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En claquant la porte du gouvernement, Nabil Ben Abdellah joue son dernier coup de poker

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Le parti du progrès et du socialisme (PPS) de Nabil Ben Abdellah dont il est le secrétaire général vient tout récemment de claquer la porte du gouvernement en se retirant de la coalition gouvernementale formée de six partis d’obédience idéologique différente et diversifiée .Cette formation gouvernementale fut le résultat d’un accouchement difficile car il a fallu des mois pour qu’enfin elle vît le jour .Ce parti de gauche , ayant été déjà au gouvernement précédent à majorité islamiste(PJD) présidé par Abdellilah Benkirane, justifie aujourd’hui son départ par l’incapacité du gouvernement d’ El Othmani à apporter des réponses adéquates à la situation de crise qui frappe le paysage socio-économique du pays dont le gouvernement du PJD(Iet II) était en grande partie responsable.

La crise économique et l’ incapacité à s’en sortir que le parti sortant pointe du doigt n’est en fait qu’un prétexte .En effet ,le malaise social, traduit par la hausse du pouvoir d’achat , le chômage des jeunes ,la baisse du niveau de vie, la précarité de larges franges de la population etc…,sévissait déjà du temps du premier gouvernement islamiste.Pourtant ,le PPS ayant fait allégeance au gouvernement de Berkirane était resté jusqu’à la fin du mandat.Au début,personne n’aurait cru que le parti qui se dit progressiste et qui revendique son indépendance au niveau idéologique se rallie à une formation à majorité islamiste,qui plus est ,conservatrice voire réactionnaire. Nabil Ben Abdellah et ses ministres ont beau défendu leurs principes idéologiques au sein du gouvernement précédent,cela n’a pas empêché qu’ils étaient sous l’influence dominatrice du chef de l’exécutif de l’époque Abellilah Benkirane. Le mauvais traitement de la crise du Rif en 2016 -2017 et le limogeage historique de certains ministres relevant du PPS,entre autres , étaient une preuve ,on ne peut plus, claire et flagrante de la soumission des ministres à la droite ligne de Benkirane et à sa politique réactionnaire.

Nabil Ben Abdellah et son bureau politique savaient très bien que le prochain remaniement à une limite d’âge bien déterminée( fin de mandat 2021). Le retrait du PPS est un coup de pied de l’âne pour tenter de prouver qu’ils ne pourront plus restés longtemps dans un gouvernement qui est dans l’incapacité à trouver des solutions à la crise .Le PPS s’est retiré aussi parce qu’ il pressentait ,vu la situation désastreuse du gouvernement et le manque d’homogénéité de la coalition ,que ses ministres seraient les premières victimes à être exclues du remaniement .Et puis ,Il se retire du gouvernement afin de redonner la confiance à sa base plutôt que de lui donner l’impression qu’il s’enlise dans ce gouvernement en crise. Donc ,le fait de sortir de celui-ci est une combine savamment orchestrée à des fins préméditées .En agissant ainsi,le PPS pense pouvoir se préparer à revenir en renfort avec un sang tout neuf au prochain gouvernement ,aux élections législatives de 2021 ;Enfin pour la petite histoire ,il y a aussi le non-dit sur l’ambition personnelle de Nabil Ben Abdellah de vouloir pérenniser son poste de secrétaire général du parti. Voilà le coup de poker que le secrétaire général Nabil Ben Abdellah est en train de jouer.

KHLIFA Boumediene

 
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2 Comments

  1. Mohammed Bouassaba
    06/10/2019 at 14:43

    Bonjour Monsieur Khlifa.
    Qui vous dit que le PPS est un parti progressiste de gauche ? Par son idéologie fictive ? Par son programme rédigé sur du papier ? Ou encore par la présence de ses  » bourgeois gentillomes  » qui encadrent des opportunistes dont certains pseudo intellectuels guettent des postes… S’il l’était il ne ferait pas partie d’un gouvernement fait difficilement de toute piece tel que vous l’avez défini…et cette réplique du ministre de la santé sur laquelle je n’ai nullement envie d’y revenir ? C’est ça le progressisme ? J’appellerais ça tel que vous l’avez spécifié ds votre écrit pour lequel vous ne devriez pas gaspiller ni du temps ni de l’encre : de l’INAPTOCRACIE où ce PPS , comme tout autre parti de cohalition joue le rôle de figurant. A bon entendeur. Mohammed Bouassaba / Rabat

  2. khlifa boumediene
    09/10/2019 at 02:20

    Bonsoir monsieur Bouassaba
    je tiens tout d’abord à vous saluer fraternellement et à vous remercier infiniment de votre grande ‘attention que vous avez accordée à mon article sur les probables ou supposés motifs qui ont poussé le PPS soi-disant à se retirer du gouvernement.Je suis tout à fait d’accord avec vous cher ami quand vous dites que le PPS est une fiction,une illusion arborée à la face du monde.On sait que les racines du PPS sont une construction du Makhzen. Et ça les gens avertis le savent .On sait aussi que depuis 60 ans le PPS faisait le jeu du Makhezen et de l’administration, ne serais-ce que dans les élections dans les années 60-70-80 à l’époque où le peuple marocain luttait pour sa liberté d’expression ,la justice sociale et sa dignité sous la bannière de braves hommes dignes de foi.Finalement, cher ami,si tu as lu mon article entre les lignes,tu t’apercevras que je rejoins ton avis sur la question de ce parti.Enfin je dois te dire que j’ai commencé par vous vouvoyer et j’ai fini par te tutoyer;Bien amicalement.

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