibles ; puis, un filtrage pour écarter les éléments non pertinents ; et enfin une attente par l’activité de préparation de l’attention lors de la recherche d’une cible connue à l’avance. On parle d’attention partagée ou diversifiée lorsqu’on traite simultanément deux ou plusieurs types d’information ce qui permet d’accomplir deux tâches de façon concomitante avec succès, par exemple : lire des informations au tableau en écoutant le maître. Enfin, l’attention soutenue permet, une fois que le stimulus est sélectionné, de maintenir cette sélection pendant une période de temps. Elle est à dissocier de l’éveil qui est une ouverture sensorielle sur le monde qui nous entoure.

Lorsqu’on parle de l’attention, on est face à deux systèmes interactifs : l’attention « endogène » qui est volontaire avec un déterminisme interne et qui est généralement dirigée de manière contrôlée vers un objectif identifié. Attention « exogène » qui est automatique et qui est souvent capturée involontairement vers un événement extérieur.
Les fonctions exécutives de l’attention se présentent sous deux fonctions essentielles : l’inhibition et la flexibilité attentionnelle. Elles se manifestent sous un ensemble d’opérations mentales qui commencent par une anticipation du but à atteindre pour planifier les actions, puis opérer une sélection des informations pertinentes afin d’inhiber des réponses automatiques, après, soumettre une application des procédures de résolution de problèmes, pour exécuter en suite un Contrôle du déroulement de l’activité et faire une modification s’il y-a éloignement du but, et enfin organiser les procédures de traitement en Mémoire de travail.

L’attention peut être perturbée par deux types de distractivités :
 – Distractivité interne : fait référence à l’état dans lequel l’individu se laisse distraire par des pensées. Cet état peut être conscient ou non.
 – Distractivité externe : Apparaît lorsqu’un individu se laisse distraire par des stimuli externes et non pertinents à la tâche en cours.
L’attention est le système de contrôle qui permet de sélectionner une information (visuelle et auditive) et d’enclencher une action (la réponse motrice). Une meilleure concentration engendre un rétrécissement du champ de l’attention et par conséquent les indices périphériques sont moins pris en compte, et les indices centraux ont une plus grande importance. L’élévation de la vigilance augmente la prise en compte de stimuli sur lesquels se porte l’attention.

L’analyse de l’attention peut se faire suivant deux dimensions (Nideffer, 1976) :
 – La largeur ou la profondeur : l’attention peut être focalisée sur un aspect ou être très large ;
 – La direction : l’attention peut être centrée sur le sujet lui-même ou orientée vers l’extérieur, vers l’environnement
Ces deux dimensions déterminent quatre secteurs comme l’indique la figure ci-dessous : Modèle de Nideffer.( voir l’image N0 1 )

D’après Nideffer, chaque individu possède un certain style attentionnel, alors Il a conçu un test pour apprécier ce style, le test of Attentional and Interpersonnal Style (T.A.I.S.).

Après cette petite analyse, on peut dire qu’un individu peut apprendre ‘’l’attention’’. A titre d’exemple, on peut citer deux cas :
 – Le MOOC l’attention ça s’apprend : s’adresse aux individus qui se posent des questions sur l’attention et la concentration, et qui sont à la recherche de pistes pour retrouver un peu de maîtrise dans ces domaines. Il propose des définitions de l’attention, puis il explique les grandes forces qui agissent sur l’attention du cerveau, ensuite il appréhende les mécanismes de travail du cerveau et la façon de réagir aux distractions, à la fin il donne un mode d’emploi pour se concentrer.
 – Le programme ATOLE : ATOLE signifie ‘’apprendre à être ATtentif à l’écOLE’’. C’est un programme en dix étapes, qui commence par définir l’attention et l’équilibre attentionnel, ensuite il explique la relation entre le cerveau et les neurones avec la distraction et la concentration, enfin il propose aux apprenants une manière de voir leurs compétences pour réagir aux distractions internes et externes et pour se concentrer sur des activités du corps et des activités mentales.

Autour de l’attention, tourne un ensemble de notions proches telles que l’alerte, la vigilance et la concentration. L’alerte étant une forme primitive de l’attention, s’elle est maintenue pendant une durée longue, on parle de vigilance. Si l’attention est maintenue sur un stimulus externe pendant une durée prolongée, elle correspond à la notion de concentration.
L’étude de l’attention compte déjà un ensemble de modèles (Le modèle de Houdé, le modèle de Pascual Léone, le modèle de Barkley …) et un ensemble de tests (Tests de barrage, épreuve de Stroop, test d’appariement d’images, test Wisconsin …) mais avec l’émergence des neurosciences, beaucoup de choses restent à découvrir.
Fait par :
Abdelali ALLA
Etudiant en master Ingénierie de Formation, Technologies éducatives et Communication
Université Mohammed Premier Oujda

 
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