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La galère des stages

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La GALÈRE DES STAGES

 

Avec leur parcours et leur cursus ( bac, classes préparatoires ), la voie des futurs cadres et ingénieurs des grandes écoles  chez nous semble toute tracée : Ils sont dans les meilleures écoles, bénéficient de la meilleure formation et sont entre de bonnes mains ! En gros, oui, ou du moins , jusqu’à la phase des stages.

Cette composante de leur formation n’a pas moins d’importance que le volet théorique , si ce n’est plus, dans la préparation du cadre demain aux normes et savoirs faire et être  spécifique à la vie active et professionnelle.

Dans les faits, il n’en est rien. Les stages sont laissés au bon soin des étudiants. Pas de  programme de placement des futurs cadres dans l’environnement professionnel et productif , public, semi-public ou privé, qu’ils sont supposés rejoindre à l’issue de leur formation. L’étudiant est lâché dans la nature, abandonné à son  propre sort, sans  même une lettre de recommandation, hormis la convention de stage, que l’école remet à l’intéressé une fois qu’il aura trouvé la structure de stage qui l’accueillera. Vous me direz que c’est bon pour le futur cadre pour son initiation au monde professionnel réel. Oui, dans un environnement sain, c’est louable comme stratégie de formation dans la mesure où l’intéressé est mis en situation de recherche qu’il aura entamée  auparavant à l’occasion des différents forums organisés  au sein de l’école. Malheureusement, chez nous, les dés sont pipés. Les formulaires de demande de stage remplis restent lettre mortes. « On vous contactera », promesse sans suite au grand dam du postulant.

Les canaux d’accréditation des stages relèvent, le plus souvent, de la qualité de tes réseaux de relation quand tu as la chance d’en avoir. A défaut, tu te contentes de ce qu’on veut bien te proposer ce qui n’a de stage que le nom, période que le stagiaire passe à errer de bureau en bureau à cirer le fond des sièges dont la qualité varie selon la nature et le standing de l’entité qui a bien voulu l’accueillir.

Mon fils , en quête d’un stage, a réussi à en décrocher un grâce à notre petit et modeste réseau. Une boîte privée spécialisée dans les technologies du traitement d’information , de renommée mondiale, sise à Casablanca, lui propose un stage de deux mois pour travailler sur un projet arrêté par eux, projet qui cadre tant avec la nature de ses études  qu’avec son plan professionnel. Il y arrive  un lundi. Il est accueilli comme il se doit par le responsable qui trace avec lui les grandes lignes du projet sur lequel il travaillera. Un jour passe, puis deux puis trois, rien. Cela fait maintenant plus de quinze jours, toujours rien.  Le stage et le projet tardent à se lancer, à défaut de données toujours non disponibles. Son stage se limite en une suite interminable d’allers et retours entre le site du stage et le domicile  que nous avons chèrement loué pour la circonstance. Heureusement, il a de quoi meubler son temps  par des lectures relevant de son domaine  et travaille sur un module de formation qu’il a acheté via internet.

C’est à n’y rien comprendre ! Comment peut-on accorder un stage à quelqu’un pour travailler sur un projet dont le matériau est virtuel ? A-t-on idée du tort qu’on fait à l’esprit de la formation ? Est-on conscient du stress que vit le stagiaire qui est venu avec de grandes attentes et qui se trouve dans une opacité totale? L’encadrant, qui est sensé le guider dans projet, ou au moins de le rassurer set quasiment discret pour ne pas dire invisible., sinon muet devant cet imbroglio. Ajoutez à cela l’absence du tuteur qui devrait en principe assurer le suivi de son stage, et vous aurez une idée  pour mesurer le désarroi que vit le jeune stagiaire.Drôle d’encadrant, drôle de vision et de stratégie pédagogique de formation et drôle de profile qu’on inculque sciemment ou non au cadre de main !

Je plains mon fils ainsi que tous les stagiaires qui se trouvent dans sa situation. Ils arrivent dans les structures de stage, les rêves, les attentes, les ambitions plein la tête et qui sont refroidis , désabusés par l’attitude désinvolte, légère, voire irresponsable de leurs tuteurs pédagogique et professionnel !

Ce n’est pas pour rien, je le comprends maintenant, que les futurs lauréats appellent le diplôme qui leur sera délivré à la fin de leur cursus  « Cartone ou cartona ». Leurs études sont coupées du monde du travail et le diplôme se trouve vidé de sa substance pédagogique,  et pauvre en consistance scientifique et professionnelle, valeurs  à travers lesquelles le futur ex- étudiant aimerait déceler l’identité, la philosophie et l’empreinte positive de l’école qui  le lui a délivré .

                         

 
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