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LES ELECTEURS ET L’ENSEIGNEMENT

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  LES ELECTEURS ET L’ENSEIGNEMENT

Dans un pays où les salles de classe servent aussi de bureaux de vote, l’école  est plus que l’école. Un enjeu politique, et même philosophique. A la veille des élections, le citoyen électeur est désorienté. On le serait moins.

Car il n’y a pas de politique  des gouvernements sur l’éducation, mais plusieurs. Au moins. Celle du début du mandat concerne l’école primaire et vise à remettre l’école de papa et maman au milieu du quartier ou du douar. Retour aux programmes et aux méthodes traditionnels. En tout cas, dans le discours.

Cette politique, réactionnaire au sens exact du terme, est plébiscitée par les électeurs au cours des campagnes électorales. Elle est portée par  une personnalité qui, soi-disant incarne l’excellence de l’école des blouses grises et du tableau noir.

Mais, la nouvelle personnalité ministérielle sabote elle-même son chef d’œuvre en jouant sur les heures du mercredi après-midi et du samedi. Les parents peuvent ainsi partir en week-end.

La nouvelle personnalité ministérielle prépare une réforme du lycée qui sonnait comme l’exact contraire de ce qu’il avait fait pour le primaire.

On n’apprend plus les batailles historiques. Mais on sait travailler en équipe, en partenariat avec les associations. Les attitudes  deviennent préférées aux connaissances, les savoir-faire au savoir.

On y retrouve tous les repères modernistes inventés par l’école américaine et française, imposés au Maroc par les organismes internationaux et popularisés par les organismes français.

Au – delà de la rituelle dénonciation du surplus des effectifs, des tendances de gauche emploient les mêmes mots que celles de la droite. Tous le discours ne parlent que e niveau de compétences, de parcours personnalisés, d’autonomie des élèves, de lutte contre les ghettos scolaires et des inégalités de chances.

Elle aussi érige l’anglais en langue universelle de communication  et en critère principal de sélection des élites. Des mots et des concepts que la gauche a d’ailleurs inventés, magnifiés, avant de les imposer à la rue de Grenelle, par la puissance de ses syndicats et surtout du corps des inspecteurs d’académie, qui ont puni depuis des décennies des instits et des profs rebelles à l’idéologie dominante.

Magnifique exemple de continuité qui devrait plaire à tous ceux qui veulent sortir du clivage droite-gauche : pour détruire l’ex-meilleure école du monde, la droite et la gauche se sont donné la main, la gauche par idéologie,  la droite par économie.

Belle et bonne alliance des libéraux et des libertaires, des modernes des deux bords.

Ecœurés par l’effondrement du niveau, les parents aisés assiègent les écoles privées et enrichissent les organismes de cours particuliers. Les enfants défavorisés sont abandonnés à leur triste sort. La gauche le reprochera au parti de droite alors que ce dernier a été son meilleure élève.

Comme c’est bizarre, d’entendre parler au Maroc de gauche et de droite. C’est un clivage importé, imposé, introduit, incrusté dans le système national, malgré et au détriment de toutes les traditions du milieu socioculturel et politico-éducatif !!!!!

DE VIVE VOIX : Mohammed Essahlaoui

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