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LES MAROCAINS DU MONDE S’IMPLIQUENT DANS LES RELATIONS DE COOPERATION BILATERALE FRANCO-MAROCAINE ET PROPOSENT LEURS COMPETENCES

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Secrétaire Générale de l’association des compétences Marroco-Françaises (ACOMAF) regroupant des cadres ayant des compétences très diverses (entrepreneurs, juristes, avocats, médecins, infirmiers, pharmaciens ingénieurs…) et qui couvre cinq départements de la circonscription consulaire générale du Maroc de Pontoise : Yvelines, Val d’Oise, Eure, Seine- maritime et Oise ; Mme Fatima Ait Ouailal et aussi Directrice de la Région de Normandie qui compte quatre départements dont celui de l’Eure dont dépends la ville d’Evreux qui vient de signer un partenariat de Jumelage avec la ville de Kenitra lors de la Fête de la fraternité organisée le 25 mai dernier à Evreux.
Pour en savoir plus sur cette compétence marocaine à l’étranger œuvrant pour les relations de coopération bilatérale Marocco-française dans les domaines de la santé, de la formation et de la sécurité routière nous avons abordé Mme Fatima Ait Ouailal qui a bien voulu nous accorder cette interview.
Question : Après 21 ans d’expérience dans les champs du social et médico-social, vous investissez le champ de l’entreprenariat sociale et solidaire ou vous assurez le poste de directrice régionale pour une plateforme de mobilité inclusive (WIMOOV). Pourquoi ce revirement et toute cette implication ?
Réponse : De l’audace et un challenge ! La mise en œuvre d’un projet nouveau sur mon territoire, dans le champ de l’entrepreneuriat sociale et solidaire. Jusque-là j’œuvrais dans des structures fonctionnant dans un mode associatif pur, avec des subventions de collectivité, ce qui ne permet pas l’innovation et la pérennité des projets, le modèle économique étant fragile.
Penser l’associatif dans un modèle entrepreneurial permet d’hybrider les ressources et d’avoir des partenariats différents que sont les acteurs économiques et privés.
Cela permet de se doter des outils de ce secteur également, de pouvoir valoriser nos actions et d’évaluer leurs impacts socio-économiques, mais également de montrer leurs coûts évités, notamment pour les collectivités (prestations sociales, dynamisme économique…).
Les associations aujourd’hui se doivent des’inscrire comme acteurs du développementéconomique et social dans les territoires. Cela n’est pas incompatible avecleur objet social et leurs missions d’intérêt public.
Question : Pourquoi cette plate forme « Wimoov » de mobilité inclusiveet dans quels objectifs ???
Réponse : La thématique mobilité parce qu’elle est un sujet transversal à tous les domaines que j’ai expérimenté auparavant : l’emploi, le lien social, l’accès aux soins ou encore à la culture. Le manque de mobilité freine l’ensemble de l’inclusion socio professionnelle des personnes dites vulnérables (et pas seulement). Permettre l’autonomie de déplacement des personnes, c’est avoir un impact sur l’ensemble des thématiques précédemment citées.
La plateforme régionale dont la gestion m’a été confiée par Wimoov (qui est une association nationale) depuis fin 2013, permet à mon territoire de répondre à un besoin essentiel d’accès à une mobilité autonome, durable et responsable, qui concerne tous les publics : les jeunes que nous allons former aux enjeux de sécurité routière, l’ensemble des publics dits « fragiles » que nous allons accompagner de manière individuelle, jusqu’ aux seniors pour qui perte d’autonomie signifie trop souvent rupture du lien social.
Nous nous appuyons sur l’ensemble de nos partenaires associatifs et privés en valorisantleurs actions et en permettant aux publics « cible » d’y accéder afin d’acquérir de nouvelles compétences.
Cette innovation ne peut se faire sans financements. Tout d’abord, les collectivités participent au financement de l’activité sur leur territoire. Ensuite, nous levons des financements nationaux (Certificats d’économie d’énergie, Contrat à impact social, ministères) et européens (Fond social européen).
Cela nous permet donc d’innover dans les territoires. Depuis 2018, nous avons mis en place une interface numérique qui permet d’impacter (quand cela est possible) plus de personnes en empêchement de déplacement quel que soit leur territoire de vie : rurale, péri urbain …pour que tous aient accès aux même droits, grâce à la dématérialisation. Avec toujours cette ambition de rendre donc la mobilité inclusive.

Question : Tout récemment vous vous êtes engagée dans les relations de coopérations bilatérales Franco-Marocaines en proposant la mise à disposition de vos compétences en France mais aussi dans la mère patrie le Maroc ; voulez-vous bien nous dévoiler un peu les domaines d’activités qui font objet de cette coopération franco-marocaine et les projets déjà entrepris dans ce cadre ?
Réponse : Ma double culture, ma bi-nationalité est une chance, une opportunité. Elle permet la richesse d’idées, de concepts, d’approches. Une richesse pour soi-même, parce que cela permet une grande ouverture d’esprit, mais également une richesse pour les pays concernés, celui d’où l’on vient et celui où l’on réside.
Forte de ces expériences, je m’engage actuellement dans les relations de coopérations bilatérales France-Maroc et propose modestement la mise à disposition de mes compétences afin, de les partager, mais également de favoriser les échanges entre mon pays d’accueil et mon pays d’origine.
Je suis convaincue que nous pouvons être des acteurs du lien avec le Maroc, mais également des « ambassadeurs » ici en France.
L’émigration de la population marocaine est un véritable atout pour le Maroc et pour la France, tant au niveau interne qu’externe.Et par ce biais, j’apprends également beaucoup de mes concitoyens au Maroc, patrie Mère. Et ma marocanité s’en trouve encore plus expressive et à un sens plus fort pour moi.
Mon implication dans ces relations de coopération bilatérale concerne les domaines de la santé, de la formation et de la sécurité routière.
J’ai participé à un projet d’échange avec la ville de DAKHLA et plus particulièrement son hôpital et les centres de santé pour évoquer la prise en charge des maladies chroniques et le concept d’éducation thérapeutique des patients. L’idée n’étant pas de faire « à la place de », à la manière des caravanes mises en place par d’autres association sans pérennité, mais d’intégrer cette discipline dans le schéma d’organisation des soins et de proposer une formation action aux professionnels de l’hôpital de DAKHLA et des centres de santé.
Nous avons une convention de partenariat signée en 2017.
Avec moi, Six personnes ont participé à cette initiative, dont cinq médecins.
Concernant la formation, nous sommes en train de mettre en place un double cursus diplômant France-Maroc pour les doctorants et les chercheurs marocains avec une université française partenaire dont le directeur est d’origine marocaine. L’idée serait de développer le concept d’économie sociale et solidaire auprès des coopératives au Maroc…
Ici, nous dispensons une action « Trek salama » à la diaspora marocaine par une formation aux premier secours et à la sécurité routière au sein du consulat général du Maroc à Pontoise, en binôme avec un formateur d’origine marocaine.
Enfin, nous menons des actions de prévention santé auprès de nos chibanis isolés ici en France.
Entretien Réalisé par
Mohammed Drihem

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