L’alternance au Maroc expliquée à mon fils


    


Le journaliste indépendant, Ahmed Amri, a toujours accordé un intérêt vif à la politique nationale et internationale. Aux éditions la croisée des chemins, l’auteur a produit un essai en 2002 intitulé : «  L’alternance au Maroc expliquée à mon fils ». Dans ce livre, il nous parle du Maroc des années 90 qui vivait  et se maintenait  sous perfusion, en raison de la prolifération d’une multitude de maux qui le gangrenaient ( la gabegie, la malversation, le clientélisme, la corruption, les passe-droits, l’incompétence, l’irresponsabilité et j’en passe). Il est évident que les secteurs sociaux se débattaient dans une situation calamiteuse, avec à la clé un système éducatif en panne et un secteur sanitaire comateux. Dans ce contexte délétère, le défunt roi Hassan 2 a voulu sortir le pays de ce marasme qui le rongeait. La solution préconisée par feu le souverain est la mise en place de l’alternance politique.

La crise cardiaque qui guettait le pays nécessitait l’apport effectif  de l’opposition . Une nouvelle constitution a vu le jour et des élections générales anticipées fussent organisées en 1997. Malgré les résultats négatifs de ces échéances et la balkanisation de l’échiquier politique qui restent en-deça des attentes du peuple marocain, le roi était déterminé à engager la koutla dans le processus de la transition démocratique. Un cabinet d’alternance voyait le jour, chapeauté par un fin politique, du nom de Abderahmane El Youssfi, reconnu sur la scène internationale et jouit d’une aura et d’une crédibilité accrue au sein de la scène nationale

Le peuple marocain a salué cette initiative royale, et l’espoir l’a emporté bel et bien. L’opposition accédait pour la première fois au pouvoir après une série d’affrontements entre l’opposition et le Makhzen.

Une majorité hétéroclite s’est mise en place, car composée de sept partis politiques et des portefeuilles de souveraineté englobant la justice, l’intérieur avec l’inamovible homme fort du régime Driss Basri, les affaires étrangères et alawkaf.

C’est dans ce contexte que le premier ministre, farouche opposant du régime, a débuté sa mission titanesque. Non seulement cette coalition gouvernementale a été attaquée par le ministre de l’intérieur qui s’immiscait dans toutes les affaires, mais aussi, elle est attaquée par les partenaires, les amis au sein de l’USFP, et suivie par le monde étranger.

L’auteur passe en revue, Noubir Amaoui, Fqih Basri, la chabiba ittihadiya… tout ce beau monde guettait les défaillances de ce cabinet pour le critiquer vertement.

Le vieux routier, Abderahmane El Yousfi, savait recevoir les coups des uns et des autres avec sagacité et sang-froid. En s’appuyant sur une expérience riche, un militantisme hors pair et une sagesse exemplaire, l’homme travaillait en silence, car il savait que la mission n’est pas du tout repos.

Après le décès du roi, le jeune souverain accédait au trône de ses glorieux ancêtres. Mohamed 6 qui  vouait une admiration à ce sauveur du pays, lui accordait son soutien et lui balisait le chemin pour mener à bon port sa mission.

L’homme fort du régime a été évincé par le jeune roi. Une restructuration du ministère de l’intérieur chapeauté par un nouveau homme et l’arrivée du nouveau concept de l’autorité, ont aidé le premier ministre à faire convenablement son travail.

Il est vrai, que les partenaires et les amis du maître El Yousfi, n’ont pas épargné les occasions multiples pour attaquer l’homme. Abass El Fassi qui présidait aux destinées du PI, n’a avalé sa langue qu’après avoir obtenu le portefeuille de l’emploi.

Abdelkrim Ghalab, l’intellectuel du PI et éditorialiste reconnu, ne lésinait pas sur les moyens pour attaquer le premier ministre.

Dans cet essai, l’auteur passe en revue les rudes épreuves de la primature et montre combien l’accès au pouvoir peut changer les attitudes des hommes et les métamorphoser, comme le talentueux orateur et ministre du finance et de l’économie, Fathalah Oulaolou, qui du temps de l’opposition était redouté au sein de l’hémicycle par les ministres. Néanmoins, une fois arrivé à un poste clé, il a avalé sa langue et devenu par ailleurs un défenseur zélé du makhzen.

Nous invitons finalement les lecteurs à lire avec un intérêt accru ce livre d’une extrême importance, car il jette la lumière sur un pan très important de notre histoire politique et particulièrement la nouvelle génération tenue à avoir une idée claire sur cette période cruciale de notre histoire.

Je dédie cet article à mon amie Sihame.

 

Khalid Barkaoui

Enseignant du primaire- Outat El Haj

 

 

 

Khalid Barkaoui


 

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