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La présidence du parlement: quel mérite défendre?

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Les mauvaises voix de l’USFP continuent à prêcher en faveur de la nomination de Lahbib Al Malki à la présidence du parlement marocain. Ils s’expriment de la même manière qu’Al gadhafi  lors de sa dernière harangue sur les murs de Bab Al Aziziya lorsqu’il a qualifié ses opposants de ‘’Jourdhan’’ ( rats) et qu’il pourchasserait bit bit, dar dar, zanga zanga, chibre chibre à travers le Sahara. Le même mot revient dans le discours de ce soi disant gauchiste proclamé en défenseur de l’USFP et de Lahbib Al Malki. Déjà dans un article antérieur, il avait dit aux opposants à cette nomination contre nature ‘’crevez de rage’’. Il mène une campagne contre les opposants à cette mascarade, car, ce qu’il ignore, frappé par la cécité d’un chauvinisme vieillot et fané dont il s’était abreuvé à une certaine époque où le chauvinisme était un attribut valorisant, ces voix qui s’élèvent pour décrier cette nomination qui n’a apporté que honte et opprobre au parti de l’USFP, ils ne le font pas contre la personne Al Malki ni contre son parti dont aucun ne peut éponger le passé glorieux. Mais à toute grandeur décadence. Ceux qui ont exprimé leur désaccord avec  la nomination de Al Malki à la présidence du parlement ont leurs raisons et que ces voix ne peuvent pas passer sous silence car elles sont évidentes.

La première de ces raisons est relative au nombre de sièges obtenus par l’USFP pendant les échéances du 7 Octobre. Comment avec 20 sièges un parti peut-il obtenir la présidence d’un parlement composé de 395 sièges ? Qu’est-ce qui lui confère cette notoriété pour siéger sur la chambre des représentants ?

La seconde est que ce parti, malgré son passé glorieux sous la conduite d’hommes charismatiques, ne cesse de régresser d’échéance en échéance et d’année en année. Si en 2011, l’USFP avait obtenu 39 sièges, en 2016 ce chiffre est tombé à 20. Ce qui représente une perte de l’ordre de 50%. Comment un parti en chute libre peut-il obtenir la présidence du parlement ?

La troisième est que les défenseurs de l’USFP, entre autres celui qui s’est lancé dans une guerre perdue d’avance et qui a choisi OUJDACITY comme champ de bataille, croient avoir remporté une manche grâce à la nomination de Lahbib Al Malki à la présidence du parlement. Cette nomination n’aurait jamais eu lieu si les partis du blocage (MP ; UC ; RNI) n’avaient pas recouru au soutien du PAM, l’ennemi déclaré du PJD et de l’Islam. Les 4 partis réunis n’auraient pas fait le poids devant le PJD qui a bon dos. Il avait fallu demander la contribution d’un poids lourd avec ses 102 sièges pour leur servir de contrepoids. Quelle masse représente donc l’USFP dans cette alliance avec les trois autres partis ? 20 sièges sur 83. Si le compte est bon, les quatre partis qui se sont coalisés n’ont au total que 103 sièges. Il leur fallait donc faire appel au PAM  avec ses 102 sièges pour faire le poids. Au total, il y a 5 partis contre le PJD. Va-t-on enfin comprendre cette équation, qui n’en est d’ailleurs pas une, et dont le seul but est de contrecarrer l’avancée inéluctable du PJD ?

La quatrième est que la nomination de Lahbib Al Malki à la présidence du parlement est survenue avant la constitution du gouvernement. Ce qui implique que les autres partis avec qui Bankirane avait entrepris des négociations veulent imposer par la force du fait accompli l’entrée de l’USFP dans ce soi-disant gouvernement. Mais Benkirane, qui est conscient du jeu laisse traîner les choses quand il a énoncé cette phrase qui restera dans les gorges de ses adversaires (Intaha Alkalam) comme entrera dans l’histoire des magouilles cette nomination à la présidence du parlement. Une guerre d’usure semble donc  s’installer entre la coalition des 4 partis qui restent résolus à bloquer la formation du gouvernement. Ils savent qu’une éventuelle coalition entre le PJD et le PAM est impossible.

La cinquième est celle qui consiste à faire table rase ( missa) du parlement et avec lui son président nommé de manière irrégulière. En effet, il reste à Benkirane une dernière carte à jouer : celle qui consiste à dissoudre le parlement en rendant ‘’les clés au roi’’. Le retour aux urnes marquera la revanche de Benkirane sur l’investiture illégale de Lahbib Al Malki qui tombera lui et le parlement qu’il préside.

Je suis presque sûr que les partisans du PJD, ses sympathisants et l’ensemble des forces vives du pays qui soutiennent Benkirane à la tête du gouvernement souhaiteraient le retour à des élections anticipées au lieu de consentir à faire des concessions à ces 4 partis.

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