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Lettre ouverte à Mr S. Amzazi, ministre de l’éducation nationale.

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A monsieur le ministre  : Après le devoir de salut et de respect du à votre  excellenc e,   permettez-moi d’étaler ci-dessous  quelques questions épineuses  qui n’ont cessé  de causer le tort à la quasi-majorité de la sphère scolaire.   A quand donc  reporter  les doléances qui  prouvent combien les professeurs du primaire sont lésés de manière la plus flagrante dans leurs droits ? d’abord en termes de statut légal et de situation administrative figés depuis longtemps , et ensuite à cause des conditions de travail pour le moins déplorables et qu’on peut résumer comme suit :

-Isolement quasi systématique des écoles satellites  dans des localités les plus reculées du royaume, ce qui entraine une privation sévère du corps enseignant  , jeune dans sa majorité, des besoins les plus élémentaires .

-Un effectif pléthorique qui laisse , aussi bien les élèves et leurs enseignants , patauger dans le désarroi  quant à la gestion d’une classe multi-niveaux .

-Une tendance préméditée et unilatérale de perpétuer le statut-quo qui consiste à :

_admettre l’idée d’un professeur pluridisciplinaire qui enseigne des disciplines parfois hétérogènes .

charger le prof du primaire des taches qui ne lui sont pas foncièrement  accordées, telle la surveillance des élèves pendant les récréations

– Un consentement unilatéral de l’institution officielle et de  l’opinion publique, allant dans le sens de sous-estimer  les efforts des enseignants du primaire et de minimiser leur tache .Cela s’avère clairement dans la consécration d’une enveloppe horaire de 30heures , alors qu’en secondaire elle varie entre 12 et 24 heures . N’est-il pas contraire à la logique du moment ou on apprend  que le temps imparti  au secondaire , qui doit etre amplifié vu la consistance des contenus  à véhiculer ,est loin de céder place  à celui imparti au primaire qui doit revetir un caractère ludique et ponctuel .

– Comment attribuer au cycle primaire un statut subordonné et condamner leur personnel dans ce qu’on est récemment convenu d’appeler cellules 10 et11.  Comment le ministère a-t-il pu synchroniser avec l’opinion publique la plus la plus vulgaire qui accorde plus d’importance au cycle d’enseignement tant qu’il est placé dans l’ordre ascendant ?  N’a-t-on pas bien assimilé les expériences éminentes des pays qui ont beaucoup investi dans le domaine , celles qui inversent l’équation en valorisant le role et le statut de l’enseignant du primaire par des mesures de réhabilitation ciblées , et par l’interet toujours grandissant à faire de l’enseignement primaire un socle sur lequel se base l’avenir des générations futures.

– Comment le statut spécial des fonctionnaires du MEN, qui a subi des amendements successifs, a été aussi ingrat envers les enseignants du primaire et du collège ? Pourquoi  cette injustice  incompréhensible qui a pu hypothéquer l’avenir professionnel de cette catégorie laborieuse en l’intercalant entre deux échelles uniques ? Il faut rappeler, si besoin est , que s’il existe au monde celui  qui doit etre honoré , motivé et bien placé dans l’organigramme du MEN c’est bel et bien l’enseignant du primaire . Il faut évoquer à cet égard les systèmes éducatifs  appliqués dans des pays qui ont développé des expériences phares dans le domaine de gestion de ressources  humaine .

-La vision stratégique et son organe instrumentatif : les mesures prioritaires , ont initié le projet 9 (chapitre2) « pour une école de qualité pour tous » , un projet qui vise à promouvoir la formation continu du corps enseignant à travers l’accompagnement pédagogique. Pourquoi donc  tant de directeurs provinciaux n’ont pas eu le courage de s’investir mieux dans ce projet prometteur, et permettre ainsi  à quelques dizaines d’accompagnateurs fraichement sélectionnés  de vaquer à  leur fonction ?   N’est-il -pas dans l’intérêt du système d’éducation-formation de tirer profit de l’expérience de ceux-ci , surtout que les  bénéficiaires potentiels sont embauchés à flots avec le recrutement massif des contractuels ?  Selon ce que je viens d’apprendre récemment , seuls deux provinces : Midelt et Zagoura ont eu le courage d’installer cette expérience pilote , en délimitant les zones d’accompagnement  à l’instar du corps d’inspecteurs.

-Le dialogue social demeure pour les enseignants le seul moyen légitime pour améliorer leur condition de vie . Vous savez le ministre que le cout de vie est en hausse vertigineuse , et l’on  ne peut ouvrir une brèche salvatrice de la misère que par l’activation de l’accord du 26 avril 2011 .L’application à effet rétroactif de cet accord , notamment  le nouveau grade pour le primaire et le collégial , que nous voulons qu’il ne soit autre que le « hors échelle » car les intéressés par ce grade ne sont pas des ’’laissés-pour-compte’’  et l’on ne peut contester ou mettre en cause leurs compétences   et les priver d’un droit à la promotion ,expressément garanti par la loi et la constitution. Un autre volet du dialogue social consiste en l’augmentation substantielle des salaires gelés il ya belle lurette, et qui doit etre proportionnelle avec le cout de vie qui ne cesse de poursuivre sa course effrénée , sans toutefois oublier l’exigence d’un nouveau statut  spécial pour le personnel du MEN avancé et équitable.

-Quoique les défis sont imposants , il ne faut guère négliger l’apport qualitatif et quantitatif  du ministère au secteur d’enseignement , ou sous- estimer les efforts consentis par le ministre et ses collaborateurs , de près ou de loin, et rien ne peut cacher les faits tangibles de la mobilisation tous azimuts  lancée depuis le début de l’année scolaire afin de dissiper l’image terne de l’école publique marocaine. Celle qui va certainement se métamorphoser pour devenir plus rayonnante , digne de la confiance du citoyen marocain connu pour etre trop exigeant quant à l’avenir de sa progéniture.

 

Mr le ministre , je viens d’évoquer ci-dessus , de façon purement innocente , quelques défaillances  inhérente  à  tout fonctionnement de  l’ institution , dans l’ espoir de tirer profit de l’élan de jeunesse et de ferveur dont vous faites preuve et du privilège d’etre investi  par la confiance de sa majesté le roi , pour voir finalement se concrétiser les buts escomptés.

 

Bien cordialement

 

 

Akabbach mohammed :   prof du primaire à souk larbaà du gharb

 
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